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18/10/2015 09:09 EDT | Actualisé 18/10/2016 05:12 EDT

La météo le jour du vote: une danse de la pluie pour Harper?

Quand les partis sont nez-à-nez, la météo le jour du scrutin est suffisante pour faire pencher la balance d'un bord plutôt que l'autre.

Tout le monde est d'accord : le taux de participation aux élections dépend des conditions météorologiques le jour du scrutin. Si la météo ne coopère pas, le transport des personnes est affecté. La bonne question à se poser est de savoir dans quelles proportions au juste la météo influence la participation électorale. La question n'est pas banale. Quand les partis sont nez-à-nez, la météo le jour du scrutin est suffisante pour faire pencher la balance d'un bord plutôt que l'autre. Parlez-en à Al Gore, le candidat à la présidence des États-Unis qui a perdu ses élections à cause de la pluie aux mains de George Bush en 2000.

Les élections présidentielles américaines de 2000 sont passées à l'histoire. Les partisans de Gore ont accusé Bush d'avoir volé la Maison Blanche. Lors du vote, tout s'est joué en Floride. Si Al Gore avait remporté cet État, la présidence lui était assurée. Or, il a plu le jour de l'élection sur tout le nord de la Floride. Ces précipitations ont joué contre les démocrates en diminuant la participation électorale de la classe moyenne et des bas salariés. Le vote de ces électeurs est acquis généralement aux démocrates. Bush a été élu président. L'année suivante, les États-Unis se sont lancés dans une suite de guerres aussi désastreuses que coûteuses au nom de la sécurité nationale. Si Al Gore avait été au pouvoir, aurait-il réagi de la même manière? Impossible à savoir. Mais ce qui fait réfléchir, c'est de réaliser comment la pluie dans un endroit quelconque est capable d'influencer le sort du monde...

Pour beaucoup de travailleurs à faible revenu, il est difficile de se libérer du boulot pour aller voter. Les patrons ne sont pas tous accommodants. Il faut faire la file pour prendre l'autobus ou le métro, puis faire la file pour voter. Si en plus, il fait froid, s'il pleut ou s'il fait tempête, s'absenter du travail pour aller voter devient moins tentant. En général, ces circonstances favorisent le vote d'électeurs de statut socio-économique plus élevé, ceux qui peuvent se libérer du travail plus facilement, ou qui sont plus mobiles, car ils possèdent un ou deux véhicules. Traditionnellement, ces électeurs votent à droite. Cet effet de la météo sur un électeur est très faible. Mais quand les électeurs sont des millions à voter, l'effet est mesurable. Aux États-Unis, pour chaque pouce de pluie (25 mm) le jour de l'élection, le taux de participation tombe de 1%. Pour un pouce de neige, le taux descend de 5%.

La météo affecte aussi les électeurs au niveau émotif. Très peu d'études ont étudié cet aspect. Certaines recherches suggèrent que la météo affecte les humeurs, et du coup, les comportements. Des expérimentations ont même conclu que le mauvais temps semble induire une aversion pour le risque, alors que le beau temps a un effet contraire. Sur la base de ces conclusions, le Parti québécois devrait peut-être revoir sa liste de conditions gagnantes pour y rajouter la présence de beau temps le jour du référendum. De son côté, Stephen Harper aurait intérêt à utiliser les derniers jours de campagne pour apprendre une pratique autochtone aussi ancienne que l'art de la politique s'il veut gagner ses élections : la danse de la pluie!

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