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13/04/2015 11:58 EDT | Actualisé 13/06/2015 05:12 EDT

Célébrons en paroles et en actes le 75e anniversaire du droit de vote des femmes au Québec!

Prenons conscience d'une chose : il y a des «spécialités» dans lesquelles la présence féminine suscite de très vives réactions, et pour d'innombrables prétextes. Quoi qu'il en soit, quelle que soit la version des faits, il s'agit d'une réalité connue de tout le monde: les discriminations sexistes! Pourquoi est-ce ainsi?

L'année 2015 marque le 75e anniversaire de l'obtention du droit de vote des femmes au Québec. En ces temps bien durs où les acquis obtenus de hautes luttes se fragilisent, où les efforts sont redoublés pour maintenir les gains, où l'incertitude est omniprésente, la commémoration de l'acquisition du droit de vote et d'éligibilité des Québécoises retient mon attention.

En fait, je m'intéresse à la condition féminine depuis ma plus tendre enfance. En ce temps-là - jusqu'à un certain point en tout cas -, je recherchais déjà des voies et moyens pour m'engager dans la conquête de la justice sociale. Ce qui était intéressant dans mon milieu familial, c'est que j'avais régulièrement l'occasion de communiquer avec des personnes en provenance de plusieurs régions du monde. Ces contacts très enrichissants étaient formateurs et je constate encore aujourd'hui leurs effets positifs, tant sur le plan psychologique, social et professionnel. Cette gamine de moins de dix ans que j'étais ignorait que ces expériences seraient «recyclables » et «réutilisables» à très long terme, dans un futur lointain. Et cela, personne ne peut le savoir à l'avance.

Présentement, je vis loin de mon Afrique natale. À Montréal, ma ville d'adoption, où la population est très diversifiée, je rencontre des gens venus de tous les horizons. Ce qui me donne l'occasion de mettre à profit mon passé. Autrement dit, j'étais déjà préparée à cela. Réflexion faite, nos habitudes de vie antérieures nous aident énormément quand vient le temps de puiser, dans nos ressources intérieures, l'énergie recherchée pour vaquer aux occupations qui sont les nôtres. J'avoue que je me livre régulièrement à cet exercice.

Pour le dire en quelques mots : les discriminations liées au sexe sont des injustices. Cela suppose que - il importe de le rappeler - la population féminine doit composer avec des multiples instabilités. En tout cas, des conceptions rétrogrades favorisent la catégorisation des individus, au point de rendre l'humain inhumain. Et bien plus encore : les inégalités freinent le développement. Il est fondamental d'en tenir compte...

Dans ma société d'accueil, le Québec, où j'ai posé mes valises au tout début de l'année 1996, je me suis impliquée personnellement et collectivement dans des initiatives visant à favoriser l'émancipation féminine. Il faut dire qu'avant d'en arriver là, il fallait nécessairement fournir des efforts considérables. Et j'en retire une immense satisfaction!

Vu sous cet angle, on peut dire que les convictions et la persévérance permettent d'atteindre des objectifs. Autre constat parlant : la trajectoire migratoire est bouleversante. L'histoire montre que, parfois, les personnes immigrées passent de l'espoir au désenchantement. Parce qu'à certains moments, pour ne pas dire tout le temps, migration rime avec recommencement. En effet, cela illustre si joliment une certaine réalité. Il y a eu aussi, bien évidemment, la problématique de la non-reconnaissance des diplômes et de l'expérience de travail acquis à l'extérieur du Canada qui occasionne tout un chambardement...

En y pensant bien, il est toujours possible d'apprendre à connaitre les us et coutumes d'un nouvel environnement par le biais de nos centres d'intérêt. Oui, c'est possible : j'ai toujours cru je pouvais procéder de la sorte et obtenir les résultats escomptés.

Quoi qu'il en soit, ça ne pourrait pas être autrement : il y a des causes qui vous habitent au point de laisser des empreintes indélébiles à la fois sur votre parcours et surtout dans votre mémoire. J'inscris le militantisme dans ce registre-là.

Une chose est sûre, je suis heureuse de profiter des retombées de l'accessibilité au droit de vote et d'éligibilité des femmes au Québec. Plusieurs fois, j'ai été candidate et élue pour intégrer des instances décisionnelles. J'ai eu l'immense plaisir de siéger dans plusieurs conseils d'administration.

En 2013, j'avais été élue présidente générale d'un organisme littéraire dénommé Société des écrivains francophones d'Amérique. J'étais la première immigrée et la deuxième femme à occuper cette fonction.

En ce qui me concerne, j'en fais l'aveu, j'ai chopé le virus de l'art dès ma plus tendre enfance au Congo-Brazzaville. Comme souvent dans pareille situation, il a fallu investir du temps et de l'énergie pour transformer mes rêves en réalité. En particulier, dans le domaine de la littérature. Comme j'ai l'habitude de le dire, j'étais très tôt attirée par le théâtre, la lecture et l'écriture. Au fil des ans, une sensation inexprimable guidait mes pas. Malgré les difficultés rencontrées au début, j'ai travaillé ardemment pour m'épanouir dans les catégories citées précédemment.

Prenons conscience d'une chose : il y a des «spécialités» dans lesquelles la présence féminine suscite de très vives réactions, et pour d'innombrables prétextes. Quoi qu'il en soit, quelle que soit la version des faits, il s'agit d'une réalité connue de tout le monde: les discriminations sexistes! Pourquoi est-ce ainsi?

Et c'est en partie pour cela que j'avais intégré la Société des écrivains francophones d'Amérique, voulant ainsi apporter ma contribution pour faire entre les voix des plumes féminines.

En définitive, à travers mes activités, je continue de mettre de l'avant ma volonté de contribuer au combat des femmes. En 2010, je souligne que j'étais à New York pour participer à la 54e session de l'ONU sur le statut de la femme.

À la lumière de ce qui précède, il est tout à fait clair que, quoi qu'il advienne dans le futur, d'une manière ou d'une autre, je n'abandonnerai pas mes passions.

Mais des fois, les stéréotypes sexistes ont la vie dure. Ce qui est en tout cas sûr, c'est que les femmes, au même titre que leurs congénères masculins, veulent prendre leur place dans la sphère publique. Et à raison! C'est leur droit! C'est clair, il ne s'agit pas de déclarer une guerre ni de brimer qui que ce soit.

En tant que Québécoise, je suis fière de participer aux diverses activités qui soulignent cet anniversaire important. Œuvrons ensemble pour favoriser l'intégration des femmes d'ici dans les instances décisionnelles.

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