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13/04/2015 12:36 EDT | Actualisé 13/06/2015 05:12 EDT

On a marché pour un plan crédible de réduction des gaz à effet de serre

Le 11 avril, environ 25 000 personnes ont marché pacifiquement dans les rues de la ville de Québec pour proclamer leur volonté de voir l'économie mondiale fonctionner avec moins de carbone. Par leur présence, les manifestants exigeaient que les premiers ministres des provinces accouchent d'un plan crédible pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) lors de leur réunion du 14 avril. En même temps, des marches, ayant le même objectif, se déroulaient dans les villes de Vancouver, Halifax et Peterborough (Ontario).

En effet, le Canada a négligé (!!!!) de publier ses objectifs de réduction des GES qui devaient être prêts pour le 31 mars; c'était un travail d'étape pour préparer la conférence de Paris en décembre. Cette conférence est possiblement la dernière chance qui reste à l'humanité pour éviter un emballement incontrôlable des phénomènes liés au réchauffement climatique. Comme le consensus des scientifiques l'a maintes fois répété, il faut maintenir ce réchauffement sous la barre des 2 degrés C au cours du 21e siècle. Sinon, la planète deviendra un milieu hostile à la vie de l'Homme.

En 2014, nous avons franchi le seuil critique des 400 ppm (parties par million) de CO2 dans l'atmosphère. Comme de nombreux participants l'ont fait remarquer, réduire les GES et exploiter massivement les sables bitumineux sont deux objectifs qui sont contradictoires. En effet, les projets d'oléoducs Northern Gateway, Kinder-Morgan, Keystone XL et Énergie Est, sans oublier l'inversion de la ligne 9B d'Enbridge, n'ont qu'un objectif : désenclaver l'Alberta et expédier massivement le pétrole issu des sables bitumineux vers les marchés mondiaux, selon un schéma d'affaires du siècle dernier.

Notre marche Action Climat, tout comme celles de nos concitoyens des autres villes canadiennes, rappellent aux premiers ministres des provinces que nous devons nous diriger rapidement vers les énergies renouvelables du 21e siècle, selon la pensée de Jeremy Rifkin [1]. Cette troisième révolution industrielle est la seule avenue viable pour les générations qui nous suivent. Le Canada devrait être un leader dans ce domaine, comme le précisait Catherine Potvin dans une entrevue qu'elle accordait à Yanick Villedieu dans la revue L'actualité [2].

1]The Third Industrial Revolution by Jeremy Rifkin, 2011, Palgrave Macmillan, 291 pages.

2] Revue L'actualité, édition du 1er avril 2015, «Et si le Canada donnait l'exemple?», entrevue avec Catherine Potvin par Yanick Villedieu, pages 18 à 22.