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13/07/2018 09:51 EDT | Actualisé 13/07/2018 09:56 EDT

La canicule et l'autruche: l'aveuglement face au danger

Difficile de nier que nous subissons déjà les effets des changements climatiques.

A hurricane on earth viewed from space. This is a rendered image.
guido72
A hurricane on earth viewed from space. This is a rendered image.

Ouf! Au Québec, on a eu chaud en ce mois de juillet. Mais nous ne sommes pas les seuls à souffrir de la chaleur. Dans la Presse du 7 juillet, Philippe Mercure nous fait remarquer que «c'est pratiquement tout l'hémisphère Nord qui a cuit au cours des derniers jours... » Comparé à un 40,5 degrés C à Tbilissi en Géorgie, ou un 50 degrés C à Abadan en Iran, notre canicule, c'est de la p'tite bière. Il semblerait que la chaleur serait plus difficile à supporter que le froid; il y aurait environ 70 décès dus à la canicule alors que le verglas de 1998 aurait coûté la vie à une trentaine de personnes.

Difficile de nier que nous subissons déjà les effets des changements climatiques. Si vous avez trouvé cette semaine de canicule difficile, rappelez-vous que nous devons nous préparer à une aggravation de la situation. Quinze mille scientifiques ont lancé un cri du cœur l'automne passé. En cela, ils font écho aux avertissements contenus dans le 5e rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Plus préoccupant encore, certains experts se demandent si les modèles informatiques des scientifiques ne sous-estimeraient pas les effets des boucles de rétroaction. Si ce devait être le cas, on n'est pas sorti du bois!

Depuis trois ans, une courte liste des catastrophes en Amérique du Nord inclut des incendies monstres à Fort McMurray, ainsi qu'en Colombie-Britannique et en Californie, sans oublier les inondations au Québec et les super ouragans (Harvey et Maria, notamment). Même en omettant de parler des angoisses et des souffrances des sinistrés, le tout a généré des centaines de milliards de dollars de dommages. Les coûts de ces «actes de Dieu» inquiètent les bonzes de la finance dont le gouverneur de la banque d'Angleterre, M. Mark Carney. Mais qui donc est responsable de ces désastres? Dieu (certains diront la nature) ou les hommes?

Les responsables

On sait que le gaz carbonique a un effet de serre. Avant le début de la révolution industrielle, vers l'an 1800, la concentration de ce gaz dans l'atmosphère était de l'ordre de 280 parties par million (ppm) alors que la population mondiale était d'environ 1 milliard. Aujourd'hui, avec 7,5 milliards d'humains et une augmentation de la consommation d'énergie par habitant, la concentration de CO2 dépasse les 400 ppm.

Au niveau planétaire, imaginez tous les gaz délétères rejetés dans l'atmosphère par la combustion de tout le charbon, de tout le pétrole et de tout le gaz naturel que l'humanité a brûlé depuis 220 ans. Pas besoin d'être un scientifique pour comprendre qu'un plus grand nombre d'humains qui brûle de plus en plus de carburants fossiles a pour effet d'augmenter la concentration de ces gaz à effet de serre. Le gros bon sens doit prévaloir, car l'ajout de tous ces gaz nocifs déséquilibre les mécanismes atmosphériques.

Ces climatonégationnistes pensent à leurs intérêts financiers à court terme.

Malheureusement, ce gros bon sens, basé sur des faits scientifiques mesurables, n'est pas suffisant pour convaincre les Scott Pruitt, Donald Trump et tous les adeptes de groupes de réflexion financés par l'industrie pétrolière. Ces climatonégationnistes pensent à leurs intérêts financiers à court terme. Et puis le sens éthique est très, très élastique. Le directeur de l'EPA (ministre de l'Environnement des États-Unis), M. Scott Pruitt, a dû démissionner à la suite de nombreux scandales. En à peine 18 mois, il a quand même réussi à émasculer de nombreuses règles qui empêchaient les pétrolières de tout saccager. Pour ces personnes, le retrait de l'Accord de Paris est un geste «logique» dans le cadre de leur refus de la réalité climatique. Nul n'est plus sourd que celui qui refuse d'entendre!

En vous enfonçant la tête dans le déni, cela laisse tout votre joli postérieur exposé à la chaleur, une cible parfaite pour la vindicte d'une nature en colère.

On dit que l'autruche se cache la tête dans le sable pour ne pas voir le danger. Alors, voici une petite question pour M. Trump et tous les climatonégationnistes. En vous enfonçant la tête dans le déni, cela laisse tout votre joli postérieur exposé à la chaleur, une cible parfaite pour la vindicte d'une nature en colère. Même en utilisant votre perruque jaune comme isolant, est-ce que cela va empêcher vos arrières de cuire au soleil d'une chaleur de 50 degrés C comme dans la ville d'Abadan?

M. Trump, je me fous du sort de vos fesses exposées à cette chaleur torride, mais je crains pour le sort de nos petits-enfants. Ils n'ont pas mérité de payer les conséquences de votre aveuglement volontaire!

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