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24/01/2018 09:00 EST | Actualisé 24/01/2018 15:54 EST

Avancez en arrière!

Les hydrocarbures produisent des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques; les programmes des partis politiques doivent en tenir compte.

UNCOLOUREDWORLD via Getty Images

« Doit-on ouvrir les vannes du développement des hydrocarbures au Québec ? Les décideurs se doivent de prendre des décisions au meilleur intérêt public en fonction du bien commun. » C'est la question que l'émission scientifique Les années lumières de Radio-Canada pose à neuf mois des élections. Au-delà des relations publiques, tous les partis politiques en lice doivent se positionner. Pour ou contre? Quant à la position du gouvernement libéral, elle est claire : « L'exploitation du gaz et du pétrole sera lancée au Québec... »C'est ce qu'a réitéré ce dimanche 17 décembre le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, M. Pierre Moreau.

Les hydrocarbures produisent des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques; les programmes des partis politiques doivent en tenir compte. En 2017, les désastres (ouragans, sécheresses, feux de forêt, etc.) ont causé la bagatelle de 306 milliards de dollars de dommages aux États-Unis. Il y a eu d'autres catastrophes naturelles ailleurs dans le monde. Au Canada, on pourra se souvenir des feux de forêt en Colombie-Britannique et des inondations à Rigaud et quelque 200 municipalités du Québec. Si on ne fait rien pour freiner le réchauffement climatique, on se dirige possiblement vers un réchauffement catastrophique de 5 degrés d'ici 2100. L'Accord de Paris proposait une cible quasiment inatteignable de 2 degrés. Pourtant ces 2 degrés de réchauffement causeraient des dégâts environnementaux et économiques d'une magnitude inimaginable.

Si on ne fait rien pour freiner le réchauffement climatique, on se dirige possiblement vers un réchauffement catastrophique de 5 degrés d'ici 2100.

À titre d'exemple de dommages d'ordre économique, le rapport de 2015 de la Citibank dit : « le coût en baisse du produit intérieur brut américain pourrait être de l'ordre de 44 mille milliards de dollars d'ici 2060. » Et ailleurs dans le monde, M. Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre (et ex-gouverneur de la Banque du Canada) met les investisseurs en garde au sujet des changements climatiques : les marchés financiers doivent les prendre en compte dans l'allocation des capitaux pour réussir « à gérer les risques et saisir les nouvelles opportunités. » À Davos enfin, dans son rapport 2018 sur les risques planétaires, le Forum économique mondial nous avertit que l'humanité entre « dans une période critique où les risques sont intensifiés ».

Avouons que ces avertissements ne viennent pas de « maudits écologistes »! Les quatre partis politiques doivent en tenir compte dans leurs programmes politiques respectifs durant la campagne électorale. Désormais, il faut penser à l'avenir à long terme et à celui de nos petits enfants. J'espère que les quelques liens de ce texte les aideront dans leur réflexion! De plus, je leur propose l'exemple new-yorkais!

J'invite les politiciens (et les économistes) qui croient encore aux solutions du siècle dernier comme les hydrocarbures à regarder la vidéo de la conférence de presse du 10 janvier de M. Bill de Blasio, maire de New York. Il y annonçait que la ville allait désinvestir, du secteur des énergies fossiles, 5 milliards de dollars de ses régimes de pension et engager une poursuite judiciaire contre cinq grandes pétrolières qui seraient responsables des changements climatiques et donc indirectement responsables d'une tempête dévastatrice comme l'ouragan Sandy en 2012.

À neuf mois d'une campagne électorale, tous les candidats aux élections doivent se positionner : soit promouvoir les solutions viables et compatibles avec l'avenir, soit préconiser les solutions dépassées, incompatibles avec le bien-être de nos petits enfants.

Comme le disait un intervenant lors de la conférence de presse, la science, l'économie et les valeurs morales exigent qu'on mette les pétrolières au pas. À neuf mois d'une campagne électorale, tous les candidats aux élections doivent se positionner : soit promouvoir les solutions viables et compatibles avec l'avenir, soit préconiser les solutions dépassées, incompatibles avec le bien-être de nos petits enfants. Faire la promotion de la filière des hydrocarbures, c'est imiter, de façon caricaturale, certains chauffeurs d'autobus d'autrefois et dire bêtement : « Avancez en arrière! »

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