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21/08/2015 09:07 EDT | Actualisé 21/08/2016 05:12 EDT

Je me souviens... du Maclean's

Peut-on sortir de sa tanière estivale le premier ministre Philippe Couillard? Un véritable chef d'État n'a rien à dire suite à ce récent débat télévisé antidémocratique?

À Madame Hélène David, députée d'Outremont, ministre de la Culture et des Communications et

responsable de la protection et de la promotion de la langue française,

Depuis avril 2014, les importantes responsabilités ministérielles de la Culture, des Communications et de promotion de la langue française qui vous échoient m'incitent à vous interpeller, et même vous déranger, en pleine période de vos vacances, sans doute fort bien méritées.

Je tiens surtout à le faire afin que vous portiez au plus tôt à l'attention du premier ministre Couillard l'important geste antidémocratique dont font l'objet actuellement - en pleine campagne électorale fédérale - les Québécois, mais aussi les francophones au Canada, spécialement depuis ce premier débat télévisé des chefs présenté par le populaire magazine torontois Maclean's en anglais seulement, et sans la présence de partis officiels bien québécois.

Ce débat d'information à la citoyenneté est une autre manifestation, à mon avis, et celui de milliers de Québécoises et Québécois, du recul et de l'exclusion du fait français, sinon de la nation québécoise, pourtant cofondatrice du Canada dont votre chef souhaite tant célébrer le 150e anniversaire en 2017. Une nation Québec, pourtant reconnue par Stephen Harper et indéniablement porteuse d'avenir dans la Francophonie mondiale.

Je me souviens du Maclean's...

Avant même les premières minutes de ce débat strictement anglophone, je me suis rappelé la choquante page couverture «Bonhomme Carnaval» du Maclean's de septembre 2010.

«Je me souviens» d'abord que cette page titre tirait à boulets rouges sur le Québec et les Québécois, tout comme ses fortes apparences de corruption généralisée. Je m'en rappelle, même si à mon avis et celui de divers spécialistes de la GRC, ce degré de collusion ne faisait que surpasser, pour une première fois, celui tout aussi mafieux régnant chez nos voisins de l'Ontario.

«Je me souviens» surtout, que l'ex-premier ministre libéral Jean Charest n'avait pas lésiné pour ramener à l'ordre publiquement - peut-être était-ce, après coup, un leurre bien calculé quand on connaît maintenant le nombre incalculable d'élus interrogés à ce jour par l'UPAC! - en adressant cette fois, une lettre à l'éditeur Stevenson du Maclean's appartenant à l'important consortium Rogers Communications. J'ose vous rappeler qu'après cinq ans cette lettre est toujours sans excuses offertes aux Québécois.

Si une ex-page titre du Maclean's avec Bonhomme Carnaval sur la corruption au Québec incitait en septembre 2010 une réplique du premier ministre du Québec, comment en pleine campagne électorale fédérale en 2015, peut-on sortir de sa tanière estivale le premier ministre Philippe Couillard de L'Espinay, dit l'Ours?

Peut-on rappeler au député de Roberval son discours inaugural sur l'éthique et l'intégrité alors qu'il était assermenté il y a 18 mois comme nouveau chef de gouvernement à l'Assemblée nationale? Un véritable chef d'État n'a rien à dire suite à ce récent débat télévisé antidémocratique devant pourtant réunir sans exception des chefs de partis fédéraux? Des chefs de partis qui prétendent tous défendre la démocratie, sinon les intérêts supérieurs du Québec et qui sont tous unanimes devant les caméras à ne pas soustraire ou exclure, mais plutôt à promouvoir le français, seule langue officielle d'État parmi les 35 États des Amériques?

Pour des raisons éthiques et d'intégrité et d'ici le Sommet des Nations unies sur les changements climatiques en novembre prochain à Paris, le premier ministre Philippe Couillard de L'Espinay prévoit-il par exemple faire un choix sur sa double citoyenneté dont il a raison d'être si fier, canadienne ou française? Récemment, Thomas Mulcair l'aspirant premier ministre du Canada, a annoncé qu'il renoncerait à sa citoyenneté française, le cas échéant, élu chef de l'État canadien. Il ose le faire comme l'ont fait, naturellement en quelque sorte, l'ex-ministre Marie Malavoy et les chefs libéraux Stéphane Dion et Michael Ignatieff ou, plus récemment, Michaelle Jean, aussitôt celle-ci intronisée Gouverneure générale du Canada. Remarquez que ceci n'a jamais empêcher l'ex-Commandante en chef des armées royales canadiennes, d'accéder aux plus hauts échelons parmi les leaders mondiaux, soit Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie?

Après les gants de boxe de Justin et le marteau-piqueur de Coderre... la guillotine de Couillard pour la défense du français et les intérêts du Québec?

Spécialiste obsédé par la guillotine et conférencier-invité par le passé devant de centaines de militaires américains alors qu'il conseillait le ministère de la Santé du Royaume d'Arabie saoudite - pays parmi les pires dans le monde pour bafouer les droits de la personne comme ces 1 000 coups de fouet prévus à Raif Badawi -, Philippe Couillard doit couper court à ses vacances. Il n'a d'autres choix que de lâcher sa canne à pêche au saumon ou à la ouananiche sur le lac Saint-Jean, de débarquer de sa chaloupe, et poser pieds sur terre pour intervenir dans la présente campagne électorale fédérale.

Au cours des dernières semaines, Kathleen Wynne, son homologue première ministre de l'Ontario, a tiré à boulets rouges sur Stephen Harper. Justin Trudeau se préparait à ce débat télévisé de Maclean's en sortant de nouveau ses gants de boxe. L'ex-ministre libéral Denis Coderre - bien loin des petits coups de savate symboliques d'Amir Khadir sur un portrait du va-t-en-guerre Georges W. Bush! - préfère maintenant le massacre public au marteau-piqueur. Tel un Guibord, le «premier» montréalais s'en va-t'en guerre maintenant contre Postes Canada.

Jusqu'où les francophones au Canada et surtout le Québec - et les Québécois grands porteurs du fait français dans les Amériques - cesseront de se faire deleter dans le Canada anglo-saxon multiculturel?

Comme des gaz inertes, les médias francophobes de Toronto et de l'ouest profond et bitumineux ne cessent de placer le français sur un même pied d'égalité que le serbo-croate ou le mandarin, sinon au même rang que le tsetsaut ou le pentlach, deux langues autochtones déjà éteintes en Colombie-Britannique, selon les données de l'Atlas des langues en danger de l'UNESCO!

Pourtant, l'UNESCO considère que les langues appartiennent au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. L'UNESCO affirme également qu'une langue parlée sur Terre disparaît en moyenne toutes les deux semaines! Les linguistes d'ici et d'ailleurs sont préoccupés par ce phénomène, car les langues qui disparaissent sont souvent des langues qui contiennent des phénomènes linguistiques rares, voire uniques. S'ils n'ont pas été répertoriés, enregistrés, étudiés et valorisés, ils seront perdus à jamais.

Forces... d'inertie et dérives antidémocratiques au Québec et hors-Québec

Voilà toute l'importance de dénoncer la dérive et le format pernicieux antidémocratique de ce débat télévisé orchestré par Maclean's. Celui-ci a permis d'inviter Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada (PVC), parti représenté par un seul siège à la Chambre des communes. Pourtant, le Parti vert et ses 308 candidats ont obtenu 576 221 votes au total lors de l'élection du 2 mai 2011 dans les 13 provinces et territoires du Canada. Pour leur part, les 75 seuls candidats du Bloc en récoltaient 1,5 fois plus environ, soit 889 788 votes, au Québec seulement!

Pourtant, Maclean's (et ses partenaires, soit CityTV, de même que la chaine d'affaires publiques par câble CPAC et des médias multiculturels) n'a pas hésité à exclure de cette importante tribune Gilles Duceppe, le nouveau chef du Bloc québécois avec ses deux députés élus démocratiquement à la Chambre des communes.

Comble d'ironie, on l'oublie trop facilement aussi, ces diffuseurs canadian ont exclu également Jean-François Fortin, ex-député bloquiste et ex-candidat à la chefferie du Bloc, maintenant chef de Forces et Démocratie, un parti officiel reconnut par Élections Canada avec sa marque distinctive de défense des régions. Forces et Démocratie est représenté actuellement par ce même député Fortin du vaste comté de Haute-Gaspésie--La Mitis--Matane--Matapédia, mais aussi de l'ex-néo-démocrate et actuel député de Repentigny, Jean-François Larose.

Même plus hors-Québec, Forces et Démocratie vient de recruter pour le comté d'Avalon la Terre-Neuvienne Jennifer McCreath, qui s'identifie comme transexuelle, mais aussi Toban Leckie, maître en économie canadienne et guide plein air qui se présentera comme candidat dans Toronto-Kawartha dans la région de Peterborough.

Pour toutes ces considérations, je vous prie, Madame la ministre, de faire tout en votre pouvoir pour fouetter en quelque sorte - surtout pas à 1 000 coups de fouet barbares saoudiens à la Raif Badawi! - le premier ministre Couillard pour une meilleure défense de la langue française et des valeurs distinctives et particulières du Québec.

Merci de le faire, spécialement en cette présente campagne électorale fédérale où le poids et les intérêts spécifiques du Québec ne cessent d'être marginalisés et, à ce rythme,... anglo-guillotinés!

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