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31/01/2019 06:00 EST | Actualisé 31/01/2019 09:50 EST

Êtes-vous heureux?

C'est la dernière chose que mon père m'a demandée avant de mourir.

Grant Squibb via Getty Images
Le bonheur est un concept abstrait, il varie, il évolue.

«Es-tu heureuse?»

C'est la dernière chose que mon père m'a demandée avant de mourir.

Heureuse, j'avais tout pour l'être. Début vingtaine, un récent diplôme universitaire en poche, une carrière naissante et prometteuse, de nombreux amis et des fins de semaine toujours bien remplies. Mais mon père voyait, derrière la façade des apparences et de mes sourires forcés, mon âme tourmentée. Et sur le lit de l'hôpital où il est décédé, c'est la dernière chose avec laquelle il a choisi de me laisser.

Des mots si simples. Et pourtant... vous posez-vous la question souvent?

Durant les années qui ont suivi son décès, trouver mon bonheur a été la force motrice qui a mené mon quotidien. Je suis passée par mille chemins, frappé à de nombreuses portes et connu des échecs douloureux.

Je ne suis pas coach de vie. Je ne suis certainement pas un modèle. Mais en pensant à mon père ce matin, j'ai eu envie de partager avec vous quelques étapes de mon parcours qui m'ont véritablement rapproché d'une vie plus heureuse et comblée.

J'ai cessé d'acheter ce dont je n'ai pas besoin. D'empiler des objets inutilisés dans un appartement trop grand. Croyez-moi, la simplicité apporte une réelle légèreté à la vie.

Je ne me compare pas et je n'envie pas les autres. Le succès de quelqu'un n'est pas mon échec. Le bonheur d'un autre n'a aucune incidence sur le mien. Il est facile de s'y perdre, surtout à l'ère des réseaux sociaux où on ne voit que les clichés léchés et filtrés des moments qu'on choisit de montrer.

Cette apparence exagérée du bonheur constant voudrait nous faire croire que nous ne menons pas tous des vies complexes, connaissons tous des échecs, des moments difficiles au travail, des conflits dans nos couples.

J'ai cessé d'accorder de l'importance à ce que les gens pensent ou pourraient penser. Le jugement des autres à l'égard de mes choix n'occupe plus mon esprit.

J'ai filtré mes relations. Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, et ça n'a pas été facile, mais j'ai finalement identifié ceux qui se souciaient réellement de moi. J'ai cessé de m'en faire pour les autres.

Nous avons tous récemment été piqués par la philosophie de Marie Kondo et de son émission de télé-réalité Tidying Up: si une chose que vous possédez ne suscite pas en vous la joie, jetez-la. Cette philosophie devrait s'appliquer à tous les aspects de nos vies: relation, travail, amitié.

Finalement, et le plus important, j'ai commencé à croire en mon talent et à vouloir le poursuivre. J'ai toujours écrit. Des textes, des histoires, des récits. Mais une voix intérieure me disait que ce n'était pas assez intéressant, pas assez audacieux et trop longtemps ces écrits sont restés au fond d'un tiroir. Enfin, j'ai décidé de taire cette voix et commencer à utiliser la mienne.

Le bonheur est un concept abstrait, il varie, il évolue.

Je connais des reculs, des peines, des moments difficiles. Je laisserai parfois l'insécurité m'aveugler et je douterai bientôt de nouveau de mes capacités.

Être heureux, c'est aussi accepter qu'on ne peut pas toujours l'être.

Je vous pose aujourd'hui la question que mon père m'a posée, parce qu'à la fin de notre vie, c'est la seule chose qui aura de l'importance: êtes-vous heureux?

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