LES BLOGUES
27/02/2016 09:04 EST | Actualisé 27/02/2017 05:12 EST

Quelle sécurité collective face à la menace terroriste?

La coopération sécuritaire entre les pays reste éclatée et individualisée. Elle est caractérisée par une méfiance réciproque qui mine la mise en place d'une véritable stratégie commune.

Cette question n'est pas nouvelle et les réponses sont toujours en attente. À peine les conflits localisés pour organiser l'héritage postsoviétique sont-ils réglés dans les Balkans et en Asie centrale que le monde reprend conscience de la présence latente d'un conflit sans nom, sans visage et universel : le terrorisme.

La définition du mot «terrorisme» est litigieuse. Elle fait ainsi l'objet de différentes définitions et interprétations. Si certains pensent que la menace terroriste agit au nom d'une guerre des civilisations, ils ont tort. Au contraire, le principal objectif du terrorisme est la destruction de la civilisation existante. Et ce n'est pas une guerre entre les civilisations qui est en train de se livrer, mais une guerre pour la civilisation.

L'actualité nous rappelle souvent que le terrorisme continue d'infliger douleurs et souffrances à des populations sur la planète. En effet, peu de jours ne passent sans être marqués par un acte terroriste quelque part dans le monde. Le terrorisme frappe de manière aveugle des innocents. Il est de l'intérêt de toutes les nations de s'unir pour lutter contre ce fléau.

Force est de remarquer que les différentes politiques élaborées par les différents pays concernés pour combattre les différents groupes terroristes sont animées par des considérations géopolitiques et géostratégiques. La coopération sécuritaire entre les pays reste éclatée et individualisée. Cette coopération est ponctuée de désaccords. Elle est caractérisée par une méfiance réciproque qui mine la mise en place d'une véritable politique de sécurité commune et par des stratégies nationales parallèles, parfois contradictoires, qui peuvent s'avérer contre-productives.

Les politiques de l'Union européenne (UE) et des États-Unis, bien qu'elles aient été élaborées afin de préserver et sécuriser leur influence dans les régions touchées par le terrorisme, n'ont toutefois pas permis d'empêcher une détérioration de la situation, pourtant préjudiciable à leurs intérêts stratégiques.

La Russie est engagée dans la lutte contre le groupe État islamique en bombardant surtout les rebelles syriens, qui eux-mêmes luttent contre les djihadistes de l'État islamique. Moscou condamne avec véhémence les bombardements de la Turquie, qui bombarde les rebelles kurdes, affrontant eux aussi les djihadistes de l'État islamique. S'il est difficile d'y voir clair dans cet imbroglio, il est encore plus difficile de comprendre les enjeux géopolitiques et géostratégiques dans cette lutte contre le terrorisme.

Le terrorisme a pris une tournure inquiétante dans certaines régions, en faisant des zones parmi les plus dangereuses du monde. Ces groupes islamistes aux agendas différents ont renforcé leurs positions sur les territoires qu'ils occupent et constituent une réelle menace, à la fois pour ces régions et leurs habitants, dont ils perturbent le quotidien et l'avenir, que pour les partenaires occidentaux de la région dont ils visent les ressortissants. Cette nouvelle instabilité qui fragilise ces régions appelle les différents pays et organisations concernés à repenser la sécurité dans ces zones.

À une menace dont l'émergence a été rendue possible par de multiples facteurs, doit être apportée une réponse elle-même multiforme. Si de nombreuses initiatives ont vu le jour, il faut noter que, dans la réalité, des blocages subsistent dans la mise en œuvre des solutions censées lutter contre le terrorisme. Les différents partenaires n'ont pas souvent la même vision de l'approche à adopter et des moyens à mettre en œuvre dans cette lutte, les mesures adoptées à cette fin étant à certains égards plus symboliques que réelles.

La communauté internationale doit s'unir pour adopter une approche globale et intégrée, incluant également des réponses politiques et socio-économiques afin de venir à bout de ce combat planétaire.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST