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19/01/2018 09:00 EST | Actualisé 19/01/2018 09:00 EST

Voici ce qu’on doit faire #MAINTENANT

Il faut cesser de s’attaquer aux effets récurrents de la violence plutôt qu’à sa principale source.

Getty Images/iStockphoto

J'ai suivi avec intérêt le mouvement social #MoiAussi contre les agressions et le harcèlement sexuels. Un groupe de femmes du Québec s'est joint à ce mouvement qui s'universalise en lançant la campagne #EtMaintenant.

Comme éducateur, j'étudie depuis plus de trente ans les solutions au sous-développement intellectuel et moral des êtres humains. J'aimerais partager avec les lecteurs certains résultats de mes recherches reliées à ce problème rencontré dans tous les milieux (famille, école, sport, art, entreprise, institution publique, etc.) et qui touchent toutes les catégories d'âges (enfants, adultes, aînés).

Premièrement, il faut absolument ouvrir le débat pour qu'il englobe toutes les formes de violence. J'ai personnellement subi au cours de ma vie différentes formes de violence, y compris physique, sexuelle, psychologique, morale et professionnelle. En fait, comme agent de changement, que devrait être tout éducateur qui se respecte, je continue aujourd'hui à subir différentes formes de violence de la part de ceux que mes projets éducatifs dérangent.

Deuxièmement, il faut que nous prenions conscience que la cause principale de ces violences est le non-respect des humains de leur propre dignité, et par conséquent de celle d'autrui. Et ce non-respect est dû directement à l'absence d'une éthique fondée sur une conception naturelle, rationnelle et transdisciplinaire, donc universelle, de la commune nature des êtres humains (toutes ethnies, cultures, races, classe sociale, etc. confondues) et de leurs exigences de bon développement et de bon fonctionnement dans tous les rapports avec eux-mêmes, autrui, la société et l'environnement.

Autrement dit, l'éducation obligatoire ne respecte pas présentement le droit inaliénable des enfants et des adolescents à une éducation humanisante. Or, tant que l'école obligatoire n'enseignera pas aux nouvelles générations pourquoi et comment respecter leur dignité et celle d'autrui, toutes les campagnes contre la violence et les initiatives ponctuelles ne pourront à elles seules concrétiser un changement profond. Elles continueront d'être un gaspillage de temps, d'énergie et d'argent. Tout en continuant d'aider les victimes, il faut cesser de s'attaquer aux effets récurrents de la violence plutôt qu'à sa principale source.

Il faut cesser de s'attaquer aux effets récurrents de la violence plutôt qu'à sa principale source.

J'estime que le premier crime contre l'humanité est le non-respect du droit fondamental des enfants et des adolescents à une éthique fondée sur la dignité humaine puisque tous les autres crimes en découlent directement et indirectement. Par conséquent, si nous voulons lutter efficacement contre toutes les formes de violence qui nous détournent du respect de la dignité humaine, nous n'avons qu'à exiger tous ensemble que le gouvernement du Québec respecte le droit le plus fondamental d'un être qui naît humain qu'en potentiel. Tout être humain a un droit aux connaissances théoriques et pratiques sur son développement et aux moyens lui permettant d'actualiser au moment propice les différentes dimensions de son être.

Quel parent, enseignant, citoyen ou politicien refusera d'appuyer un mouvement social qui vise à faire respecter un droit dont va dépendre non seulement la qualité de vie des êtres humains, mais également la survie même de leur espèce?

Voilà ce que nous devrions tous faire ensemble #MAINTENANT.

Je n'ai aucun doute sur la capacité des Québécoises et des Québécois à relever avec succès le défi de l'humanisation devenu incontournable face à l'état de l'humanité et de la Terre présentement.

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