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28/03/2015 08:46 EDT | Actualisé 28/05/2015 05:12 EDT

Pow! Pow! T'es mort!

Dans les années 60, les garçons jouaient aux cow-boys qui pourchassaient les Amérindiens. Dans notre rue, seul André Blais était toujours volontaire pour être un Indien, le chef apache Cochise. Blais avait reçu à sa fête un panache de plumes imposant et coloré qui lui donnait des airs de chef et qui pouvait intimider les cow-boys qui voulaient s'attaquer à lui. Cependant, à l'époque, comme on le voyait à la télévision, les cow-boys attaquaient avec des révolvers et les Amérindiens se défendaient avec des arcs et flèches. Les fausses armes étaient cependant inoffensives et ne représentaient que peu de risques de blessures pour les belligérants. Mais les cow-boys gagnaient presque toujours.

À la fin de cette même décennie, les révolvers étaient vendus avec des bandelettes de papier rouge qui, une fois insérées dans les armes déclenchaient le bruit d'un fusil et émettaient un peu de fumée en pressant la gâchette, le chien de l'arme frappait le pétard. C'était plus réaliste et plus difficile pour les Amérindiens de contester qu'ils avaient été visés au cœur.

Au cours de la décennie suivante, les carabines à plomb sont devenues populaires et étaient répandues même en ville auprès des adolescents qui visaient des boîtes de conserve ou des bouteilles vides déposées sur des poteaux de clôture. Certains jeunes adultes chassaient les écureuils, les oiseaux et parfois les grenouilles qu'ils n'avaient pas pu faire fumer.

Des accidents malheureux ont conscientisé les parents sur les risques de ces armes apparemment inoffensives et, au cours des années 1980, la vente d'armes-jouets a été décriée et a perdu énormément d'intérêt.

Fin du siècle, le paintball a fait son apparition et a attiré certains adeptes qui étaient heureux de pouvoir jouer à la guerre dans un environnement crédible. Les balles de peinture permettaient de marquer la cible touchée et évitaient les remises en question. Un perdant pouvait difficilement contester le résultat du « jeu ».

Les années 2000 ont amené la guerre au niveau des jeux vidéos, réalistes ou non, la guerre s'étendait à plusieurs foyers, en solitaire contre des inconnus sans se salir, sans se blesser et avec la possibilité de recommencer tant et aussi longtemps que l'on n'a pas éliminé assez d'adversaires à son goût.

Dans la vraie société, le gouvernement conservateur a décidé de faire disparaître le registre des armes à feu à cette même époque et maintenant, en 2015, ce même gouvernement pousse plus loin alors que le premier ministre Harper admet que les armes à feu peuvent servir à se défendre chez soi. Questionné par des empêcheurs de tourner en rond, selon l'opinion des conservateurs, il précise qu'il pourrait être légitime d'utiliser ses armes de chasse pour se défendre si l'on est loin de la police. Retour à la case départ avec les cow-boys attaqués par les Amérindiens à la télévision dans les années 60 ou simplement une mentalité passéiste?

Ce même gouvernement propose aussi le projet de loi C-51 qui vise à lutter contre le terrorisme en donnant plus de pouvoirs de surveillance des citoyens aux agences gouvernementales. Nos James Bond canadiens derrière leurs ordinateurs vont chercher les dangereux citoyens mal intentionnés. Et au même moment, le gouvernement Harper prolonge, étend et officialise sa guerre contre l'État Islamique en Irak et en Syrie pour protéger les Canadiens. Est-ce une occasion pour les accrocs de poursuivre le jeu de la guerre?

Saurons-nous un jour à quelle période papa et maman Harper ont brimé leur petit Stephen en l'empêchant d'utiliser une arme et de jouer à la guerre? Il semble vouloir faire du rattrapage. Est-ce qu'il envie les Américains qui peuvent se promener sur la rue avec leur arme en ceinture et tirer sur l'ennemi potentiel?

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