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18/10/2015 09:10 EDT | Actualisé 18/10/2016 05:12 EDT

Politicien, quel métier!

Les futurs élus méritent aussi notre respect et notre reconnaissance, quelles que soient leurs allégeances politiques. Ils se portent candidats à jouer un rôle ingrat où, dès le départ, environ 50 % de la population ne sera pas en accord avec leurs prises de position.

Vous considérez que la campagne électorale a été trop longue. Réalisez-vous que ces onze semaines qui semblent interminables n'ont pourtant pas été assez longues pour que notre chère Eugénie Bouchard redevienne la championne qu'elle nous avait laissé entrevoir la saison dernière?

Après une si longue période de promesses à qui mieux mieux, les chefs et les partis ont tout fait pour attirer votre attention et vous persuader de leur accorder votre vote. Il apparaît inconcevable que certains se disent encore indécis ou pire, ne manifestent pas l'intention de voter. Voter est une responsabilité et malheureusement, encore une fois, certains ne veulent pas assumer leurs responsabilités. C'est désolant.

Le lundi 19 octobre, les Canadiens devront élire 338 députés parmi près de 2000 candidats à travers le pays. Il est remarquable que tant de personnes se montrent intéressées à défendre leurs opinions et à servir la population. Il est vrai que certains d'entre eux ne sont attirés que par le pouvoir, mais reconnaissons au moins que ceux qui se présentent pour les tiers partis, ces perdants perpétuels, ces partis marginaux qui n'accèderont pas au pouvoir sont vraiment des gens qui veulent défendre une cause qui leur tient à cœur. Nous leur devons beaucoup de respect pour des convictions si fortes qu'ils affichent fièrement.

Les futurs élus méritent aussi notre respect et notre reconnaissance, quelles que soient leurs allégeances politiques. Ils se portent candidats à jouer un rôle ingrat où, dès le départ, environ 50 % de la population ne sera pas en accord avec leurs prises de position. La critique sera donc fréquente et souvent véhémente.

De plus, on attendra d'eux qu'ils soient disponibles 24 heures sur 24, et ce 7 jours sur 7, ce qui est irréaliste, mais quand même une attente jugée normale par les électeurs envers les élus. L'ex-maire Jean Doré a été victime de plaintes longtemps même après son retrait de la vie politique pour avoir été absent de Montréal un jour de pluie diluvienne ayant causé l'inondation du boulevard Décarie.

Je m'incline devant l'abnégation dont ils font preuve en plus des sacrifices qu'ils s'imposent ainsi qu'à leurs proches, pour jouer de leur mieux leur rôle. Il est certain que l'exercice du pouvoir aide à se bâtir une notoriété personnelle. Mais c'est un couteau à double tranchant. On leur prêtera à l'occasion de mauvaises intentions, on dira qu'ils sont de mauvaise foi ou qu'ils recherchent des avantages pour leur entourage ou parfois, pour eux-mêmes. La contestation soulèvera parfois des manifestations. La dérision et les insultes feront aussi partie du lot des élus. Quel plaisir retire-t-on d'un tel rôle si exigeant où la reconnaissance ne vient que pour certains, et souvent, seulement après leur mort? Pourquoi ce choix de carrière, pourquoi rester en politique? Est-ce que la soif du pouvoir ou le goût de contribuer à l'évolution de la société compensent tous ces inconvénients?

Il est vrai que des enquêtes et l'histoire ont démontré que certains rapaces se sont glissés dans le groupe des élus par le passé, mais ils ne représentent probablement pas une majorité. Là où le bât blesse, c'est lorsque ces derniers atteignent un des plus hauts postes dans la hiérarchie. Mais est-ce que les électeurs et leur entourage ont vraiment joué leur rôle? Auraient-ils pu éviter de telles situations?

C'est le temps d'attribuer une note aux candidats suite à cette longue campagne électorale et d'aller voter. Un seul candidat a droit à notre vote qu'il soit émotif ou rationnel, mais il est important d'exprimer son choix en toute sincérité selon notre préférence, qu'elle soit pour un parti politique, pour un chef de parti ou bien pour un candidat local en qui nous avons toute confiance. Ne leur donnons pas le Bon Dieu sans confession ou par automatisme, soyons logiques.

Pour ma part, je continuerai à veiller et à surveiller, ce qui me fournira de la matière à commenter dans ma chronique hebdomadaire.

Peu de gens accepteraient d'avoir comme patron un comité composé de personnes qu'ils n'ont jamais rencontrées et qui votent tous les quatre ans pour déterminer s'ils peuvent conserver leur emploi. C'est ce qu'acceptent les politiciens. Montrons-leur notre intérêt comme électeurs en votant le plus logiquement possible.

Rappelons-nous que voter, c'est choisir de se priver des services de l'un et de se contenter des services de l'autre... pour un certain temps.

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