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22/10/2014 09:13 EDT | Actualisé 22/12/2014 05:12 EST

Le patron idéal

Les travailleurs en rêvent, certains n'y croient plus. Comment faire pour dénicher le patron idéal?

Les travailleurs en rêvent, certains n'y croient plus. Comment faire pour dénicher le patron idéal? Quand on me demande comment décrire le patron idéal, je suis porté à répondre que c'est celui que vous ne rencontrerez pas au cours de votre carrière puisque je suis maintenant retraité. Cependant, blague à part, le patron idéal existe probablement, mais il peut différer pour vous et votre voisin. En effet, chacun a ses propres attentes envers son patron, mais pas nécessairement les mêmes.

Une qualité très importante recherchée par plusieurs employés est la justice. On souhaite que le patron soit juste et traite tout son entourage sur le même pied. Qu'il n'ait pas de favoris. Mais ceci est une requête complexe à rencontrer, parce que le patron ou la patronne perçoit les employés différemment et peut ne pas avoir le goût d'offrir le même traitement à chacun d'entre eux.

De départ, il faut admettre que les employés ne se comportent pas tous de la même façon envers leur supérieur immédiat. Certains acceptent les ordres reçus même si le travail demandé ne leur plaît pas, parce qu'ils comprennent qu'il doit être fait et qu'il fait partie de leur définition de tâches. D'autres refuseront catégoriquement d'effectuer le travail demandé parce qu'il ne leur plaît pas et parce que pour eux, un patron juste ne leur demandera pas de faire ce qu'ils n'aiment pas faire, il délèguera ce travail à d'autres employés qui ne l'aiment pas plus qu'eux, mais il achètera leur appréciation en les exemptant de ce qu'ils n'aiment pas faire.

J'ai côtoyé au cours de ma carrière toutes sortes de patrons : le bon père de famille, le gueulard, le contrôlant, l'absent distrait, le bon coach, l'imbu de lui-même, le poète rêveur, le nerveux exigeant, le modèle verbal seulement, le fainéant ratoureux, le maniaque des femmes, le tacticien politique, l'avide de pouvoir, l'inconfiant, le profiteur, l'incompétent, l'itinérant dans sa compagnie et même d'autres inclassables. De chacun, j'ai retenu ce que pourrait être le patron idéal, mais je dois admettre que plusieurs enseignaient quoi ne pas faire pour arriver dans cette catégorie.

J'ai donc appris qu'il faut protéger ses employés, mais surtout, leur lancer des défis à la hauteur de leurs talents en précisant bien ce qui est attendu d'eux. Il faut aussi obtenir la collaboration de ses employés en les encourageant. Il faut laisser de la marge de manœuvre à ses employés tout en se donnant des occasions de faire le point ensemble sur l'évolution des projets. Ils apprécient aussi qu'on les laisse prendre des initiatives.

Le patron idéal s'assure de la collaboration entre tous et il leur attribue les mérites du succès obtenu. Il prêche par l'exemple en n'hésitant pas à s'impliquer avec son équipe. Il informe ses gens des résultats financiers de l'entreprise pour leur faire voir l'impact de leurs efforts. Il communique aussi clairement les priorités et attentes de l'organisation en plus des stratégies choisies, en les expliquant pour qu'elles ne soient pas interprétées faussement. Il sait aussi contrôler ses émotions quand les choses ne vont pas comme il le souhaiterait et évite les éclats devant le personnel.

Il est juste et exigeant au même degré envers chacun des employés. Il utilise son sens politique à l'avantage de son équipe pour qu'elle soit reconnue au sein de l'organisation, sans chercher un avantage personnel. C'est un bon communicateur qui a confiance en soi et par conséquent, il fait confiance aux autres. Avant d'attribuer des responsabilités supplémentaires à un membre de son équipe, il évalue la formation et l'expérience nécessaires pour accomplir adéquatement ces tâches. Il ne se contente pas de l'ancienneté comme critère de choix pour sélectionner le candidat ou la candidate à qui attribuer une promotion.

La preuve est faite que les patrons ne sont pas tous nés ou préparés pour occuper un tel poste. Or, comme le patron idéal doit donc avoir une multitude de qualités pour répondre aux attentes de son entourage. Il serait plus simple de dire qu'il doit être à la fois un leader et un boss. Et comme le disait Bernard Lamarre à l'époque où il présidait Lavalin : « Un leader encourage, un boss exige; ... un leader stimule, un boss commande. »

Un patron doit être un leader respecté, visionnaire et capable de prendre les bonnes décisions. Cependant, il peut s'entourer de personnes possédant les qualités qui lui manquent et leur faire confiance. Cela pourrait être un gage de succès.

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