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24/09/2015 10:43 EDT | Actualisé 24/09/2016 05:12 EDT

La syndicalisation des enseignants: dépassée

Les syndicats ne valorisent pas la profession enseignante parce qu'ils défendent tous leurs membres sans exception alors qu'un Ordre professionnel des enseignants défendrait les droits de la clientèle en sélectionnant les meilleurs candidats en plus de veiller à leur formation continue.

Alors que les syndicats d'enseignants annoncent des grèves débutant bientôt et qui pourraient se reproduire sporadiquement au cours des prochains mois, il serait approprié de se demander si la syndicalisation des enseignants est encore pertinente.

Considérant que les enseignants bénéficient de salaires décents en plus de vacances qui font l'envie de plusieurs, il apparait pertinent de se demander si la raison d'être de leur syndicalisation est encore valable aujourd'hui.

Précisons dès maintenant que les professeurs méritent de toute évidence un bon traitement compte tenu de l'importance de leur rôle auprès de nos enfants. De nombreux parents s'en remettent aux professeurs non seulement pour instruire leur progéniture, mais aussi pour l'éduquer, lui apprendre le savoir-vivre et le savoir-être. On attend donc beaucoup des professeurs, souvent même, qu'ils enseignent aux enfants ce que les parents ont parfois renoncé à leur transmettre, comme de s'exprimer avec discernement et pondération pour tendre à devenir des personnes équilibrées et des citoyens actifs. Pas une mince tâche auprès de trop nombreux enfants-rois, souvent laissés à eux-mêmes, trop tôt dans la vie.

Cependant, quand les syndicats réclament des augmentations de salaire de 13.5 % pour les trois prochaines années, ils font preuve d'irréalisme face à la situation économique provinciale, nationale et mondiale. Leur argument face à leurs membres est le même d'une période de négociations à une autre : « Nous allons faire plier le gouvernement grâce à la force du nombre ». Or, cet argument déjà entendu à la négociation précédente s'est révélé faux puisque le gouvernement a répliqué en imposant les conditions de travail dans un décret.

Les membres qui suivent les directives de leurs dirigeants syndicaux en étant favorables au déclenchement de jours de grève rendent service au gouvernement puisque ces jours non rémunérés maintenant financeront les faibles pourcentages d'augmentation de salaire que leur consentira le gouvernement en fin de parcours.

La population ne peut pas massivement appuyer les revendications salariales des enseignants puisque c'est elle qui payerait ces augmentations, des augmentations dont elle ne bénéficie pas elle-même.

Ce dont la population a besoin, c'est d'être assurée de la qualité de l'enseignement prodigué à ses enfants. Or, force est de constater que ce ne sont pas les syndicats et les commissions scolaires devant administrer les conventions collectives qui garantissent de façon satisfaisante cette qualité d'enseignement. Il faudrait plutôt un Ordre professionnel des enseignants qui évaluerait les professeurs avant leur embauche et en cours d'emploi. De cette façon, les parents pourraient être plus confiants de la compétence des pédagogues prenant en charge leurs enfants.

Plutôt que d'avoir des syndicats qui disent aux professeurs défendre leurs droits en jouant une lutte de pouvoir face au gouvernement, les enseignants seraient représentés par un Ordre professionnel défendant les droits de la clientèle étudiante et assurant une qualité d'enseignement égale partout au Québec. Cela donnerait une meilleure crédibilité aux revendications salariales de ses membres devant un gouvernement faisant aussi face à une population fière de ses enseignants et consciente de l'importance de leur rôle. La force du nombre invoquée par les syndicats maintenant prendra toute sa signification au moment où l'Ordre professionnel des enseignants bénéficiera de l'appui de la population dans ses revendications.

Les syndicats ne valorisent pas la profession enseignante parce qu'ils défendent tous leurs membres sans exception alors qu'un Ordre professionnel des enseignants défendrait les droits de la clientèle en sélectionnant les meilleurs candidats en plus de veiller à leur formation continue.

Tous seraient mieux servis dans un tel contexte, que ce soit les élèves, les parents, les professeurs, le public en général et même le gouvernement.

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