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06/09/2015 09:03 EDT | Actualisé 06/09/2016 05:12 EDT

Fautifs: les fonctionnaires ou les politiciens?

Pauvre Québec! Est-ce que nous avons voté pour ça? Est-ce que nous méritons vraiment des fonctionnaires qui protègent leurs arrières en complexifiant et retardant la prise de décisions par l'analyse, l'étude de faisabilité et la réflexion?

Nous entendons très souvent des gens dire que la machine gouvernementale est très lourde à faire avancer. Cette excuse ou explication revient trop souvent et nous ne devrions pas l'accepter aussi facilement. Il serait temps de changer les choses.

Mais à qui la faute pour la lenteur des décisions gouvernementales? Celle des politiciens qui officiellement dictent les orientations, ou bien celle de l'énorme machine gouvernementale que les fonctionnaires peuvent engorger par leur vitesse de croisière. J'emploie l'expression « vitesse de croisière ». J'aurais pu parler de leur « lenteur de croisière ».

Comme plusieurs, je crois que les deux groupes sont fautifs. Je ne les excuse pas et je dirais même que je n'ai pas le goût de leur pardonner cette façon de procéder. Avez-vous besoin d'exemples?

  • Des tuyaux d'aqueduc vieux de 100 et 150 ans qui crèvent sous les rues de Montréal. On n'a pas pensé les entretenir ou les remplacer plus tôt. Il a fallu attendre que cela pète.
  • Le pont Mercier où la rouille progresse plus vite que les décisions gouvernementales. On le rafistole, mais il tombe en lambeaux et on ne parle pas encore de le remplacer.
  • Le pont Champlain bloqué depuis mille ans (ah oui, Milan comme le disait le gars de la circulation) et que l'on a dû solidifier avec une super poutre pour rassurer les usagers jusqu'à l'érection de sa nouvelle structure.
  • Et tout récemment, la nouvelle reçue par des parents de quelques centaines d'élèves le jour de la rentrée scolaire à l'effet que leurs enfants ne pouvaient pas être acceptés à l'école parce que considérés comme illégaux, ne pouvant pas présenter les papiers requis.

Or, dans ce dernier cas, le Protecteur du citoyen avait sommé en novembre 2014, le gouvernement d'agir pour que ces enfants résidant au Québec bénéficient du droit à l'éducation, un droit clairement reconnu par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant. Le ministre de l'Éducation, monsieur François Blais a réagi en disant que la loi serait déposée d'ici quelques semaines. Est-ce que ce grand aristocrate de l'Éducation, lui-même ex-recteur à l'Université Laval, n'est pas au courant des dates d'entrée scolaire? Qu'est-ce qui l'a empêché de présenter le projet de loi à temps pour que cette situation soit réglée avant le retour en classe?

Est-ce que la volonté politique faisait défaut? Ou bien est-ce que les fonctionnaires ont mis du sable dans l'engrenage parce que leurs habitudes se verraient dérangées?

Parlant du merveilleux monde de l'Éducation, que penser de ce projet-pilote du MELS d'offrir un cours d'éducation sexuelle à tous les élèves de 15 écoles volontaires? Qui dit que les écoles volontaires auront les meilleurs professeurs pour aborder ce sujet délicat et crucial avec nos enfants. Le ministère a refusé de considérer que ce cours soit offert par des infirmières, sexologues ou autres spécialistes. On fait appel à des écoles volontaires. Pas nécessairement celles qui auront les meilleures ressources pour enseigner cette matière. Cela ne semble pas être un critère de choix valable. S'en est-on tenu encore une fois à un critère économique? Je n'en serais pas surpris de la part de ce gouvernement et de ce ministre qui semble tellement déconnecté de la réalité de la petite école.

C'est ce même ministre qui, cette semaine, s'est insurgé contre la présence d'élèves dans les chaînes humaines formées autour des écoles pour défendre l'école publique en disant que : « Les enfants ne devraient pas être mêlés à la politique ». En disant cela, il est malheureusement conséquent des politiques de son gouvernement en ce qui a trait à l'éducation. On y traite des structures du secteur de l'éducation, mais pas des enfants sur les bancs d'école et de leur avenir.

Pauvre Québec! Est-ce que nous avons voté pour ça? Est-ce que nous méritons vraiment des fonctionnaires qui protègent leurs arrières en complexifiant et retardant la prise de décisions par l'analyse, l'étude de faisabilité et la réflexion? Si plusieurs fonctionnèrent un jour, on ne peut préciser quel jour de la semaine ni combien de jours cela a duré.

En passant, madame la juge Charbonneau a-t-elle réussi à se faire oublier? Nous attendons toujours son rapport sur lequel nous avions fondé quelques espoirs de corriger des choses.

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