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09/05/2015 08:51 EDT | Actualisé 09/05/2016 05:12 EDT

Et si le vote albertain était prémonitoire?

Pouvez-vous imaginer que Thomas Mulcair mènerait ses troupes au pouvoir en délogeant l'étouffant gouvernement Harper alors que les conservateurs se retrouveraient comme troisième parti en chambre derrière le Parti vert qui deviendrait l'opposition officielle en ne laissant qu'un seul siège pour Ti-clin Trudeau et un autre pour le Bloc Québécois?

Permettons-nous de rêver pour un instant. Pourquoi pas? Si cela peut arriver dans la très conservatrice Alberta, pourquoi pas lors des élections fédérales prévues pour octobre 2015?

Quel scénario! Presque comparable à l'histoire de David et Goliath. Le Parti progressiste-conservateur au pouvoir pendant 44 ans dans la province et détenant 70 des 87 sièges en chambre se lance en campagne électorale avec un ex-ministre du gouvernement Harper comme leader depuis huit mois. L'objectif: recevoir un mandat clair pour serrer la ceinture, une rengaine souventefois utilisée par les conservateurs. Cependant, les électeurs se sont sentis pris à la gorge et ont décidé de se donner plutôt de l'espace pour respirer librement.

Quel balayage! Le NPD prend le pouvoir avec 41 % du vote et 53 élus, les conservateurs gardent seulement 10 de leurs 70 sièges et terminent troisième derrière le Wildrose Party qui en récolte 21 alors que le chef libéral détiendra le seul siège de son parti qui n'a récolté que 4 % des votes. Le parti albertain détiendra lui aussi un seul siège et il y aura recomptage pour une circonscription où le NPD et les conservateurs auraient terminé à égalité.

Et si on transposait le tout au fédéral lors de la prochaine élection. Pouvez-vous imaginer que Thomas Mulcair mènerait ses troupes au pouvoir en délogeant l'étouffant gouvernement Harper alors que les conservateurs se retrouveraient comme troisième parti en chambre derrière le Parti vert qui deviendrait l'opposition officielle en ne laissant qu'un seul siège pour Ti-clin Trudeau et un autre pour le Bloc Québécois?

Il est certain que Stephen Harper imiterait alors son ex-ministre Prentice qui a démissionné sur le champ hier soir comme chef du Parti progressiste-conservateur et comme député. Comme sa collègue albertaine, Thomas Mulcair se retrouverait avec une large délégation féminine en chambre des communes, ce qui permettrait probablement dans un avenir assez court de modifier l'image belliqueuse projetée par l'équipe Harper face aux provinces et face au monde.

Le Parti libéral, ce grand parti dans l'histoire canadienne, n'accepterait pas la défaite et constaterait que le fait de désigner par nostalgie un descendant de Pierre-Elliot Trudeau n'était pas suffisant pour reprendre le pouvoir à Ottawa. On chercherait immédiatement un leader crédible à couronner pour assurer la relance du parti.

Pour sa part, le Bloc québécois tomberait rapidement dans l'oubli et le grand frère provincial, le Parti québécois, en profiterait pour rassembler tous les défenseurs de l'indépendance en une seule organisation vouée à réaliser l'objectif ultime du parti.

Cela ne veut pas dire que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais peut-on imaginer que plusieurs choses s'amélioreraient? La relance de l'économie ne se ferait pas au détriment des petites entreprises et de la créativité des entrepreneurs et à l'avantage des grandes corporations seulement. Les poussières des sables bitumineux n'entacheraient pas tout le pays. Nos soldats joueraient un rôle pacifique à travers le monde comme à l'époque des bérets bleus mis de l'avant par Lester B. Pearson. Les relations fédérales-provinciales deviendraient plus harmonieuses et en ramant tous dans la même direction plutôt qu'à contre-courant, le résultat serait bénéfique pour notre société et notre économie.

Qui aurait pu imaginer qu'un jour, l'Alberta, l'alliée numéro un et le bastion de Stephen Harper et de son gouvernement, pourrait inspirer un tel beau rêve?

Souhaitons-nous de passer du rêve à la réalité en octobre prochain.

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