LES BLOGUES
08/03/2015 08:51 EDT | Actualisé 08/05/2015 05:12 EDT

État islamique: le jeu de la mort

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

La nouvelle revient incessamment, des jeunes d'Ottawa, de Toronto et de Montréal auraient quitté le Canada pour se rendre en Syrie et se joindre à l'État islamique avec l'intention de combattre le mal. Même des jeunes filles feraient partie du contingent. Et ce qui nous touche de plus près: des Cégépiens québécois supposément sans histoire ont quitté leur famille sans dire un mot pour aller combattre au sein de l'État islamique.

Qu'est-ce qui a bien pu les amener à prendre une telle décision et à poser un tel geste? On se tourne vers les Imams qui véhiculent un message de haine envers notre société pour expliquer le tout. Est-ce l'élément déclencheur? Probablement que les supposés enseignements de ces Imams non modérés ont eu l'effet d'un lavage de cerveau en ancrant dans leurs esprits le désir de faire régner le droit. Mais quel droit? Et comment de jeunes filles canadiennes peuvent-elles entrevoir un avenir meilleur dans une société islamique qui brime les droits des femmes et les traitent comme des citoyennes de deuxième ordre devant le respect et l'obéissance à l'homme?

On peut se demander si les jeux vidéo auxquels les jeunes consacrent beaucoup de temps en s'isolant de la réalité, n'ont pas aussi contribué à leur désir de combattre, de vivre des émotions fortes et de vaincre. Il est indéniable que ces jeux ont ce genre d'impact sur leurs adeptes, puisque l'armée canadienne remarque l'intérêt des recrues pour les armes et pour l'expérience du combat. Le recrutement semble facile dans un tel contexte alors que le fait que notre pays soit en guerre dans certaines parties du monde aurait eu l'effet contraire sur les recrues potentielles il y a dix ou quinze ans.

Est-ce que nos jeunes s'enrôlent pour défendre leur patrie? J'en doute. Je les crois plutôt assoiffés d'une expérience extrême dépassant les sensations que les jeux vidéo leur procurent.

Les jeux vidéo sont bien conçus et sont même de plus en plus réalistes, mais malheureusement nombreux d'entre eux ne permettent que de vivre des expériences de guerre, tout en demeurant invulnérables. Or, dans la vraie vie, nous n'avons pas droit à trois vies pour réussir, en tout cas à moins que la réincarnation soit réelle, mais personne ne peut le confirmer à ce moment-ci.

Pour contrer l'effet du lavage de cerveau, il faudrait possiblement que nos spécialistes des jeux vidéo poussent leur grande créativité encore plus loin en développant un jeu de guerre tellement réaliste qu'au moment de perdre la vie, le joueur ressentirait une décharge électrique, légère pour la première mort et s'intensifiant à la deuxième et à la troisième occasion. Avec la douleur grandissante d'une mort à l'autre, cela pourrait enrayer peut-être le goût de vivre l'expérience extrême et de la souffrance. À moins que ceci n'ait l'effet contraire et devienne un défi de développement de la capacité à endurer la douleur? Je comprends cependant que les manufacturiers et créateurs de ces jeux ne veulent pas les éloigner de la pratique du jeu en les dégoûtant par la souffrance.

Mais le physique n'est pas suffisant, il faudrait aussi développer chez nos jeunes la capacité de reconnaître les prêcheurs de la violence, ceux qui ont pour rôle de les convaincre du mal qui les entoure et de la nécessité de combattre la société dépravée dans laquelle ils vivent et qui leur apporte pourtant des compensations, eux qui consomment beaucoup plus que leurs prédécesseurs à leur âge.

Allah prochaine!

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo L'État islamique en 7 points Voyez les images