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03/04/2015 10:58 EDT | Actualisé 03/06/2015 05:12 EDT

Éducation 2.0

Avant de contester les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, il serait bien que ces étudiants terminent leurs études et tentent de contribuer à créer de la richesse dans la société.

AVERTISSEMENT : Cœurs sensibles, s'abstenir, comme on dit en québécois : ça va fesser dans le «dash».

Le retour du printemps qui pointe enfin son nez à l'horizon ramène les réceptions à la cabane à sucre puisque la sève des érables coule. Cette même période semble inspirer les étudiants qui souhaitent enfin se la couler douce, au risque de couler leurs examens. En effet, la température plus clémente fait qu'ils descendent dans la rue sans se préoccuper que certains d'entre eux en s'absentant de leurs cours pourraient échouer sur les bancs d'école pour une période prolongée.

Avant de contester les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, il serait bien que ces étudiants terminent leurs études et tentent de contribuer à créer de la richesse dans la société. C'est pourquoi je crois que notre système scolaire aurait avantage à sensibiliser les étudiants très jeunes à l'entrepreneuriat au lieu de les laisser faire l'apprentissage du syndicalisme et des assemblées générales où règnent l'intimidation, les interventions démagogiques et les votes arrangés.

En sensibilisant les jeunes à l'entrepreneuriat, on préparerait éventuellement plus des candidats à des postes de dirigeants au lieu de se contenter de former d'éventuels exécutants. La formation à l'entrepreneuriat aurait aussi l'avantage de faire prendre conscience à un plus grand nombre que le patron a aussi réellement des limites qu'il ne peut pas outrepasser, qu'elles soient financières ou autres. Les dirigeants ne roulent pas tous sur l'or et ne sont pas tous des chiens sales.

Cette prise de conscience pourrait amener plus de réalisme dans les demandes envers nos dirigeants politiques ou d'entreprises et par ricochet, moins de contestations pour toutes les raisons imaginables. Les étudiants auraient avantage à apprendre à discuter de leurs opinions sans automatiquement descendre dans la rue pour contester. Ils découvriraient aussi le respect de l'autorité qui malheureusement fait de plus en plus défaut. Provoquer un affrontement avec la police ne règle rien et le québécois moyen qui conduisait et conduit encore sur nos routes en dépassant régulièrement les limites de vitesse ne donne pas le bon exemple aux générations futures.

Il est vrai que le langage utilisé inspire probablement les étudiants à trouver une occasion de relaxer après un hiver qui a été pénible pour eux aussi. Il peut être intéressant d'entendre parler de « grève », de modifier la « plage » horaire. Les étudiants d'aujourd'hui ne sont cependant pas différents de ceux que nous avons été nous-mêmes. Comme étudiant, je me suis moi aussi identifié à la rivière et j'aurais voulu, comme elle, pouvoir suivre mon cours sans sortir de mon lit.

Il est cependant désolant de constater que pour certains, les études, c'est secondaire. J'ai déjà entendu une élève dire que le CÉGEP est un milieu de vie extraordinaire, mais que malheureusement, pour y rester, il faut étudier. Aujourd'hui, l'université semble être devenue un premier contact vivant avec les médias sociaux. On y côtoie ses premiers contacts professionnels sur Linkedin puisque certains vont terminer avec succès leurs études et œuvrer dans le secteur d'activités de leur choix. Mais l'université est aussi un Facebook vivant et actif où l'on vit les partys, les abus et les frasques évoqués sur son mur.

Au lieu de se plaindre et de contester, les étudiants auraient intérêt à se hâter de terminer leurs études pour pouvoir profiter de la vie en bénéficiant de conditions financières plus avantageuses. Mais pour en arriver là, il faut admettre le besoin d'apprendre. Trop souvent a-t-on entendu des jeunes remettre en question le besoin d'apprendre à compter mentalement puisque leur téléphone cellulaire est doté d'une calculatrice. Trop souvent, les efforts demandés pour faire l'apprentissage de la langue française écrite ont été remis en question en prétextant que l'ordinateur est doté d'un correcteur ou que la secrétaire aura comme responsabilité de corriger ses textes. Où aura-t-elle appris son français si l'on n'insiste pas pour obtenir la perfection? Qui dit que l'employeur fournira une secrétaire à chacun? Les courriels sont adressés à chaque individu qui y répond soi-même. Devrait-il se soucier de l'image qu'il va projeter?

La réforme scolaire a aussi fourni des arguments à ceux qui ne voulaient pas faire les efforts d'apprendre notre langue puisqu'on a accepté plus d'une orthographe pour certains mots de façon à ce qu'ils s'écrivent aussi comme ils se prononcent. De plus, la pratique répandue des textos fait que l'on écrit en abrégé pour accélérer les communications.

Lorsque les universités mentionnent que plusieurs candidats voulant devenir professeurs ne réussissent pas les examens d'admission en français, il ne faut pas s'en surprendre, ils sont issus pour la majorité de la réforme scolaire où le laisser-aller a pris le dessus sur l'apprentissage réel de la langue. Leurs professeurs qui avaient probablement une bonne connaissance du français ont utilisé les nouvelles techniques proposées pour enseigner avec le succès que l'on constate.

Est-ce que le Québec se dirige et accepte de se diriger vers une population qui ne parlerait et n'écrirait plus le français, mais un dialecte fainéant? On va me dire : « tsé man, t'é pas cool ». Et bien, je répondrai : « si c'est cela ne pas être cool, je ne suis pas cool ». Je suis un Québécois fier de bien parler et de bien utiliser le français en plus de savoir compter mentalement et bien d'autres choses.

L'éducation chez nous est actuellement au point zéro (.0). Il serait temps de passer au 2.0 et que nos politiciens admettent que l'intégration des élèves souffrant de troubles d'apprentissage avec ceux qui ont de la facilité à apprendre n'a pas donné les résultats escomptés et qu'il est temps de développer le talent de nos meilleurs éléments au secteur public autant qu'au secteur privé, tout en déployant les efforts nécessaires pour aider ceux qui ont besoin de plus d'attention pour atteindre entre eux un résultat acceptable.

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