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28/02/2016 18:27 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Mon cher Denis, c'est à mon tour

Il est souhaitable que les Montréalais retrouvent très bientôt le maire Coderre tel qu'il était au début de son mandat. Cette façon de faire de la politique n'est plus acceptable pour les électeurs.

Aujourd'hui, j'aurais le goût de dire au maire Coderre : «Mon cher Denis, c'est à mon tour».

Après un proche ex-collaborateur du maire Coderre et d'ex-solliciteurs de dons pour son élection, je voudrais bien que le maire Coderre se souvienne de moi et m'attribue un contrat sans appel d'offres.

Rappelons-nous que Michel Dorais, ancien sous-ministre de l'Immigration, a été embauché moyennant 1 800 $ par jour pour coordonner l'accueil des réfugiés syriens.

Rappelons-nous aussi que Robert Bouvier, ami du maire et ex-président du syndicat des Teamsters du Canada, a été embauché pour négocier avec la Fraternité des policiers de Montréal au nom de la Ville de Montréal.

Plus récemment, nous apprenions que Me Raphaël Lescop, ex-avocat du maire contre Shane Doan des Coyotes de Phoenix, qui avait insulté les Canadiens français, fait partie d'un bureau d'avocats qui a obtenu des contrats sans appels d'offres pour près de 350 000 $. depuis l'accession du maire à la tête de la Ville de Montréal.

Tous ces contrats attribués sans appels d'offres ressemblent à de beaux retours d'ascenseur pour ces gens qui ont côtoyé le maire Coderre à un moment de sa carrière. Si tous ses amis Facebook obtenaient une telle faveur, la Ville de Montréal n'aurait possiblement plus besoin de fonctionnaires. Il ne faut pas que la tendance se maintienne.

Il est souhaitable que les Montréalais retrouvent très bientôt le maire Coderre tel qu'il était au début de son mandat : créatif et inclusif.

Alors que ses détracteurs craignaient que l'arrivée de Denis Coderre à la mairie de Montréal ne recrée un contexte de scandale des commandites, le maire avait agréablement surpris par son ouverture d'esprit et des décisions inespérées, mais prometteuses d'un vent nouveau de dynamisme et de créativité à Montréal.

L'arrivée de ses adversaires politiques Marcel Côté comme conseiller en finances et Richard Bergeron au comité exécutif de Montréal pour élaborer une stratégie de transport en étaient de belles représentations.

Or, des odeurs désagréables ont commencé à se faire sentir dans l'entourage du maire au moment de la décision de déverser des eaux usées dans le fleuve. Les nominations énoncées plus haut ont suivi et, malgré les contestations, il ne semble pas vouloir y mettre fin. Il les défend et les justifie.

Je ne veux pas, par la présente, faire valoir au maire Coderre ma candidature pour un beau contrat, même si je suis aussi un grand spécialiste dans mon domaine, ce qui lui permettrait comme dans les cas précédents de justifier l'octroi d'un mandat très rémunérateur. Je souhaite plutôt que les Montréalais retrouvent le gestionnaire sérieux et dédié à sa ville, sans que son entourage ne semble retirer des avantages comme à l'époque où il faisait partie de l'équipe libérale fédérale qui a avantagé plusieurs magouilleurs, comme la Commission Gomery nous l'a fait découvrir avec le scandale des commandites.

Monsieur Coderre, avec vous, parmi beaucoup d'autres, j'ai assisté aux parties de baseball des Blue Jays de Toronto au Stade olympique. J'étais aussi à l'aréna Maurice-Richard, tout près de vous, au Tournoi des Cœurs Scotties. Je vous ai aussi serré la main lors du défilé de la Carifête. Mais je ne considère pas être pour autant un de vos proches et, surtout, je suis convaincu que je ne mérite pas pour autant un contrat comme marque de reconnaissance.

S'il-vous-plaît, ne recommencez pas à faire de la politique de cette façon, même si vos ex-confrères libéraux sont au pouvoir à Québec et à Ottawa. Cette façon de faire de la politique n'est plus acceptable pour les électeurs.

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