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02/09/2016 10:16 EDT | Actualisé 05/09/2016 07:46 EDT

La CAQ, l'immigration et le français

Le Parti propose de réduire de 20 %, à 40 000 par année, le nombre d'immigrants admis au Québec.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec a fait connaître la politique que défendra dorénavant son parti en ce qui a trait à l'immigration. La CAQ propose de réduire de 20 %, à 40 000 par année, le nombre d'immigrants admis au Québec.

Legault justifie cette prise de position par le manque de structures pour intégrer ces nouveaux arrivants dans la société québécoise et dans le marché du travail, mais aussi par le fait qu'une minorité d'entre eux apprend et parle la langue française, langue de la majorité.

Ces justifications reflètent la réalité du marché du travail pour certaines raisons. Force est d'admettre que plusieurs employeurs québécois sont réticents à embaucher des travailleurs d'autres origines. Que ce soit à cause de la couleur de leur peau, ou à cause de leur origine musulmane, plusieurs immigrants ne sont pas sélectionnés pour occuper des postes même s'ils sont parfaitement qualifiés pour combler les attentes.

Trop souvent, on a aussi entendu que les Ordres professionnels refusent de reconnaître les diplômes obtenus dans d'autres pays, pour ainsi fermer la porte d'accès au marché du travail québécois à des travailleurs qualifiés dont nous aurions besoin, mais qui sont refusés pour protéger les nôtres. Ce prétexte est-il vraiment valable? C'est ce dont la CAQ devra débattre pour convaincre la population de la validité de sa proposition.

Plusieurs propriétaires ont la même réaction que les Ordres professionnels en refusant le logement à des immigrants, simplement à cause de préjugés. Comme quoi l'ouverture aux nouveaux arrivants fait défaut aussi dans la société. Comment changer une telle mentalité ancrée depuis des générations? La CAQ pourra-t-elle influencer cette opinion? Bonne chance à votre équipe et à vous, monsieur Legault.

«La CAQ vise dans le mille lorsqu'elle fait référence au trop faible pourcentage d'immigrants qui s'intègrent à la majorité en apprenant et en parlant français une fois accueillis dans la Belle Province.»

L'immigration est une solution importante pour contrer les effets du faible taux de natalité au Québec. Pour combler les emplois disponibles chez nos employeurs, il faut inévitablement importer des travailleurs.

Cependant, la CAQ vise dans le mille lorsqu'elle fait référence au trop faible pourcentage d'immigrants qui s'intègrent à la majorité en apprenant et en parlant français une fois accueillis dans la Belle Province.

Il est vrai que la mondialisation des marchés fait que la langue anglaise constitue un atout important pour accéder au marché du travail, mais pour vivre au Québec, l'utilisation de la langue française devrait être considérée comme un atout aussi très important.

Si tel était le cas, cette cliente qui n'a pas réussi à se faire servir en français dans un restaurant McDonald's de Montréal tout récemment n'aurait pas été traitée de façon cavalière par la gérante de l'établissement à qui elle formulait une plainte en bonne et due forme. Exprimant son insatisfaction du fait que la caissière ne pouvait pas s'exprimer en français, elle a reçu comme réponse de la gérante : « We are in Canada, everyone should speak English ».

Il serait souhaitable que les gens qui pensent comme cette dernière se fassent dire haut et fort : « On est au Québec et tout le monde devrait parler français ».

On peut se questionner sur la pertinence de réduire ou d'augmenter le nombre d'immigrants. Mais il semble encore plus important de s'assurer d'avoir les structures nécessaires pour les accueillir et leur offrir un milieu de vie meilleur que celui qu'ils quittent.

Aussi, il faut mieux contrôler l'entrée au pays. Sachant que les fonctionnaires fédéraux contrôlent le processus, il faut se demander si les fonctionnaires québécois ont la latitude et des directives suffisamment claires pour sélectionner des nouveaux arrivants prêts à adopter les valeurs québécoises. François Legault suggère un test pour vérifier l'aptitude ou l'intention des immigrants à épouser nos valeurs. Cela apparaît légitime, quel que soit le nombre de nouveaux arrivants.

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