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08/03/2018 15:35 EST | Actualisé 09/03/2018 11:27 EST

Pourquoi un festival féministe de cinéma à Montréal?

Réfléchir ensemble à des enjeux féministes contemporains nous apparaît être un moyen de remettre en question toutes les oppressions, notamment le patriarcat, puis d’y résister.

d3sign via Getty Images

L'an dernier, Hollywood a explosé. #Metoo a été l'occasion de dévoiler au grand jour les agressions dont ont été victimes des milliers de femmes* dans le milieu cinématographique. Plus près de nous, les dénonciations et allégations ont également fait surface, moins au cinéma que dans le monde de la télévision et des arts et spectacle. Il n'en reste pas moins que tout cela a (enfin!) révélé un problème systémique dont les femmes*, elles, ont toujours eu connaissance. En ce sens, programmer un festival féministe de cinéma est, il va sans dire, dans le Zeitgeist. Or, la démarche qui sous-tend le Festival Filministes va au-delà d'un désir de faire partie d'une tendance, ou d'une « mode », et est profondément liée à ce mouvement: faire apparaître ce qui échappe au regard et aux mots.

Faire apparaître les violences qui font partie du quotidien, mettre la lumière sur les problématiques, refuser que les choses soient cachées, non dites. Au contraire, par le biais de la discussion, dire, parler, nommer, et ainsi contribuer à faire connaître des parcours singuliers et des résistances.

Nous pensons que toutes les situations peuvent être lues dans une perspective féministe.

Nous pensons que toutes les situations peuvent être lues dans une perspective féministe. C'est ce principe qui guide le Festival Filministes. Réfléchir ensemble à des enjeux féministes contemporains nous apparaît être un moyen de remettre en question toutes les oppressions, notamment le patriarcat, puis d'y résister. Montrer le vécu des femmes*, aussi divers soit-il, et penser ensemble à des moyens de le rendre meilleurs. Le cinéma n'est pas sans effet sur la société. À l'inverse, il agit sur le réel et sur nos vies, en véhiculant des images, des stéréotypes, des figures d'opposition, d'où la pertinence de l'employer comme outil de réflexion.

Éveiller les consciences au féminisme est, certes, un mandat bien ambitieux, mais nécessaire. Loin l'idée, ici, de justifier la tenue d'un tel festival; l'actualité déborde de ce qu'on pourrait qualifier de « justifications ».

Ainsi, nous voulons nous inscrire dans la lignée du mouvement « Et maintenant », qui souhaite se questionner sur les actions à entreprendre pour que la voix de celles qui disent « non » se fasse entendre et écouter. Plus encore, nous espérons développer une communauté au sein de laquelle les oppressions peuvent être nommées. Et cet élan d'être ensemble, d'unité, pourrait permettre aussi aux personnes qui doutent de nous croire une fois pour toutes.

La solidarité est le noyau d'une résistance féministe.

Car c'est ce que l'on retient aussi du mouvement #Metoo: que ce soit au cinéma ou dans le milieu académique, sur les chantiers ou dans la rue, les femmes* se sont tenu la main. La solidarité est le noyau d'une résistance féministe. Ainsi, nous sommes d'avis que le film, qu'il soit documentaire ou fiction, permet non seulement de faire apparaître les féminismes, mais de se rassembler, et de trouver ensemble des idées pour une société plus égalitaire.

En cette Journée internationale des droits des femmes, nous souhaitons souligner cette solidarité et cette force qui anime le mouvement féministe montréalais. Nous serons féministes tant qu'il le faudra!

* « Femmes » est ici utilisé pour toute personne s'identifiant comme tel.

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