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09/10/2018 10:44 EDT | Actualisé 09/10/2018 16:10 EDT

Ne me lisez surtout pas!

On dirait que ça prend toujours un événement tragique avant que l'on agisse en tant que société dans un dossier quelconque.

Qu'est-ce qui pousse les gouvernements à crier haut et fort qu'il faut agir, mais qui les maintient dans l'immobilisme absolu?
Eric Overton via Getty Images
Qu'est-ce qui pousse les gouvernements à crier haut et fort qu'il faut agir, mais qui les maintient dans l'immobilisme absolu?

Je vous avoue que je suis un peu tanné. On dirait que ça prend toujours un événement tragique avant que l'on agisse en tant que société dans un dossier quelconque.

C'est vrai, quand j'y pense, le premier exemple qui me vient en tête, ce sont les carrefours routiers douteux et dangereux. Par exemple, prenons un carrefour où deux routes se croisent. L'une des routes impose un arrêt aux automobilistes et l'autre non. Avant d'imposer un arrêt obligatoire à tous les arrivants du carrefour, on dirait que ça prend toujours un accident... et encore, parfois cela ne suffit même pas.

C'est comme si l'humain comprenait soudainement à la vue du sang. Et alors avec une grande surprise, on l'entend dire: «Mais voyons, pourquoi n'y avait-on pas pensé avant?» ou encore «C'est vrai qu'il était dangereux ce coin de rue, nous aurions dû agir plus tôt».

La question environnementale

Ça fait maintenant des années que l'on parle de la crise environnementale qui sévit. Est-ce que là encore, il va falloir attendre une tragédie pour agir? Parce que si c'est la tragédie que l'on attend, elle est bel et bien commencée. Qu'est-ce qui pousse les gouvernements à crier haut et fort qu'il faut agir, mais qui les maintient dans l'immobilisme absolu? Qu'est-ce qui fait qu'un Justin Trudeau parle d'engagements environnementaux, mais qui, de l'autre côté du pays, fait tout pour sauver un «pipeline»?

Qu'est-ce qui pousse les gouvernements à crier haut et fort qu'il faut agir, mais qui les maintient dans l'immobilisme absolu?

Je suis un peu écœuré de l'hypocrisie environnementale honnêtement. Comment se fait-il qu'en 2017, les véhicules les plus vendus soient des camionnettes de style «pick-up»? C'est quand même ironique quand j'entends scander haut et fort que les prix de l'essence est élevé sans bon sens. Je dois clairement passer à côté de quelque chose parce que, aussi fou que ça puisse paraître, dans ma tête, une berline de quatre litres, ça a toujours moins consommé qu'une camionnette; je sais, je suis bizarre.

Comment se fait-il qu'en 2018, près de 40% des Québécois ayant voté l'aient fait pour le seul parti politique sans engagements concrets d'un point de vue environnemental? Est-ce que c'est parce que cela n'est pas encore assez inconfortable? Est-ce que c'est parce que cela n'est pas suffisamment tragique encore?

Je suis un peu écœuré de l'hypocrisie environnementale, honnêtement.

La triste réalité, c'est que tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas un réel inconfort dans le quotidien, comme un été où l'on doit rester à l'intérieur parce que l'extérieur est invivable, nous ne changerons rien drastiquement. Parfois, comme société, je trouve que nous avons l'intelligence d'un gamin de quatre ans à qui nous disons de ne pas lever brusquement la tête en sortant du dessous de la table parce qu'il pourrait se faire mal. En fin de compte, c'est souvent la douleur du coup de tête sur la table qui est le meilleur enseignant...

Heureusement, j'arrive aussi à voir plein «d'éveils environnementaux». Plusieurs ont entamé le pas du compost, du recyclage, de la deuxième vie, de l'achat local et même du zéro déchet.

Les gens pensent souvent que pour améliorer la cause environnementale, il faut arrêter de vivre. En fait, il ne faut pas arrêter de vivre, il faut seulement réapprendre à mieux vivre.

Peut-être que notre société est prête à grandir, à passer de l'enfance à l'âge adulte et devenir plus mature et plus responsable.

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