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21/06/2015 12:44 EDT | Actualisé 21/06/2016 05:12 EDT

Malheureusement, je ne suis pas papa (que je sache)

Je n'ai jamais reçu de carte pour la fête des Pères, ni de cravate douteuse ou encore de dessin, et aucune douce n'a souligné l'occasion par un souper d'amoureux. De toutes ces petites attentions, je pense bien être quelque peu envieux. Je crois qu'une fête officielle pour les presque-papas et les presque-mamans devrait être instituée.

Je retourne à ma petite histoire personnelle.

Mon état de clown fait en sorte que j'ai le bonheur et le privilège de rencontrer des familles... et surtout des enfants. C'est aussi toute une responsabilité! Sous les atours du clown et dans le personnage que j'habite, il y a moi. Il y a toujours moi, puisque de toute manière, il s'agit du prolongement de ma personnalité, de qui je suis dans mon fors intérieur.

Parfois, je me questionne. Je me demande si j'aurai un jour l'occasion d'avoir une petite famille bien à moi. Pendant plus de 27 ans, j'ai été impliqué dans le scoutisme, ce qui m'a permis de tisser des liens avec bon nombre de familles. Je suis l'oncle préféré (je le leur ai dit!) de mes deux nièces, tout aussi préférée l'une que l'autre, Victoria et Bettina. J'ai également été présent dans la vie de trois petits bonshommes, lesquels ont eu une importance bien réelle dans ma vie.

fredolini

Mon papa Giovanni et moi

Toutefois, je n'ai jamais reçu de carte pour la fête des Pères, ni de cravate douteuse ou encore de dessin, et aucune douce n'a souligné l'occasion par un souper d'amoureux. De toutes ces petites attentions, je pense bien être quelque peu envieux. Je crois qu'une fête officielle pour les presque-papas et les presque-mamans devrait être instituée. Certains de mes amis vont à la remise des diplômes des leurs; d'autres sont grands-parents! Ils exagèrent, je crois! Il semblerait qu'il y ait un lien inexplicable, des plus forts et des plus privilégiés, qui fait en sorte qu'on devient parent à tout jamais; qu'un jour on se dit : au nom de tous les miens!

Ce que je vous révèle là, c'est l'un de mes secrets les plus intimes : la peur d'être seul, oublié, de ne pas avoir d'impact oud'avoir pu transmettre le peu de sagesse que je possède. La peur de ne pas connaître la fabuleuse expérience d'apprendre et de m'émerveiller en redécouvrant la vie à travers les yeux de mon enfant.

Mon papa est un clown et j'ai choisi de chausser ses énormes souliers. Malgré tous nos différends, nos histoires, nos conflits, il y a aussi toute la complicité, les bons coups et les mêmes blagues tordues réfléchies (et parfois tout cela d'un seul coup!) que nous partageons. Il a souvent quitté la maison avant nous pour partir en tournée. Nous allions le rejoindre pour l'été, durant les vacances scolaires. Il fut souvent absent, mais j'ai gardé bien précieusement toutes les lettres et les cassettes qu'il prenait le temps de nous envoyer, dans lesquelles il nous faisait le récit fabuleux de ses voyages. Hier soir, il m'a raconté des histoires sur ma famille. J'ai appris que ma grand-maman Blanche, qu'on voyait tous les dimanches, parlait couramment quatre langues! Le français, l'anglais, l'italien et le créole! Je n'ai jamais su cela. Moi qui croyais que mon père me radotait depuis toujours les mêmes vieilles anecdotes et les mêmes sempiternelles histoires. Les parents, lorsqu'on écoute ce qu'ils ont à nous dire, c'est une richesse précieuse qui nous permet de nous connaître davantage. Il est primordial de comprendre qu'ils nous offrent ce qu'ils peuvent, avec leurs expériences et leurs blessures, leurs talents et leurs faiblesses. Que même s'ils nous tapent parfois sur les nerfs, on retourne vers eux, parce qu'il y a souvent beaucoup de choses à comprendre et à résoudre sans toujours devoir tout expliquer ou se justifier. C'est le lien de sang, j'imagine, ou quelque chose du genre.

Ultimement, je n'y connais pas grand-chose, mais je pense que la plus grande richesse... c'est la famille. Peut-être que personne n'est jamais vraiment prêt à devenir parent, surtout à devenir papa. Il ne semble pas exister de mode d'emploi, malgré les précieux conseils de tout un chacun.

Mon cœur explose des petites joies des enfants, de ces moments intemporels de petits bonheurs que j'ai pu apporter par mon métier et particulièrement de ceux des gamins que j'ai côtoyés, parfois au quotidien.

Ma maison est vide, parce qu'il n'y a pas de bruit de petits pas qui courent le matin, de télé ouverte pour des émissions qui m'embêtent ou des chicanes ou des rires entre frères et sœurs.

Toutefois, j'y ai fait une place pour éventuellement les accueillir. Je trouverai bien la complice idéale qui voudra vivre avec moi la plus grande des aventures. Ou peut-être que c'est elle qui saura me trouver!

Bonne fête des Pères à tous les papas, les presque-papas, les beaux-papas, les pas-papas, les pas-encore-papas, et les futurs papas.

Note de l'auteur Je me lance dans un projet particulier, lequel nécessite le plus grand investissement qui soit dans mon cas, celui de l'humilité. Chaque dimanche, je publierai sur mon blogue au Huffington Post Québec un texte autobiographique. Parfois, les récits et les anecdotes pourront paraître invraisemblables. Mes histoires choisies, elles, seront vraies. En fait, tout sera dans la manière que j'aurai de vous raconter ces petits bouts d'existences, d'observations et de perceptions.

En les écrivant, c'est un peu comme si je les conservais dans une capsule temporelle, afin de ne rien oublier. Juste au cas. Traduites dans plus d'une vingtaine de langues grâce à des collaborateurs, elles seront également diffusées via mon site fredolini.com et sur ma page Facebook. Ensuite, ces textes seront regroupés et publiés sous forme de livre. C'est donc une fabuleuse aventure toute en écriture que j'entreprends. J'espère qu'elle saura toucher le cœur des gens, surtout le vôtre. C'est donc un rendez-vous!

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