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Scandale Volkswagen

Cette affaire illustre avec éloquence que les autorités règlementaires ne peuvent pas toujours se fier sur la bonne volonté des manufacturiers pour réduire les GES, d'où la nécessité réelle d'une loi zéro émission.
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Le vendredi 18 septembre 2015 était annoncé que la compagnie Volkswagen avait mis dans le logiciel des ordinateurs d'injection de ses voitures Turbo Diesel de 2009 à aujourd'hui un algorithme de trucage permettant à ces voitures de passer les tests de conformité antipollution dans un environnement de laboratoire, mais que les mêmes moteurs émettent en réalité de 10 à 40 fois PLUS QUE LA NORME des polluants atmosphériques tels les oxydes d'azote et les microparticules. Les voitures Audi avec motorisation TDI sont aussi truquées de la sorte pour déjouer la norme. Ce scandale a pris le nom de « Volksgate » ou de « Dieselgate »

Comment fonctionne le logiciel de trucage?

Lorsque les tests antipollution sont effectués, la voiture évaluée est installée sur un dynamomètre permettant de faire fonctionner la voiture et de faire tourner les roues avant tout en gardant la voiture immobile. Ainsi les roues avant tournent sur des rouleaux et les roues arrière restent immobiles. Avec les mesures de rotation des senseurs pour le système de frein ABS, l'ordinateur de bord peut voir que les roues arrière ne bougent pas, alors que les roues avant tournent. Ceci active le mode «antipollution de conformité». La quantité de diesel injectée est alors fortement réduite, ce qui diminue les quantités d'oxydes d'azote et les microparticules produites. Le test de conformité peut alors être passé en respectant alors la norme. Par contre, cela rend la puissance produite par le moteur réduite de 30%, rendant ainsi la voiture peu performante et peu intéressante à conduire.

Comment a été détectée cette tricherie?

Une organisation sans but lucratif, qui souhaitait étudier comment les moteurs diesel européens parvenaient à émettre moins de pollution que les moteurs diesel des fabricants nord-américains a effectué ses propres tests, mais sur route, (cette organisation n'avait pas les moyens de s'acheter un dynamomètre) ce qui a permis de mesurer les niveaux d'émissions nocives réelles de ces voitures.

Voici le lien vers la lettre de l'EPA vers Volkswagen indiquant la découverte de la fraude.

Peut-on se fier à l'honnêteté de Volkswagen?

Il est clair que cette compagnie a réussi pendant des années à tromper les consommateurs et les gouvernements. Onze millions de ces voitures truquées ont été vendus au Canada et à travers le monde. Ce constructeur a des moyens techniques et financiers importants, mais plutôt que de les utiliser pour réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, il a préféré les consacrer à contourner les règles.

Est-ce que d'autres constructeurs utilisent des stratagèmes similaires?

On ne peut généraliser, mais c'est certain que le Volksgate va déclencher une revérification des autres véhicules à propulsion Diesel, afin de vérifier qu'ils se conforment effectivement aux normes antipollution.

Que faire pour éliminer ces problèmes de pollution?

Les véhicules électriques n'émettent aucune pollution lors de leur utilisation. Ils ne peuvent donc pas «tricher» sur les normes lors des tests comme ce qu'a fait Volkswagen. La ville de Paris, en France, a adopté une réglementation limitant et bannissant les véhicules diesel au sein de la ville. Ceci parce que le niveau de pollution et de micro particules atteint trop souvent les seuils critiques de nocivité. Or, le parc automobile Français est constitué d'un haut niveau de véhicules à propulsion Diesel, responsables de la production de ces microparticules.

Volkswagen est aussi une compagnie qui REFUSE de vendre au Canada ses véhicules non polluants. Ainsi cette compagnie fabrique la eGolf, qui est une voiture à motorisation 100% électrique et elle n'est pas offerte à la vente au Canada. Par contre, à quelques 45 minutes de route de Montréal, il est possible de se la procurer chez un concessionnaire de Burlington, au Vermont, parce que ce tout petit État a adopté une série de normes similaires à celles de la Californie, dont une loi zéro émission. On peut se procurer la voiture eGolf en Amérique que dans les États dotés d'une loi zéro émission.

Cette affaire illustre avec éloquence que les autorités règlementaires ne peuvent pas toujours se fier sur la bonne volonté des manufacturiers pour réduire les GES, d'où la nécessité réelle d'une loi zéro émission exigeant la vente d'un pourcentage minimal croissant de véhicules électriques, sans émissions polluantes. Tant qu'une telle mesure ne sera pas mise en place, l'offre de véhicules électriques restera à un niveau minime et nous continuerons de polluer l'atmosphère et de léguer à nos enfants et petits-enfants une planète où il fera de moins en moins bon vivre.

François Boucher

Pour la CZEQ

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