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25/01/2013 03:01 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Il y a les lois juridiques et les lois morales

Un enfant qui tue son frère, c'est un drame, une catastrophe, une tragédie, mais ce n'est pas un meurtre. On ne peut être meurtrier à 12 ans, et ce, peu importent les circonstances. Il y a surement une explication, des raisons, des causes... Loin de moi l'idée d'excuser les gestes de cet enfant, mais je n'arrive pas à accepter la façon dont il a été traité par les enquêteurs. Il venait de tuer son frère, il était confronté à l'horreur, il était dépassé par les événements, puis sa mère est arrivée, ensuite les policiers. Les minutes les plus intenses et les plus violentes qu'on puisse vivre, cet enfant les a vécues.

Flickr: .v1ctor.

Nous avons tous dans notre entourage un enfant, un neveu, une nièce, un cousin, une cousine, ou un petit voisin âgés de 12 ans. 12 ans, c'est l'âge de l'insouciance pure, de l'innocence, même pas encore l'adolescence, mais plutôt la fin de l'enfance. À 12 ans, au fond de cette petite personne qui voudrait être grande se cache encore l'enfant qu'il a été toute sa vie. Il se peut que cet enfant commence à jouer au petit dur et désire s'imposer, ce qui peut avoir des répercussions dramatiques comme dans le cas de ce jeune garçon qui a tiré sur son frère et qui l'a tué... Un enfant qui tue son frère, c'est un drame, une catastrophe, une tragédie, mais ce n'est pas un meurtre. On ne peut être meurtrier à 12 ans, et ce, peu importent les circonstances. Il y a surement une explication, des raisons, des causes...

Loin de moi l'idée d'excuser les gestes de cet enfant, mais je n'arrive pas à accepter la façon dont il a été traité par les enquêteurs. Il venait de tuer son frère, il était confronté à l'horreur, il était dépassé par les événements, puis sa mère est arrivée, ensuite les policiers. Les minutes les plus intenses et les plus violentes qu'on puisse vivre, cet enfant les a vécues.

Pourtant, pour les policiers, il ne s'agissait pas d'un enfant, mais d'un meurtrier de 12 ans, alors ils l'ont interrogé toute la nuit! L'horreur pour cet enfant de 12 ans qui venait de tuer son frère s'est poursuivie une nuit entière devant les yeux de sa mère, sous l'avalanche de questions des impressionnants enquêteurs professionnels qui ont l'habitude de crapules de toutes sortes et qui sont endurcis par leurs années d'expérience.

Pensez-vous vraiment que cet enfant devait être considéré dangereux au point de récidiver dans les heures suivant ce drame horrible? Les risques étaient nuls... Est-ce que les droits de cet enfant ont été respectés? Je parle ici des droits moraux bien plus que de droits légaux. Qu'est-ce que cela aurait changé si on avait attendu un peu pour l'interrogatoire? C'était déjà clair que cet enfant avait tiré sur son frère, il n'y avait pas de doute, ni de suspect à rechercher. Cet enfant ne serait pas parti au bout du monde, on aurait pu attendre au lendemain matin pour le bombarder de questions et le replonger dans l'horreur de la veille. Cet enfant a 12 ans, pas 21 ans!

À mon avis, la vie de cet enfant est foutue. Il sera traumatisé et marqué au fer rouge pour le reste de son existence. Ceux qui parlent de réinsertion sociale, de réhabilitation et de droits fondamentaux me font rire. Ce n'est pas une mort banale, le « meurtrier » est un enfant. Et un enfant ne tue pas gratuitement à moins d'être grandement malade dans sa tête et dans son cœur.

Cet enfant a tué son frère et notre manque de jugement et de compréhension tuera cet enfant à son tour.