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500 jours plus tard, il est temps de comptabiliser les pertes pour le Québec

Le 22 avril 2015, l'ex-ministre Sam Hamad annonçait la fin du financement des forums jeunesse régionaux du Québec. 500 jours plus tard, il faut réaliser ce que le Québec a perdu, et peut encore perdre, en ignorant l'importance d'un lieu structuré de mobilisation, de représentation et de concertation jeunesse.

Le 22 avril 2015, l'ex-ministre Sam Hamad annonçait la fin du financement des forums jeunesse régionaux du Québec. 500 jours plus tard, il faut réaliser ce que le Québec a perdu, et peut encore perdre, en ignorant l'importance d'un lieu structuré de mobilisation, de représentation et de concertation jeunesse.

Depuis 2001, des dizaines d'administrateurs entre 12 et 35 ans étaient présents dans chaque région administrative du Québec pour réunir et stimuler sa jeunesse. Les forums jeunesse se rendaient dans les écoles secondaires pour y faire des simulations de vote et des ateliers sur la démocratie et la participation citoyenne afin d'offrir une éducation civique actuellement déficiente au Québec. Pour les plus âgés, ils organisaient des débats, des 5@7 politiques, des rencontres de réseautage et des ateliers de discussion et de réflexion sur les enjeux d'actualité régionaux et nationaux. En parallèle, ils réunissaient, au sein de leur conseil d'administration et au-delà, les jeunes d'une ville ou d'une région ou de la province entière pour bâtir des discours novateurs sur les politiques publiques, les projets de loi, les plans d'urbanisme et la direction du Québec pour l'avenir de sa jeunesse.

Toutes des actions qui, aux dires de tous, contribuaient à assurer une occupation dynamique du territoire et favorisaient grandement le développement des régions du Québec. En administrant les Fonds régionaux d'investissement jeunesse (FRIJ), ces jeunes engagés dans leur communauté remettaient chaque année 10 M$ en subventions pour des projets par et pour les jeunes qui répondaient aux priorités régionales identifiées par le gouvernement et les communautés en culture, en santé, en intégration, en entrepreneuriat ainsi qu'en participation citoyenne.

Depuis 500 jours, ces actions disparaissent peu à peu, inexorablement. Les forums jeunesse et leurs partenaires s'efforcent de continuer à offrir, entre autres, des ateliers dans les écoles secondaires, mais seuls les grands centres urbains sont desservis puisqu'il n'y a plus de ressources pour couvrir l'ensemble du territoire québécois. Ils organisent des 5@7 avec les partenaires sur la Politique jeunesse, et sur l'implication et la représentation des jeunes dans les instances décisionnelles - une tâche d'autant plus pertinente depuis 500 jours, alors que le gouvernement a cessé de subventionner la seule instance de représentation jeunesse qui était même reconnue jusqu'à l'international. Pourtant, malgré la fin du financement, le gouvernement continue d'avoir recours à l'expertise des forums en rôle-conseil en matière de jeunesse pour ses projets de loi : depuis le début de l'année 2016, les forums jeunesse ont rédigé des mémoires présentés ensuite en commission parlementaire sur la Politique québécoise de la jeunesse 2030, le projet de loi 77 en immigration, la planification pluriannuelle en immigration 2017-2019, la Politique culturelle du Québec, le projet de loi 693 sur les jeunes sur les CA des sociétés d'État, et sur plusieurs autres initiatives provinciales.

Au gouvernement, on répond qu'il faut attendre la Stratégie d'action jeunesse qui sera présentée à l'automne. Mais cette stratégie, bien que très importante, fonctionne par appel de projets limités ayant des horizons de 1 à 3 ans et correspondant à des mesures restreintes. On nous répond que les forums jeunesse, c'est une formule risquée : elle n'est gérée que par des jeunes, elle est régionalisée, elle permet à la jeunesse de parler d'une même voix et de se concerter, et elle touche à tellement d'axes d'intervention en participation citoyenne qu'elle sort des normes établies !

Nous n'accepterons plus ces tergiversations. Le gouvernement doit s'engager à financer une instance décentralisée, régionale, par et pour les jeunes, en mobilisation, concertation et représentation jeunesse, tel que proposé dans le projet Citoyenneté Jeunesse. 500 jours plus tard, nous ne pouvons plus nous passer de ces ressources.

Cette lettre est appuyée par: Les forums jeunesse régionaux du Québec; l'Union étudiante du Québec (UEQ); la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec (CRÉIQ); la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ); la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ); le Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ); la Commission relève de la Coalition avenir Québec (CRCAQ); le Comité national des jeunes de la Confédération des syndicats nationaux (CSN); le Comité des jeunes de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ); le Comité des jeunes de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ); la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ); l'Unité de travail pour l'implantation de logement étudiant (UTILE); Force Jeunesse

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