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31/07/2015 10:58 EDT | Actualisé 31/07/2016 05:12 EDT

Asservissement des femmes à l'ère de l'islamisme radical

Et que faisons-nous face à ces dizaines de milliers de femmes réduites à l'esclavage aux mains de Daech et de Boko Haram, soumises aux sévices les plus atroces de l'humiliation, du viol, de la torture, de la lapidation et des exécutions sommaires?

Extrait d'une conférence au Forum international des femmes méditerranéennes

Fès, le 29 mai 2015

Le Forum international des femmes méditerranéennes de Fès a eu le mérite de nous rappeler le drame de ces « oubliées de la guerre » en plaçant la violence faite aux femmes à l'ère de Daech » au cœur du débat.

Certes, des progrès significatifs ont été enregistrés en matière de condition féminine dans les pays arabo-musulmans, à la faveur des indépendances, de la généralisation de l'enseignement, de l'accès des femmes au marché du travail, de la mobilisation des féministes et de la vigilance des militants des droits de la personne.

Un vent d'espoir avait soufflé sur le Maghreb et le Moyen-Orient et a propulsé ces sociétés traditionnelles vers un temps nouveau où les femmes - avant l'avènement du Printemps arabe - rêvaient déjà de liberté, de justice et de démocratie. Ces acquis fragiles, gagnés de haute lutte, sont aujourd'hui battus en brèche par des djihadistes qui instrumentalisent l'Islam à des fins politiques.

Bien avant que l'islamisme radical ne se révèle sous son expression terroriste, l'Arabie saoudite avait préparé le terrain en déployant, à coups de dizaines de milliards de dollars, son idéologie wahhabite, renforcée par les idéologues salafistes à la solde des pays du Golf, infectant ainsi la planète d'un cancer qui ne cesse de la ronger. C'est de cette matrice que naîtront une multitude de groupes extrémistes, y compris Al Quaïda et l'État islamique.

Une vingtaine d'organisations armées se réclamant de l'islam, sèment la terreur, aujourd'hui, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, mais sous l'écran radar, une nébuleuse de l'islamisme radical aux ramifications locales et internationales impressionnantes œuvre à faire avancer son agenda politique par l'endoctrinement et le recrutement des jeunes candidats au djihad.

Au-delà de leurs divergences stratégiques, ces organisations politiques sous couvert de religion ont un point en commun : la haine des femmes et des mécréants.

Et que faisons-nous face à ces dizaines de milliers de femmes réduites à l'esclavage aux mains de Daech et de Boko Haram, soumises aux sévices les plus atroces de l'humiliation, du viol, de la torture, de la lapidation et des exécutions sommaires?

À ce jour, la seule réponse audible de l'Occident, est son silence. À part les quelques sursauts d'indignation à la Michèle Obama, « le monde libre » ne semble pas concerné par cette tragédie et rares sont les leaders politiques et les groupes qui osent s'y engager. Même les féministes pour qui jadis la solidarité internationale était une valeur universelle détournent leur regard.

Pour avoir milité moi-même au sein d'organisations féministes au Québec, au Canada et dans le monde, je me demande si le féminisme existe encore aujourd'hui et si toutes les luttes qui ont été menées par des pionnières des droits de la personne ne sont que de l'histoire ancienne.

Peut-être est-ce la fatigue des militantes de ma génération ou le désintéressement de la génération montante qui croit que l'égalité de genre est un acquis définitif, peut-être aussi l'illusion que les violations des droits de la personne, commises ailleurs, n'ébranleront pas les piliers de notre démocratie ?

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