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19/08/2018 06:00 EDT | Actualisé 19/08/2018 06:00 EDT

La force mentale et les épreuves de la vie

À la base de la peur, il y a une angoisse. À la base de la force, il y a une pensée.

La force mentale, c’est l’apprentissage d’une vie.
Getty Images/iStockphoto
La force mentale, c’est l’apprentissage d’une vie.

La force mentale, c'est l'apprentissage d'une vie. Un apprentissage qui commence dès que vous êtes en mesure de donner un sens au monde qui vous entoure. Pas à pas, avec sérénité, développez-la. Vous en aurez besoin tant pour vos réussites que pour vos épreuves.

La force mentale est un outil de vie et une capacité psychique qui passent par le monde symbolique que nous portons en nous, par l'acceptation du temps et par la connaissance que toute chute donne une très grande opportunité de faire mieux. De grandir. De s'éveiller. De se connaitre. De bâtir.

Travaillez sur votre monde symbolique

Nous avons tous en nous un monde de représentations, de connexions, d'associations qui, depuis le début de notre vie d'âme, s'étoffe par nos expériences, notre mémoire et par leurs remaniements inconscients. Pour certains, la nuit peut être angoissante et pour d'autres, un temps de sérénité. Parler en groupe peut être une expérience agréable pour un sujet et un enfer pour un autre. La différence de sensation pour une même expérience dépend de notre monde symbolique. Du sens que nous donnons à ce qui nous arrive, jour après jour.

Le sens se donne à celui qui le recherche activement.

Or, le sens se donne à celui qui le recherche activement. Il ne s'imposera pas toujours à vous. Il y a un effort à fournir pour comprendre et dépasser un évènement et cela va passer par la réflexion et l'introspection. Cherchez le sens que cela peut avoir pour vous.

Il y a toujours un exercice de transformation possible à tout évènement douloureux. Freud disait au sujet de l'inconscient que nous ne sommes pas «maître dans notre propre maison», c'est vrai. Mais nous sommes le peintre et l'écrivain de cet espace intérieur que nous portons tous en nous.

Il y aura toujours une part d'incontrôlable dans le psychisme, mais il y a aussi une grande partie sur laquelle nous avons un impact. Nos mots, nos pensées, et notre vision du monde se façonnent à travers notre réflexion. Si vous marchez dans la nuit sans lever les yeux, vous ne verrez jamais les étoiles. Si du vent, vous ne ressentez que le froid et ne prêtez pas attention à son langage, jamais vous ne pourrez en ressentir autre chose que le froid.

Si les faits ne dépendent pas uniquement de vous, l'interprétation que vous donnez aux évènements passe par l'introspection.

Vous vivez dans un monde de faits et de leur interprétation. Si les faits ne dépendent pas uniquement de vous, l'interprétation que vous donnez aux évènements passe par l'introspection, la compréhension et la confiance en la force psychique que chaque être humain a en lui. L'Homme peut tout vivre s'il s'en donne les moyens psychiques.

Servez-vous du temps en ami

La force mentale passe par le fait d'accepter le temps. Persévérance et patience s'acquièrent dans l'acceptation que votre vie est tributaire du temps. Et que l'apprentissage, comme la construction, passe par le temps. Tout demande du temps, en premier lieu le temps de la construction ou de la reconstruction. L'équilibre de la vie passe par des cycles. Il y a le cycle des saisons et le cycle des émotions.

Qui sait attendre devient résistant.

L'un peut être vécu comme la métaphore de l'autre. L'homme a besoin de cycles pour avancer et grandir, tout comme la nature a besoin des saisons pour se développer. Qui sait attendre devient résistant. Qui est résistant se donne de la maîtrise face aux épreuves et tourments de la vie. Un tourment n'est rien d'autre qu'un infini potentiel de transformation.

«L'homme est partout confronté au destin, il a partout l'occasion de s'accomplir à travers sa souffrance», explique le psychiatre Victor Frankl. Idée poursuivie aussi par le penseur Rumi: «La blessure est l'endroit par laquelle la lumière rentre en vous». On s'accomplit en mouvement, on souffre dans le temps, et seul notre dernier souffle porte en lui les secrets de notre destin. Nous sommes des êtres temporels. Le temps est un outil d'espoir et de force mentale. Chaque minute, chaque seconde, chaque nuit mène à un recommencement. Une renaissance. Un espace où tout peut être différent.

Acceptez la chute comme la plus grande des opportunités

Comme l'exprime le boxeur Mohammed Ali: «Seul l'homme qui sait ce que c'est d'être vaincu peut atteindre le plus profond de son âme et revenir avec le supplément de force qu'il faut pour gagner». La chute, la sensation d'échec, les difficultés ont une utilité: celle de descendre en soi, de mieux se connaître, de comprendre ses propres fragilités et d'essayer de les transformer en force par cette compréhension.

Si l'on comprend où l'on s'est égaré, on peut choisir de ne plus reprendre ce chemin. Tout comme le psychisme qui répètera sans cesse les mêmes émotions négatives, et les mêmes erreurs de parcours tant qu'il ne comprendra pas quelque chose de lui. Quelque chose de sa profondeur et de ses traumas. Si vos histoires d'amour finissent toujours de la même manière, à savoir mal, il y a au moins deux hypothèses.

Vous choisissez sans cesse le même genre de partenaire. Ou, vous répétez sans cesse le même comportement. Dans les deux cas, pour stopper la chaîne de répétition, il vous faut plus de compréhension. Comprendre vos «comment», vous amènera à comprendre vos «pourquoi». De même, si dans votre vie certaines épreuves se répètent (la mort, les séparations, la maladie), vous avez deux choix. Celui de subir et de souffrir ou celui de souffrir et de donner sens à vos épreuves et du même coup, de les transformer... en force mentale et en sérénité intérieure.

Les chutes, les sensations d'échec, et les épreuves permettent et créent le changement tant intérieur qu'extérieur. Nous cherchons peu à changer lorsque tout va bien. À la source du changement, il y a toujours un peu de trauma. Toute chute est une chance. Celle du mouvement, de l'apprentissage, et de l'éveil. La force mentale s'y construit. Car plus on considère la chute comme un moyen, moins la peur et les angoisses viendront obstruer la vue. À la base de la peur, il y a une angoisse. À la base de la force, il y a une pensée.

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