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23/05/2017 11:11 EDT | Actualisé 23/05/2017 11:12 EDT

L'intolérance de Québec Solidaire

Québec Solidaire demeurera un parti inapte à représenter tous les Québécois pour encore un bon bout de temps.

Le 21 mai dernier, au congrès de Québec Solidaire, les membres de la formation politique, en plus d'élire Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé aux postes de porte-parole masculin et féminin, ont majoritairement voté contre une alliance électorale avec le Parti Québécois en 2018. Selon plusieurs sources, le débat entourant la proposition a plus ressemblé à un défouloir massif contre le parti de Jean-François Lisée qu'à une réelle réflexion sur le sujet. Cela ne prouve qu'une chose : Québec Solidaire demeurera un parti inapte à représenter tous les Québécois pour encore un bon bout de temps.

En effet, chez les solidaires, il y a une véritable phobie de devoir faire des concessions, des compromis, pour en arriver à un projet de société qui réussirait à sortir du centre de l'île de Montréal. Lors du débat tenu à l'Université Laval il y a quelques semaines entre les aspirants porte-parole, on parlait comme si la seule idée de négocier une entente avec le Parti Québécois, également souverainiste et progressiste, mettrait de l'eau dans le vin de QS et détruirait sa pureté idéologique si jalousement préservée. Ce régime de « crois ou meurs », qui relève de la plus pure intolérance idéologique envers tous ceux qui ne sont pas d'accord avec 100% du programme de QS, n'a pas sa place dans un parti qui ose se prétendre « inclusif. »

L'existence même du PQ est un compromis entre des gens de droite et de gauche, unis par leur amour du Québec, dans le but de réaliser l'indépendance.

De l'autre côté du spectre, le Parti Québécois, que ses détracteurs adorent présenter comme le « parti de la chicane », est tout le contraire de Québec Solidaire. L'existence même du PQ est un compromis entre des gens de droite et de gauche, unis par leur amour du Québec, dans le but de réaliser l'indépendance. Si cette prétendue « chicane » existe, c'est bien parce que le PQ est inclusif idéologiquement et réussit à se trouver des membres dans toutes les sphères de la société, des gens prêts à s'unir malgré certains différends pour fonder la République du Québec, qui n'ont pas peur de prendre position puisque la discussion est encouragée au PQ. Cette diversité d'opinions est inconditionnellement une richesse pour le parti qui forme l'opposition officielle, puisqu'elle encourage la réflexion et la discussion au sein du parti, ce qui n'a pas lieu dans un parti où règne la pensée unique.

Cette convergence dont on a tant parlé aurait constitué un pas de plus vers le pays que tant de Québécois ont voulu et veulent encore, mais QS en a décidé autrement au nom de sa propre pureté idéologique et, très paradoxalement, afin d'être « inclusif ». L'exclusion à grande échelle perpétrée par les membres se réclamant « solidaires » en dit long sur leur vision du Québec et de la société et tous les Québécois doivent en prendre acte. Il n'y a dorénavant qu'un seul parti souverainiste, progressiste, ouvert d'esprit et idéologiquement inclusif et, le premier octobre 2018, rappelons-nous en avant d'aller dans l'isoloir.

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