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28/09/2018 06:00 EDT | Actualisé 28/09/2018 14:58 EDT

Le PLQ, fossoyeur du Québec

L'histoire odieuse que vous avez écrite, avec mépris et sans le peuple, nous nous souviendrons, pour ne plus jamais vous céder le pouvoir.

THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes
Des donneurs de leçons, des parvenus, des gens aisés privilégiant les mieux nantis. «Le Parti libéral n'existe, c'est bien connu, que pour conquérir le pouvoir et donner l'occasion au plus grand nombre possible d'amis du régime de se remplir les poches et la panse jusqu'aux yeux», écrivait Louis Hamelin.

Ô ministres intègres! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison! Donc vous n'avez pas honte (...)

Victor Hugo, «Ruy Blas»

15 ans que ça dure. Qu'on se fait entuber, par devant, par-derrière. Encore, et toujours. La même clique. Celle qui plonge nos institutions, les mœurs sociales, les lois, notre quotidien et l'avenir de nos enfants dans des dédales mortifères.

Qui veille, d'un sourire gras et acéré, à notre impuissance

Destruction des services publics, complaisance avec les criminels politiques (par le blocage d'enquêtes notamment), coupure dans le tissu social à hauteur de plusieurs milliards, laisser-faire quant aux milliards perdu dans les paradis fiscaux, gaspillage de plusieurs dizaines de milliards annuellement en corruption (Commission Charbonneau) et en «BS Corpo» (le 1,3 milliard donné à Bombardier par exemple), hache dans les programmes sociaux et les groupes communautaires, privatisation des services publics, utilisation du bâillon pour des projets de loi déplorables (notamment le projet de loi 10 – sur la réforme des structures en santé), 4 024 027 000$ de compressions entre 2014-2016 seulement - imaginez en 15 ans! -, instrumentalisation de la question de l'immigration (à quand une vraie reconnaissance des diplômes et qualifications?), à genou devant les lobbys pétrolier-pharmaceutique-minier et des médecins (le budget du MSSS consacré à la rémunération des médecins aurait fait un bon de 90,9% en 8 ans), et on le répète, autosabotage quasi complet de nos acquis sociaux et des services à la population. [..]

C'est un festival d'étroitesses d'esprit célébrées en politiques nauséabondes.

Ça n'arrête pas. C'est un festival d'étroitesses d'esprit célébrées en politiques nauséabondes. De la corruption, des mesures contre la population, des dispositions anti-universalisme/accessibilité de même qu'augmentant les inégalités sociales.

Dans l'essai L'État succursale, Simon-Pierre Savard-Tremblay affirme que «L'action du gouvernement Couillard ne marque pas le début de l'entreprise d'élimination de la distinction québécoise, mais son accélération. Régions pauvres, conférences régionales des élus, représentations à l'étranger, Forums jeunesse, sociétés publiques: aucune part de l'État ou de l'économie sociale ne semble à l'abri du rouleau compresseur libéral.»

Et ils nous referont le coup de la dette comme excuse, comme épouvantail à leurs profondes conneries. Comme dirait Jean Ziegler: «Point n'est besoin de mitrailleuses, de napalm, de blindés pour asservir et soumettre les peuples. La dette, aujourd'hui, fait l'affaire». S'ils veulent jouer sur ce sur terrain-là, on rappelle que c'est le Parti libéral du Québec (PLQ), qui a endetté le Québec de 60 milliards en seulement neuf années au pouvoir.

Pour détourner une citation de Raymond Aron, on peut dire que les libéraux font l'histoire, mais que les libéraux ne savent pas quelle histoire ils font.

La preuve la plus éloquente est lorsque chez eux suinte gravement la déconnexion au réel. Par exemple, lorsqu'on demande à un député le prix d'un billet de bus... Ou alors que l'un d'eux pense qu'on peut dignement vivre avec un peu plus de 400$ par mois (Blais), ou encore un autre qui pense que 75$ par semaine pour une famille s'est suffisant (Couillard).

Des donneurs de leçons, des parvenus, des gens aisés privilégiant les mieux nantis. «Le Parti libéral n'existe, c'est bien connu, que pour conquérir le pouvoir et donner l'occasion au plus grand nombre possible d'amis du régime de se remplir les poches et la panse jusqu'aux yeux», écrivait Louis Hamelin. Peut-être que dans un élan suprême d'honnêteté, certains au PLQ pourraient convenir que le chapeau leur fait allégrement?

On est bien loin du social, du quotidien des citoyens et citoyennes. Très loin d'une démocratie délibérative. En effet, le PLQ, comble de la honte, n'a pas été foutu de faire une réforme démocratique porteuse en 15 ans!

Scrutin de type proportionnel, référendums d'initiative populaire, culture de coalition, limitation des mandats, etc. Des réformes qu'il évite sciemment de mettre en branle. Et ça serait le minimum (on est loin encore d'un tirage au sort des élus). Si le PLQ avait à cœur la démocratie, ce serait fait depuis belle lurette. Mais non, ça continue, les libéraux ne comprennent toujours rien à la démocratie: le PLQ bloquera la réforme du mode de scrutin.

Un mot sur Couillard

Oh, Philippe Couillard, quel gentil homme au regard tendre!

Rappelons que ce dernier, alors œuvrant en Arabie saoudite, a pu déposer 600 000$ dans l'îlot britannique de Jersey, soit un paradis fiscal de la Royauté britannique. Qu'il a été un ex-membre du comité de surveillance du SCRC et d'un conseil d'administration d'une filiale d'une minière d'or et de diamants à la Sierra Leone (pays pas corrompu du tout). Qu'il a été l'ami du fraudeur notoire Dr Arthur Porter.

Puis, Couillard, toujours, a négocié son passage au secteur privé alors qu'il était toujours ministre de la Santé (2008), signant deux décrets favorisant le secteur privé dans la santé et conclu un «protocole d'entente» avec Persistence Capital Partners (PCP) quelques semaines avant sa démission.

Rappelons surtout que Couillard passe un temps considérable à faire peur à la population québécoise pour mieux régner et qu'il participe activement, avec son parti, à encourager les principaux clivages qui heurtent présentement le Québec. Fin de la parenthèse sur Couillard.

Au PLQ, ils auront beau sortir des chiffres triés sur le volet, faire parler tel ou tel spécialiste, évoquer tel rapport commandé pour tenter de séduire les consciences de leur bonne foi et de leurs «résultats», ça fait longtemps qu'on subit leurs manières et qu'on sait de quel bois ils se chauffent.

Qu'on a compris que la société québécoise se portera bien mieux sans eux aux commandes. C'est que l'austérité et l'idéologie du PLQ actuel, si elles ont dûment épargné les banques, les multinationales et les amis du pouvoir, elles ont cependant gravement affecté le réseau de la santé et d'éducation, les familles et les enfants, les aînés, les personnes ayant un handicap, les centres pour femmes, les CPE, les organismes communautaires, notamment.

Tellement tanné

Tanné de ces bouffons qui nous gouvernent avec un mépris devenu historique. Qui ne servent le bien commun nulle part, sinon dans leurs songes de parvenus médiocres.

Gens du PLQ, pillez comme vous le faites, le grand déshonneur frappera tôt ou tard à votre porte. Vous plierez bientôt bagage, avec votre éthique de bandits. Et l'histoire odieuse que vous avez écrite, avec mépris et sans le peuple, nous nous souviendrons, pour ne plus jamais vous céder le pouvoir.

Ce texte a été coécrit avec Paco Lebel, auteur et scénariste.

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