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21/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 21/03/2018 09:00 EDT

20 bandes dessinées splendides

À lire!

comicsforserious.blogspot.com

Splendide : « Du latin splendidus (« brillant, éclatant, étincelant ») [...] 1- Qui a de la splendeur, de la magnificence. [...] 2- (Littéraire) Beau par sa lumière, son rayonnement. » (Wikipédia)

1- Asterios Polyp (2009)de David Mazzucchelli

Ovni littéraire ? Splendide roman graphique ? Qu'importe ce qu'Asterios Polyp incarne, cela tient du petit miracle. Une histoire convoquant questions existentielles, relationnelles, d'architecture, etc. Une invention formelle sans cesse renouvelée dans les idées, les cases, les traits, les couleurs, et notamment par l'utilisation de certaines couleurs pour l'identification de personnages ou d'humeurs. L'histoire? On suit Asterios, un universitaire hautain fasciné par le concept de dualité. Sa vie est bouleversée après l'incendie de son appartement. Le récit s'articule autour de la relation entre Asterios et sa femme Hana.

2-Sharaz (2000) de Sergio Toppi

Le bédéiste Toppi revisite les contes des Mille et une Nuits de manière prodigieuse, notamment par son dessin si particulier, celui-ci fourmillant de milles et unes subtilités visuelles. Pour qui n'a jamais tâté du Toppi, c'est la claque graphique auquel on ne s'attend pas. Ça fesse. Visuellement, cette perfection du détail, cette hybridation de formes multiples, personnages et lieux; c'est un festival en noir et blanc pour l'œil. Par les histoires à la fois dépaysantes et universelles de Sharaz, on se laisse délicieusement bercer dans le cœur de la nuit.


3- Là où vont nos pères (2006) de Shaun Tan

Une BD muette de toute beauté, à l'humanisme poignant. L'histoire est celle d'une personne immigrante cherchant du travail à l'étranger. C'est l'occasion d'un voyage onirique (les teintes sépia aidantes) faisant place à une imagerie surréaliste.


​​​4- Daytripper (2010) de Gabriel Bà et Fábio Moon

Daytripper, c'est l'histoire d'un homme et des possibilités « en suspens » de l'existence. Ça évoque la beauté de la vie, mais aussi sa fatalité ; l'insoutenable légèreté de l'être en quelque sorte. Découpé en plusieurs chapitres comment autant de « moments de vie ».

5- Kingdom Come (1996) de Alex Ross et Mark Waid

S'il n'y avait qu'une aventure de Superman à lire, ce serait celle-là. Par la maturité du propos, le dessin d'Alex Ross (ces couleurs qui vous pètent à la gueule, ce photo-réalisme), ce mélange d'épique, de sensible, de réflexion sur la figure du super héro, sur la violence, l'humanité. Flamboyant, d'un élan shakespearien, doté de références bibliques et mettant en scène un Superman un brin désespéré ; vraiment pas qu'un petit comics comme les autres.

6- Pinocchio (2008) de Vincent Paronnaud ''Winshluss''

Revisiter le mythe de Pinocchio avec un humour bien noir et trash, voilà ce que fait brillamment cette BD presque sans paroles/bulles.


7- Habibi (2011) de Craig Thompson

Mise en page saisissante, contrastes éclatants du noir et blanc, calligraphie arabe, thématiques prenantes (foi/religion, nature, inégalités des sexes et sociales, traumatisme), références aux textes sacrés ; le pavé de quelque 600 pages de Craig Thompson est un conte moderne incontournable, à la croisée des traditions orientales et de l'occident.

8- L'Éternaute (1969) de Alberto Breccia et Hector German Oesterheld

Une atmosphère de fin du monde, un huis clos où la neige se fait menaçante... L'Éternaute révèle peu à peu son histoire pour ne plus lâcher votre intérêt. Un dessin singulier (à l'esthétique assez psychédélique) qui étonne et ravi l'œil, un rythme efficace, des thématiques bien campées, Oui, voici bien un joyau de la bande dessinée argentine.

9- Blast (2009) de Manu Larcenet

Un noir et blanc poisseux et sublime, venant parfois fortement contraster à la rencontre de dessins d'enfants... Dans le cadre d'un interrogatoire d'enquête policière, c'est une valse dans le pli de la nuit à laquelle nous sommes conviés. Nous sommes face à l'humanité dans ses derniers retranchements, dans sa complexité torturée. Sombre chef-d'œuvre.

10- Watchmen (1986) de Alan Moore et Dave Gibbons

Alan Moore (From Hell, Swamp Thing, V for Vendetta), ce grand scénariste de la BD (oui, oui, ça existe), accouche d'une bête grandiose qui revisite le mythe du super héro. Le dessin superbe de Gibbons n'est pas en reste.

11- Essex County (2010) de Jeff Lemire

L'écriture et la sincérité de ces histoires familiales/sociales en sols canadiens sont en tout point désarmantes. Cela passe notamment par un noir et blanc soigné, un minimalisme bouleversant (dessin simple, non-dits, ellipses) et des thématiques touchantes/puissantes (filiation, le poids de la mémoire).

12- Little Nemo in Slumberland (1905) de Winsor McCay et Alexander Braun

Un classique qui ne veut tout simplement pas vieillir. Que d'imagination, que d'esthétisme, qui emporte dans un tourbillon de couleurs et de trouvailles visuelles. « Winsor McCay nous emmène au pays des rêves. De planche en planche, il découvre de nouvelles mises en page toujours plus imaginatives pour permettre à Nemo d'explorer Slumberland et son décor Art nouveau. », d'évoquer l'auteur du blogue Par la bande.


13- Pluto (2004) de Naoki Urasawa

Un polar futuriste en forme de réflexion sur le rapport entre l'homme et la machine. Le matériel de base (un chapitre d'Astro boy) se voit enrichi par le style graphique et thématique d'Urasawa, ce qui confère notamment une épaisseur supplémentaire en termes d'enjeux psychologiques et politiques. Qu'est-ce qui définit l'humain ? Une intelligence artificielle parfaite c'est quoi ? Que se passe-t-il lorsque les robots se mettent à dessiner des fleurs ?

14- Big City (1986) de Will Eisner

Déjà responsable de l'incontournable Spirit, Will Eisner - ce géant de la bande dessinée livre avec Big City «une mosaïque du quartier juif new-yorkais dont chaque pièce est constituée d'un petit morceau de vie souvent comique, parfois tragique. Un témoignage saisissant sur l'histoire d'un peuple, d'une ville et d'un pays : l'Amérique.», pour reprendre le descriptif de Renaud-Bray.

15- The Dark Knight Returns (1986) de Frank Miller et Klaus Janson

Un Batman vieillissant en vient à reprendre du service dans le cadre d'une aventure sombre, quasi existentielle. Notons en cours de route un affrontement déchirant avec Superman. Il s'agit d'un titre mystique de chez DC ; une réinvention presque définitive du mythe de Batman.


16- Attends (2000) de Jason

C'est l'histoire de Jon et Bjorn qui vivent une paisible enfance. Ils s'amusent, veulent créer un fan-club de Batman. Et puis le drame s'invite, simplement, comme ça, et le quotidien, la banalité du quotidien, de ne plus jamais être la même. Avec Jason, auteur et dessinateur norvégien, c'est l'assurance d'une sensibilité particulière, de tragico-comique, d'anthropomorphisme touchant, d'un sens de l'épure et de l'absurde. Attends tire sa force par son découpage, son dépouillement, sa façon de raconter, le temps qui passe, les regrets, la vie qui fait son lit, puis s'en va. Attends ou la claque émotionnelle qui ne s'oublie pas de sitôt.

17- Le Paradis perdu de John Milton (2015) de Pablo Auladell

L'oeuvre de John Milton (traduit par Chateaubriand!) se voit ici adaptée en bande dessinée, et le résultat est somptueux. «Chacune des vignettes [...] de l'album est de véritables peintures : paysages brouillés ou charbonnés, visages aux regards ultra-expressifs, jeux de contraste et utilisation parcimonieuse des couleurs donnent une rare puissance à ces planches.», de souligner le blogue de lecture d'Alcapone.

18-Terrains vagues (1996) de Edmond Baudoin

Une BD introspective, faite de sensations et éprise d'une tendresse émouvante. Baudoin cherche du sens, le beau, dans les regards, dans le ciel. «Il aborde des thèmes récurrents dans ses œuvres qui sont l'amour, le dessin, la vie et les relations humaines. Il passe son temps à se questionner, à chercher une réponse à la vie et à l'amour. La narration reste simple mais elle est inéluctablement belle et pleine de poésie. Baudoin est un grand amoureux. Il aime la vie, il aime la liberté [...] Quand on se plonge dans une de ses BD, on a vraiment l'impression d'errer au fil de ses réflexions.», d'écrire un lecteur. L'art de Beaudoin est précieux ; symbiose parfaite entre écriture, peinture et dessin.

19- Bouddha (1972) de Osamu Tezuka

Sous son apparence de simple biographie de Bouddha, on a affaire à une oeuvre majeure de Tezuka (Black Jack, Phénix). La Vie de Bouddha parle de condition humaine, de lien entre les animaux et l'Homme, de spiritualité, notamment, et ces thématiques sont approfondies et traitées avec grande intelligence. Soutenu par un style unique et un souffle enlevant (sur quelque 3000 pages, il faut le faire!), Tezuka n'a pas son pareil pour livrer une riche galerie de personnages et narrer une histoire de main de maître.

20- Peplum (1998) de Blutch

Fluidité du trait, dynamisme des mouvements ; Peplum est d'une redoutable expressivité. «Péplum démontre brillamment que le souci de l'innovation formelle n'est pas l'apanage de récits intimistes et bavards. Quant à Blutch, que dire, si ce n'est que sous ses faux airs d'étudiants chercheurs en beaux-arts il est un petit miracle tombé providentiellement sur la bande dessinée.», d'écrire Chronicart.

Mentions :

Conte démoniaque (2002); Cages (1990); Alpha (2010); Acme Novelty Library (1993); Akira (1982) ; La Trilogie Nikopol (1980); David Boring (2000); Nausicaä de la vallée du vent (1982); Julius Corentin Acquefacques (1991); Ici (2015); Les 6 voyages de Lone Sloane (1972); Calvin et Hobbes (1985); Dans mes yeux (2009); Château de sable (2010); La légende des Jean-Guy (2015); Ping pong (1996); Arzach (1976); Idées noires (2001); Tintin (1929); The Sandman (1989); Les Deux du Balcon (1985); 73304-23-4153-6-96-8 (2008); Thorgal (1980);Rubrique-à-Brac (1968); Vil et misérable (2003); Vertigo (1937).

Dans la série Splendide : 20 séries télé, 20 jeux vidéo, 20 chaînes YouTube