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03/01/2019 10:14 EST | Actualisé 03/01/2019 10:14 EST

2019 pourrait être l’année du Bloc québécois

À l'heure où les Canadiens font bloc, les Québécois ont tout intérêt à en faire autant pour que leurs intérêts fondamentaux soient défendus.

CP/Frank Gunn
Andrew Scheer et Justin Trudeau, qui souhaitent obtenir un mandat d'un océan à l'autre, orientent leur offre politique vers le Canada anglais, dont les intérêts et positions divergent fondamentalement de ceux des Québécois.

Si 2018 a fort mal commencé pour le Bloc québécois, avec une crise sans commune mesure ayant mené à la démission de sa cheffe, l'année s'est terminée dans une tout autre ambiance grâce à l'amorce du processus de refondation et à la candidature à la chefferie d'Yves-François Blanchet.

Au fur et à mesure que l'élection fédérale d'automne 2019 approche, surtout depuis l'élection de François Legault en octobre dernier, on constate une fois de plus qu'Andrew Scheer et Justin Trudeau, qui souhaitent obtenir un mandat d'un océan à l'autre, orientent leur offre politique vers le Canada anglais, dont les intérêts et positions divergent fondamentalement de ceux des Québécois.

Avec le retour du nationalisme québécois qui s'opère depuis l'arrivée de la CAQ aux commandes, les planètes s'alignent pour que le Québec voie que ses intérêts seront mieux servis avec l'indépendance et appuie donc le Bloc québécois.

L'unité (pétrolière) canadienne

Cette fracture fondamentale entre le Québec et le Canada est tangible et irrécupérable lorsqu'il est question des sables bitumineux de l'Ouest canadien, une forme très polluante de pétrole qui constitue néanmoins le socle de l'économie du Canada anglais, ce qui explique l'attachement maladif qu'ont les deux principaux chefs à son égard.

En effet, l'écologiste à cinq sous Justin Trudeau a racheté cette année l'oléoduc Trans Mountain pour la modique somme de 4,5 milliards de dollars, dont 900 millions venaient des poches des Québécois. De son côté, Andrew Scheer n'a pas chômé, promettant à la fois de relancer le projet d'oléoduc Énergie Est et la fin de la bourse de carbone pas encore mise en place par le gouvernement Trudeau (le Québec a la sienne depuis 2011).

C'est tout dire à quel point l'industrie pétrolière, nocive pour l'économie et l'environnement du Québec, est une pierre d'assise du Canada du XXIe siècle, Justin Trudeau l'a d'ailleurs confirmé en accusant François Legault de menacer «l'unité canadienne» en dénonçant «l'énergie sale» de l'Alberta.

Deux solitudes identitaires

Conséquence directe des résultats du 1er octobre dernier au Québec, les chefs fédéraux se retrouveront en territoire glissant pour ce qui est de l'identité, une priorité du gouvernement Legault, qui travaille à une loi sur la laïcité de même qu'à une baisse de 20% des seuils d'immigration, ce qui est loin de faire consensus au Canada anglais.

Sans surprise, Justin Trudeau est dogmatiquement contre, car sa politique multiculturaliste radicale, fondée exclusivement sur la Charte canadienne des droits et libertés de Pierre Trudeau et niant le concept de nation, tranche avec le consensus québécois de manière éclatante et sans retour.

Dans l'opposition, Andrew Scheer n'ose pas déroger de la ligne Trudeau sur le multiculturalisme de peur de perdre des électeurs du Canada anglais, Maxime Bernier en a d'ailleurs payé le prix avant de fonder son Parti populaire.

Pierre Elliott Trudeau a laissé une empreinte si durable sur le Canada qu'en 2018, le seul chef de parti pancanadien qui ne vante pas systématiquement l'immigration massive et le multiculturalisme postnational est un Beauceron se situant à 4% dans les sondages, qui menace du même souffle d'imposer Énergie Est aux Québécois qu'ils en veuillent ou non.

Deux solitudes, c'est le moins qu'on puisse dire.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Avec l'affaissement du Nouveau parti démocratique sous Jagmeet Singh, à un tel point qu'il rivalise avec les Verts d'Elizabeth May pour la distante troisième place et la cabale solitaire de Maxime Bernier, qui stagne à 4% des appuis, l'offre politique au Canada est plus centralisée que jamais entre deux chefs qui partagent des consensus importants qui servent le Canada au détriment du Québec.

En étant tous deux à la botte de l'industrie pétrolière et fermement multiculturalistes, Scheer et Trudeau se pilent sur les pieds pour l'électorat centriste canadien, cherchant à faire les concessions les moins compromettantes possible aux Québécois pour ne pas s'attirer le courroux des Canadiens. Andrew Scheer lui-même le disait dans le Toronto Sun: son Parti conservateur est devenu un «parti pragmatique centriste», qui est d'accord sur l'essentiel avec les libéraux et qui offre trois fois rien au Québec pour ne pas se compromettre au Canada.

À l'heure où les Canadiens font bloc, les Québécois ont tout intérêt à en faire autant pour que leurs intérêts fondamentaux soient défendus. Ce constat deviendra de plus en plus évident avec le temps et seuls le Bloc québécois et l'indépendance peuvent y faire une différence significative, en faisant sortir le Québec du dédale sans issue qu'est pour eux la fédération canadienne.

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