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25/01/2017 10:23 EST | Actualisé 25/01/2017 10:23 EST

Notre société a créé la stigmatisation de la santé mentale, c'est à nous tous de l'éliminer

Comme chaque année, je prévoyais cette semaine de parler de la campagne Bell Cause pour la cause sur les médias sociaux, mais je n'avais pas prévu de consacrer un blogue à ce sujet. Ça a changé le 23 janvier, quand j'ai appris qu'un bon ami s'était enlevé la vie la veille.

Comme de nombreux Canadiens, j'ai suivi la promotion de la campagne Bell Cause pour la cause jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit d'une campagne de service public innovatrice qui permet d'avoir une véritable discussion sur la santé mentale. Comme chaque année, je prévoyais de parler de la campagne sur les médias sociaux cette semaine, mais je n'avais pas prévu de consacrer un blogue à ce sujet.

Ça a changé le 23 janvier, quand j'ai appris qu'un bon ami s'était enlevé la vie la veille.

La nouvelle de son suicide a rapidement fait le tour de notre groupe d'amis, avec un immense sentiment de tristesse et de confusion. Péniblement, nous nous sommes demandé ce que nous n'avions pas vu et si nous aurions pu faire quelque chose pour notre ami. Il est difficile ne pas réagir ainsi quand on perd un être cher de cette façon, mais nous devons nous rappeler que nous étions là pour lui.

Ce qui est clair, c'est que notre ami souffrait et qu'il a gardé ça pour lui. Sa décision est extrêmement tragique parce qu'il n'a pas senti qu'il pouvait parler à quelqu'un de sa santé mentale. L'incapacité de parler de la dépression et d'autres formes de maladies ou de blessures mentales vient de la stigmatisation qui y est associée. Cette stigmatisation, ou cet inconfort, ont augmenté au fil des siècles et ont fait partie de notre culture jusqu'à la dernière décennie environ.

Des termes comme fou et malade mental étaient utilisés dans le domaine médical et n'avaient pas la connotation dénigrante que nous leur donnons aujourd'hui. Quand j'étais jeune, nous appelions l'hôpital psychiatrique de la région « la maison de fous ». Sur cette toile de fond de la société moderne, devrions-nous être surpris que certaines personnes hésitent toujours à chercher de l'aide pour un problème de santé mentale ? Comme notre société a créé la stigmatisation liée à la santé mentale, c'est à nous tous de l'éliminer.

Comme toute autre partie de notre corps, l'esprit peut être résilient et fort, mais il peut aussi être affecté par des événements, blessé par un traumatisme ou frappé par la maladie. Alors que l'on tient pour acquis que les maladies physiques sont traitées par une visite chez le médecin et, peut-être, un séjour à l'hôpital, les gens ont été conditionnés d'éviter de tels traitements pour les problèmes de santé mentale. En conséquence, ils sont isolés et effrayés ou gênés de demander l'aide dont ils ont besoin.

Nous devons nous assurer qu'il n'y a aucun problème à demander de l'aide. Nous devons faire en sorte que la discussion sur le traitement de la santé mentale et le bien-être est normale, en particulier au travail, dans les écoles et dans les groupes sociaux. Nous devons insister sur l'importance du bien-être mental et rappeler à nos amis et à nos familles qu'un traitement approprié pour une blessure ou un trouble mental peut mener à la guérison, comme tout autre problème de santé.

Heureusement, nous comprenons mieux aujourd'hui les troubles de santé mentale et savons que ces blessures peuvent être traitées, mais il est difficile d'éradiquer la stigmatisation qui a existé pendant des siècles.

La stigmatisation est la plus grave dans les forces armées et la communauté des premiers intervenants. La réduction de la stigmatisation des blessures mentales comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un défi particulier, car cette sous-culture est enracinée dans l'image de la « ténacité ». Alors que les blessures physiques subies en service étaient considérées comme un résultat honorable du risque de servir la communauté ou le pays, les blessures mentales étaient étrangement considérées comme un choix.

Aussi récemment qu'il y a quelques décennies, les militaires estimaient que les personnes touchées par une blessure mentale manquaient de « force morale ». Les troubles de santé mentale étaient souvent vus comme un défaut, et non pas comme les blessures qu'elles étaient vraiment. Heureusement, nous comprenons mieux aujourd'hui les troubles de santé mentale et savons que ces blessures peuvent être traitées, mais il est difficile d'éradiquer la stigmatisation qui a existé pendant des siècles. Comme l'a rappelé le porte-parole de la campagne de Bell, Michael Landsberg, à un rassemblement de défenseurs des militaires et des vétérans sur la Colline du Parlement l'année dernière, la maladie mentale veut dire que vous êtes malade, pas faible.

Le suicide déchire les familles et les amis de la personne qui prend cette décision fatidique et isolée. Une partie de la profonde tragédie qu'est le suicide est le fait que la famille et les amis dévastés auraient pu aider la personne à chercher un traitement ou une voie pour sortir du désespoir. En tant que société, nous devons continuer à parler de la nécessité de chercher de l'aide pour les troubles de santé mentale. Nous devons insister sur le fait que demander des soins n'est pas seulement nécessaire, mais attendu. Nous devons tendre la main pour aider à sortir nos êtres chers de la noirceur de la dépression et leur rappeler que nous sommes avec eux sur la voie vers le bien-être. Parler peut être difficile, mais ça peut sauver des vies.

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