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04/11/2016 10:58 EDT | Actualisé 04/11/2016 10:58 EDT

Il faut savoir s'opposer avec compétence

J'ai appris ces jours derniers que «j'encaisse les pétrodollars de l'Alberta pour vendre aux Québécois un pipeline qu'ils ne veulent pas». C'est mensonger, démagogique, à la limite odieux.

J'ai appris ces jours derniers que «j'encaisse les pétrodollars de l'Alberta pour vendre aux Québécois un pipeline qu'ils ne veulent pas ». Jugement sans appel s'il en est un - le problème étant que ce n'est pas vrai. C'est mensonger, démagogique, à la limite odieux.

Si je résiste à la tentation de répliquer par une lettre d'avocat, c'est pour mieux discuter des errements que je perçois quelquefois à gauche et qui ne servent personne dans ce débat important.

Il est clair que nous sommes dans une période dite de transition énergétique. Cela signifie deux choses. La première, c'est que l'ère des hydrocarbures tire à sa fin, et que nous devons les remplacer par de nouvelles sources d'énergie plus propres. La deuxième, qui est son corollaire, est que les projets devront être regardés un à un, en tenant compte du besoin de maintenir la croissance et de protéger l'environnement et la population.

Les environnementalistes, dont le rôle a été essentiel ces dernières années, doivent saisir l'occasion pour se replacer au centre et adopter un ton plus constructif. Cela ne signifie aucunement d'approuver le projet - on parle ici d'une contribution au débat. Pour beaucoup d'entre eux comme l'auteur malheureux du texte ou encore ceux qui ont bousillé le processus de l'ONÉ, la chose semble malheureusement impossible. Se cantonner à gauche de la gauche leur apparaît la meilleure option. Avec les résultats que l'on voit : critique de l'establishment (libéral, bien sûr), critique du pouvoir de l'argent et déformation des faits. La démagogie verte existe donc aussi.

Sur les faits énoncés maintenant.

Il est faux et diffamatoire d'affirmer que quelconque s'enrichit avec ce débat. Il est faux d'affirmer que nous le faisons à titre d'anciens libéraux - je le fais parce que je préside les Manufacturiers et exportateurs du Québec. Il est faux de dire que par le fait même les libéraux sont derrière Énergie Est - si vous suivez les journaux vous verrez qu'ils sont plutôt contre. Il est faux de dire que nous sommes frères d'armes donc.

Il est faux de dire que les Québécois sont majoritairement contre - le dernier sondage Angus Reid montre un appui de 48 % dans la population et ce, après deux années de surexposition médiatique pour les opposants.

Il est faux de dire que le devoir d'un homme d'État est de s'opposer dès maintenant - ceux que j'ai connus prennent le temps de peser le pour et le contre.

Les risques réels associés au projet sont minimes comparés aux risques perçus. Et les avantages économiques sont nombreux malgré le nombre peu important d'emplois permanents créés au Québec : obtention du prix mondial pour notre ressource et donc revenus gouvernementaux imposants, plus d'une centaine de contrats manufacturiers à octroyer, 100 millions de dollars en contrats déjà au Québec pour la phase préparation, renforcement de l'industrie pétrochimique et de l'industrie du raffinage à Montréal, renforcement de l'économie canadienne qui profite au Québec, 2 milliards de dollars en revenus fiscaux pour le Québec et 11 milliards pour le fédéral, et enfin 4 0000 emplois temporaires pendant la phase construction.

Voilà où l'économiste en vous aurait dû commencer.

Au plaisir d'en débattre.

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