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31/10/2018 13:03 EDT | Actualisé 31/10/2018 13:12 EDT

La légalisation de la prostitution améliore-t-elle la qualité de vie des travailleuses du sexe?

Optons pour le réel bien-être de ces femmes qui souhaitent s'en sortir plutôt que d'entretenir un système qui les exploite davantage.

À la lumière de ces informations, il paraît légitime de croire que la légalisation de la prostitution ne favorise pas le bien-être des femmes qui offrent ces services pour en vivre. Bien au contraire, elle favorise l'exploitation des personnes les plus vulnérables.
MATJAZ SLANIC via Getty Images
À la lumière de ces informations, il paraît légitime de croire que la légalisation de la prostitution ne favorise pas le bien-être des femmes qui offrent ces services pour en vivre. Bien au contraire, elle favorise l'exploitation des personnes les plus vulnérables.

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) affirmait récemment qu'il fallait aider les femmes qui voulait vivre de la prostitution. Est-ce que cette approche améliorera vraiment la qualité de vie de ces femmes?

Même si à l'origine, il pouvait s'agir d'un choix personnel, les conséquences sont désastreuses pour plusieurs.

La légalisation de la prostitution est basée sur le principe que ce métier est un «mal nécessaire», et non, comme on pourrait le souhaiter, sur l'aide à apporter aux filles de joie pour qu'elles obtiennent une meilleure qualité de vie. Bien que plusieurs femmes affirment avoir fait un choix conscient, offrir son corps contre rémunération est souvent considéré comme étant une avenue de dernier recours.

Rose Dufour, une anthropologue fondatrice d'une maison qui a pour mission de venir en aide aux victimes de la prostitution, le souligne bien en disant que: «[...] dans tous les cas, il n'y a jamais d'histoire heureuse qui mène à la prostitution.»

Dans les faits, la Gazette des femmes indique que les femmes qui ont quitté l'industrie du sexe sont atteintes du syndrome du choc post-traumatique. Sarah R. Champagneexprime avec beaucoup de compassion que leur tête et leur corps sont loin d'être en bon état. Même si à l'origine, il pouvait s'agir d'un choix personnel, les conséquences sont désastreuses pour plusieurs.

Les raisons de ce choix

De son côté, le Conseil du statut de la femme a déterminé quatre raisons qui amènent une femme à ce type d'activité et aucune ne concerne une qualité de vie durable. Selon le Conseil, les femmes se prostituent d'abord et avant tout en raison de l'existence d'une demande pour des services sexuels.

Ensuite, la dimension économique est non négligeable. Des personnes, des groupes ou même des États tirent un important de ce commerce, sans scrupules face aux conditions de pauvreté que connaissent ces femmes ni, enfin, au regard des abus sexuels dont de très nombreuses d'entre elles sont ou ont été les victimes.

En effet, le taux de femmes qui ont été victimes d'abus sexuels et qui se prostituent est plus élevé que celui des prostituées qui n'ont pas été victimes d'agression ou d'abus sexuel. Par ailleurs, plusieurs des filles qui sont entrées dans l'industrie du sexe ont une piètre image d'elles-mêmes ou ont commis des tentatives de suicide.

Un choix par défaut

Quoi qu'il en soit, aucune fillette ni adolescente ne rêve depuis sa tendre enfance de devenir une prostituée. Pourtant, l'âge d'entrée dans ce milieu est évalué à environ 14 et 15 ans.

La prostitution est loin d'être un «métier» de rêve, puisque neuf prostituées sur 10 quitteraient immédiatement cette industrie si elles le pouvaient. Ce n'est pas l'attrait pour le sexe qui pousse les femmes à vendre leur corps, c'est en majorité pour lutter contre la pauvreté.

Le mythe de la légalisation

Pour protéger les filles des proxénètes et des réseaux d'exploitation, certains pays ont opté pour la légalisation ou la décriminalisation de la prostitution. Or, il s'avère que c'est dans les pays où cette pratique est permise que le trafic humain est le plus élevé. En Autriche, au Bangladesh et en Équateur, où la prostitution est légale, on retrouve une quantité considérable de trafic de mineurs, de prostitution forcée et de contrebande de filles infiltrées dans le marché du sexe.

La légalisation de la prostitution ne favorise pas le bien-être des femmes qui offrent ces services pour en vivre. Bien au contraire, elle favorise l'exploitation des personnes les plus vulnérables.

Le problème avec la légalisation de la prostitution, c'est la banalisation. Parce qu'elle est légale, la prostitution est légitimée et promue. Cette légalité inciterait plus d'hommes à consommer du sexe tarifé. Aux Pays-Bas, où la prostitution est légale et réglementée, deux tiers des hommes ont eu recours dans leur vie aux services sexuels d'une fille de joie.

En Europe, environ 75% du trafic d'êtres humains sert à répondre à la demande de prostitution. En Allemagne, où la prostitution est légale depuis 2002, entre 65% et 70% des femmes qui offrent des services sexuels sont des immigrantes. Le Centre international de développement de politiques de migration mentionne qu'aux Pays-Bas, huit prostituées sur 10 proviennent de la contrebande et offrent leur service illégalement. Ce qui est inquiétant, selon l'ONU, est qu'une personne sur trois qui est victime de traite est un enfant.

La clandestinité

À plusieurs endroits dans le monde, les femmes refusent d'offrir leurs services selon les règles établies par l'État, selon lesquelles elles doivent s'enregistrer et obtenir un permis qui les expose à une reconnaissance publique. Elles préfèrent donc exercer leurs services dans l'illégalité pour son anonymat. Par ailleurs, plusieurs maisons de prostitution légales veulent que les filles en service soient sobres. Or, la majorité des prostituées souffrent de dépendances diverses, ce qui les amène tôt ou tard à exercer dans la rue.

À la lumière de ces informations, il paraît légitime de croire que la légalisation de la prostitution ne favorise pas le bien-être des femmes qui offrent ces services pour en vivre. Bien au contraire, elle favorise l'exploitation des personnes les plus vulnérables. Pour contribuer au bien-être des femmes qui sont contraintes, pour diverses raisons, d'offrir leur corps contre de l'argent, nous devrions offrir des alternatives à la culture pornographique qui influence la consommation de ce genre de services à la carte. Ainsi, en réduisant la demande, on diminuerait le nombre de victimes.

Optons pour le réel bien-être de ces femmes qui souhaitent s'en sortir plutôt que d'entretenir un système qui les exploite davantage.

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