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Non, madame Payette, la violence n'est pas exclusivement masculine

Qu'en est-il des femmes, madame Payette? Devraient-elles admettre qu'elles sont aussi violentes et assumer la responsabilité générale pour une minorité d'entres elles?

Réponse à Lise Payette pour son texte La violence des hommes est-elle sans limite? (Le Devoir, 14 août 2015.)

Chère madame Payette,

Il y a quelques jours, une femme du Vermont nommée Jody Herring a tué trois membres de sa propre famille en plus d'une travailleuse sociale. Trouvée sur les lieux, riant à gorge déployée, elle réagissait à une décision lui retirant la garde de sa fille.

Les gens aiment croire que la violence est presque exclusivement masculine, mais il n'en est rien. Les études ont souvent pour but de comprendre la situation des femmes, pas celle des hommes. C'est pourquoi les résultats concernant en majorité les hommes sont souvent omis dans les résumés, augmentant artificiellement la proportion des femmes en tant que victimes. La seule façon d'avoir un portrait objectif de la situation, est d'examiner les données brutes, soit le nombre de victimes.

Regardons Statistique Canada. Vous pouvez vous contenter de trouver des résumés qui valident vos croyances, ou consulter le nombre de victimes ici.

• 393 000 hommes (4,4%) ont déclarés êtres victimes de violence conjugale dans leur relation actuelle, contre 267 000 pour les femmes (3,2%).

• 195 000 hommes (14,2%) ont déclarés êtres victimes de violence conjugale dans une relation antérieure, contre 339 000 pour les femmes (20,1%).

(Source: Statistique Canada : Enquête sociale générale de 2004 à 2009.)

Les résumés statistiques incluent les agressions sexuelles, passages à tabac, étranglements, menaces armées, poussées, empoignades et gifles. Ce sont les attaques qui visent en majorité les femmes.

Mais qu'en est-il des autres attaques? Les coups de pieds, morsures, coups, coups avec un objet, menaces de passer à l'action, lancement d'objets... ce sont les attaques qui touchent le plus les hommes. Lorsque vous incluez ces données, vous avez un meilleur tableau de la situation, consultable ici.

Les données gouvernementales en Occident démontrent qu'en moyenne, 40% des victimes de violence conjugales sont des hommes. Le NISVS et son étude Intimate Partner Violence in the United States 2010 démontrent les résultats suivants:

• Men made up about 40% of domestic violence victims each year between 2004-05 and 2008-09, the last year for which figures are available. In 2006-07 men made up 43.4% of all those who had suffered partner abuse in the previous year, which rose to 45.5% in 2007-08 but fell to 37.7% in 2008-09.

• Some 7% of women and 5% of men were estimated to have experienced domestic abuse in the 2011/12, equivalent to an estimated 1.2 million female and 800,000 male victims.

• In 2012/13, 7% of women and 4% of men were estimated to have experienced domestic abuse, equivalent to around 1.2 million female and 700,000 male victims.

En Angleterre, l'Office for National Statistics arrive à des résultats similaires, consultables ici.

There were 7.1% of women and 4.4% of men who reported having experienced any type of domestic abuse in the last year, equivalent to an estimated 1.2 million female victims of domestic abuse and 700,000 male victims.

Pour terminer, madame Payette, sachez qu'il existe une bibliographie gigantesque démontrant que les femmes sont aussi violentes ou agressives que les hommes. Plusieurs de ces études ont étés faites par des féministes renommées, chassées du mouvement pour avoir contredit la pensée générale (286 enquêtes savantes, 221 enquêtes empiriques et 65 analyses regroupées; la taille de l'échantillon global dans les études dépasse les 371 600 personnes.)

Vous croyez que les hommes en général devraient porter la responsabilité d'une situation pour une minorité d'entres eux. Qu'en est-il des femmes, madame Payette? Devraient-elles admettre qu'elles sont aussi violentes et assumer la responsabilité générale pour une minorité d'entres elles?

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