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20/01/2014 01:18 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Le multiculturalisme en vacances!

«Prier à quatre pattes à terre sur un tapis, c'est quoi cette affaire-là?» C'est la vidéo du moment. À l'Assemblée nationale, la famille Pineault-Caron y fait part de ses impressions lors d'un voyage au Maroc.


On aime, on n'aime pas! Les multiculturalistes se moquent.

Mais, que peut-on reprocher à cette famille qui a réagi selon la plus stricte doxa du multiculturalisme: «Chez les autres, fais comme chez toi!»

Pourquoi les critiquer? On entend bien des immigrants dire ici constamment: «Chez nous, chez nous, au bled», les Pineault-Caron là-bas ont dit: «Chez nous, chez nous». Ils ont réagi là-bas comme chez eux. Où est le problème? C'est la plus stricte logique du multiculturalisme lorsqu'elle voyage. En ce sens, les Pineault-Caron ont fait involontairement du multiculturalisme exacerbé.

Il serait temps pour les multiculturalistes de le comprendre au lieu de les moquer.

Voyage en Europe

Ont-ils été en Europe nos multiculturalistes ces dernières années? Je ne leur recommande pas d'y aller, ils vont s'étouffer non pas de rire cette fois, mais de honte!

En Allemagne par exemple la chancelière Angela Merkel affirme que le "Multikulti, le concept selon lequel nous vivons des vies parallèles et en sommes heureux a échoué complètement». L'Allemagne exige dorénavant que les immigrants acceptent la culture humaniste de l'Allemagne héritée de la chrétienté et «ceux qui n'acceptent pas ça sont au mauvais endroit ici».

Au Royaume-Uni de Gordon Brown, trois ans avant l'Allemagne, affirmait ceci:

«Ils veulent être sûrs que le système est à la fois sévère et juste. Ils veulent être sûrs que les nouveaux arrivants dans le pays accepteront leurs obligations (...): obéir à toutes les lois, parler anglais est important, payer leurs impôts.

Je connais des gens inquiets du fait que l'immigration fragilise leurs salaires et les perspectives d'emplois de leurs enfants, et ils s'inquiètent aussi de savoir s'ils vont trouver un logement décent pour leur famille.»

Ce sont le concept du «British first» et l'importance de l'intégration qui sont mis de l'avant!

Qu'en est-il des Pays-Bas? Dans l'État actuel du multiculturalisme au Canada de Will Kimlicka, on peut lire ceci:

«Cet État a adopté l'ensemble de politiques de multiculturalisme le plus ambitieux de l'Europe de l'Ouest au cours des années 1980. À partir des années 1990, toutefois, on a commencé à réduire la portée de ces politiques, pour les abandonner presque complètement au cours des années 2000. Le multiculturalisme aux Pays‑Bas a été remplacé par des politiques sévères et coercitives d'« intégration civique », lesquelles (selon les opposants, du moins) ressemblent tout à fait à l'ancienne assimilation.»

Pour la France, nul besoin de palabrer, la situation est bien connue. C'est aussi un échec!

Et ailleurs en Occident...

Le multiculturalisme s'effrite aussi en Australie, il n'a plus la côte aux États-Unis. Il n'y a qu'au Canada où on y croit encore. Pourtant, des signes de faiblesse pointent. Une étude Global Vision 2011 sur l'immigration nous donne des chiffres intéressants. 35% des Canadiens considèrent que l'immigration a un impact négatif sur leur pays. 42% des Canadiens considèrent qu'il y a trop d'immigrants. 56% pensent que cela génère une trop grande pression sur les services publics.

Le Québec, à travers le débat sur la Charte de la laïcité, se questionne avec raison sur le multiculturalisme. Il n'a pas été le seul à le faire ces dernières années et ce partout en Occident. Le Québec entraînera-t-il le Canada à le suivre dans cette remise en cause? L'avenir nous le dira. Toutefois, la force de conviction du professeur J. Paul Grayson de York University de refuser la ségrégation sexuelle par accommodement «religieux» et les réactions partout au Canada laissent présager que le ROC n'est pas si favorable au multiculturalisme que ne le laisserait entendre les médias.

Alors, «prier à quatre pattes à terre sur un tapis, c'est quoi cette affaire-là?» C'est vrai! Chez nous, on ne prie pas comme ça! Pour la prière, ce n'est pas grave. Mais chez nous, on n'accepte pas la ségrégation sexuelle, les crimes d'honneur, la haine des homosexuels ou l'infériorisation des femmes. Ça, c'est grave! Il serait encore plus grave que nous acceptions des idées réactionnaires parce que provenant des immigrants.

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