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19/04/2018 09:00 EDT | Actualisé 19/04/2018 09:00 EDT

Lettre ouverte à Stéphane Lacasse, candidat du Parti Libéral du Québec dans La Peltrie

Il semble que vous ailliez la mémoire courte pour quelqu'un qui a été conseiller politique d'un ministre libéral pendant plusieurs années.

PeopleImages via Getty Images

Bonjour M. Lacasse,

J'ai été étonné de voir qu'un des points forts sur lesquels vous comptiez faire votre campagne était l'accès à la santé dans la couronne nord de la ville de Québec. Il semble que vous ailliez la mémoire courte pour quelqu'un qui a été conseiller politique d'un ministre libéral pendant plusieurs années. Ne savez-vous pas que c'est votre propre gouvernement qui a décidé de centraliser les services vers, entre autres, l'Hôpital Chauveau de Loretteville et ainsi de faire sortir les services de santé de notre circonscription?

D'ailleurs, depuis la fermeture du CLSC de Val-Bélair en 2010, les services de santé ont été de plus en plus centralisés vers Loretteville. En février de l'année 2017, un groupe de citoyens s'était même levé pour faire circuler une pétition afin que la clinique de Val-Bélair conserve ses services au moment où la réforme Barette prévoyait de continuer la centralisation en envoyant le « sans rendez-vous » donné dans cette clinique à l'hôpital Chauveau. Résultat, malgré les tentatives citoyennes, la clinique de Val-Bélair offre désormais des « sans rendez-vous » uniquement 2 jours par semaine pendant 4h, soit les samedis et les dimanches de 8h à midi. Inutile de vous dire qu'une plage horaire de 4h donnée deux jours par semaine n'est pas suffisante pour accommoder la population et que celle-ci se remplit extrêmement vite. D'autant plus que l'hopital le plus proche vers lequel les services ont été transférés est très mal désservi par le transport en commun. Il n'y a, en effet, pas de ligne directe qui relie Val-Bélair à Loretteville. Il faut généralement, pour s'y rendre, descendre vers le sud jusqu'au terminus les Saules puis remonter avec le métrobus 804, pour un temps de transport d'entre 40 à 60 minutes. En voiture, ce trajet ne se fait qu'en une dizaine de minutes. Il n'y a pas non plus d'autobus qui passe directement devant l'hôpital pour les personnes à mobilité réduite.

Si vous comptiez vous impliquer en politique pour réaliser une meilleure décentralisation de l'offre de services en santé, je doute que vous ailliez choisi le bon parti, le gouvernement libéral ayant à plusieurs reprises agi contre les principes qui vous tiennent tant à coeur.

Et outre cet exemple très localisé, il semble clair dans toutes les régions du Québec que la politique de votre ministre de la santé en est une de centralisation. Le but de regrouper divers organismes de santé dans des ensembles plus grands, tel que cela est voulu avec les ensembles CIUSSS, en est une de centralisation. Si vous comptiez vous impliquer en politique pour réaliser une meilleure décentralisation de l'offre de services en santé, je doute que vous ailliez choisi le bon parti, le gouvernement libéral ayant à plusieurs reprises agi contre les principes qui vous tiennent tant à coeur. Je crois aussi qu'il est bon de rajouter que la CAQ non plus n'est pas le bon parti pour améliorer cette situation. On se rapellera tous du fait que Gaétan Barette a d'abord été attiré en politique par la Coalition Avenir Québec et que lors de son passage vers le Parti Libéral du Québec, celui-ci a apporté avec lui le plan en santé de son ancien parti.

Je terminerai en disant que je suis tout de même content de voir que vous réalisez au moins que des besoins urgents d'accès aux soins de santés ont été créés au sein de notre circonscription dans les dernières années. Cela est déjà un bon début. Vous et moi arrivons probablement en fin de compte aux mêmes constats, les politiques actuelles mises en place par votre gouvernement ne règlent pas les problèmes d'accès aux soins de santé et en créent même de nouveaux. Reste qu'entre comprendre que quelque chose ne fonctionne pas, et comprendre pourquoi celle-ci ne fonctionne pas, il y a un pas à faire. Espérons que vos échanges avec la population dans les prochains mois vous permettront de comprendre que les actions de vos élus sont à la source du problème.

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