NOUVELLES
18/11/2019 18:57 EST

Washington assouplit sa position vis-à-vis des colonies israéliennes

Mike Pompeo répudie un avis juridique publié en 1978 par le département d’État et selon lequel les colonies civiles dans les territoires occupés seraient «incompatibles avec le droit international».

ASSOCIATED PRESS Photo/Andrew Harnik
Le secrétaire d'État Mike Pompeo s'exprime lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le lundi 18 novembre 2019. 

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé lundi que les États-Unis assouplissent leur position vis-à-vis des colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie occupée, la dernière d’une série de mesures de l’administration Trump affaiblissant les revendications étatiques des Palestiniens.

M. Pompeo répudie un avis juridique publié en 1978 par le département d’État et selon lequel les colonies civiles dans les territoires occupés seraient «incompatibles avec le droit international». Cette démarche a provoqué la colère de Palestiniens et place les États-Unis en opposition avec d’autres pays qui s’emploient à mettre fin au conflit.

L’administration Trump considère cet avis, la base de l’opposition de longue date des États-Unis à l’extension des colonies, comme une distraction et estime que toute question juridique à ce sujet devrait être traitée par les tribunaux israéliens.

Le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rdeneh, a fustigé l’annonce de M. Pompeo et a affirmé que les colonies étaient illégales en vertu du droit international. «L’administration américaine a perdu sa crédibilité pour jouer tout rôle dans l’avenir dans le processus de paix», a-t-il soutenu.

Les mesures prises par l’administration américaine qui ont affaibli les efforts des Palestiniens pour devenir un État incluent la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le déplacement de l’ambassade américaine vers cette ville et la fermeture du bureau diplomatique palestinien à Washington.

Même si cette décision est en grande partie symbolique, elle pourrait également donner un coup de pouce au premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, qui lutte pour sa survie politique après avoir été incapable de former un gouvernement de coalition après les récentes élections.

En outre, cela pourrait mettre en péril le plan de paix souvent promis par l’administration, qui risque peu de mobiliser l’appui de la communauté internationale en adoptant une position contraire au consensus mondial.

M. Pompeo a indiqué que les États-Unis ne prendraient pas position sur la légalité de colonies; que la nouvelle politique ne s’étendrait pas au-delà de la Cisjordanie, et qu’elle ne créerait pas un précédent pour d’autres différends territoriaux.

Il a également dit que cette décision ne signifiait pas que l’administration préjugeait du statut de la Cisjordanie dans un éventuel accord de paix israélo-palestinien.

À VOIR AUSSI: L’accueil chaleureux de Donald Trump à Recep Tayyip Erdogan