BIEN-ÊTRE
16/07/2019 16:00 EDT | Actualisé 03/09/2019 10:10 EDT

Voyager dans le sud l’été : rêve ou cauchemar?

Après les snowbirds, les «rainbirds».

Dame nature laissait présager un été pluvieux au Québec, plusieurs en ont donc profité pour fuir dans les Caraïbes pendant leurs vacances estivales. Mais s’envoler vers les destinations tropicales en pleine saison chaude est-ce vraiment gagnant? Tour d’horizon.

Le transporteur Sunwing et l’agence Voyages à rabais sont unanimes. Ils affirment que le nombre de réservations de forfaits tout-inclus dans le Sud est en constante augmentation depuis quelques années. Chez Voyages à rabais, un bond de 10% aurait été enregistré entre 2017 et 2018, puis de 23% entre 2018 et 2019, cette fois en raison d’une promotion spéciale.

«De la fin de l’année scolaire jusqu’à la rentrée, ce sont des gros mois pour nous», assure la directrice marketing senior de Sunwing, Marie-Josée Carrière, en reconnaissant toutefois que ce n’est pas aussi achalandé que l’hiver, «mais presque». Les familles, principalement, seraient au rendez-vous, en partie à cause de rabais visant les enfants.

 

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Une météo plus clémente?

La motivation numéro un des Québécois pour sauter le pas demeure l’idée de s’assurer quelques journées chaudes et ensoleillées consécutives.

Même si le ciel caribéen fait plus la gueule de mai à octobre, le soleil y serait plus souvent de la partie comme les averses ne durent généralement qu’une heure et se produisent vers la fin de l’après-midi, note l’Organisation météorologique mondiale associée à l’ONU. 

Le mercure, lui, a tendance à osciller autour de 30°C en été, sans compter le facteur humidex.

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Le plus grand risque que courent les voyageurs en matière de météo est de croiser une tempête tropicale ou un ouragan. Il faut savoir que la plupart des grandes perturbations se produisent plus vers la fin de l’été, après les vacances de la construction, jusqu’à la mi-octobre.

Pour Suzie Turgeon, une retraitée de Boisbriand qui multiplie les voyages sous les tropiques, c’est fini le sud en été et l’automne. «On s’est tapé deux ouragans et une tempête tropicale» en voyageant l’été, témoigne celle qui a dû être évacuée d’urgence lors de l’ouragan Ike, début septembre 2008. «Le reste de la semaine, ils préparaient le site pour l’ouragan, donc tout a été mis sur la glace. On avait même un couvre-feu le soir.»

Plus vous retardez vos vacances dans le sud, plus les risques de tempête sont grands.

La grisaille risque tout de même d’être moins présente que dans la Belle Province, où le temps est imprévisible d’un été à l’autre. «Regardez le mois de juin, c’était pas fou côté soleil», fait remarquer Julien Bouchard, un jeune professionnel qui part avec sa copine à Cayo Coco, Cuba, à la fin du mois du juillet.

Les soucis derrière nous

Les vacanciers mettraient aussi le cap vers le Sud pour décrocher totalement. «Les palmiers c’est chouette n’importe quel mois de l’année», témoigne Annie-Claude St-Jean, une jeune entrepreneuse ayant déjà préféré un tout-inclus à des vacances chez elle dans Lanaudière.

Ainsi, les voyageurs ont tendance à se détacher davantage de leur téléphone, reçoivent moins d’appels et courriels professionnels, et n’ont pas à se soucier des corvées de la maison, pointe Marie-Josée Carrière. «Tout va vite aujourd’hui. Là-bas, tu n’as pas d’horaire.»

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Un récent sondage mené par Sunwing révélait d’ailleurs que 46% des Québécois se disaient «plus ou moins» reposés après leurs dernières vacances à domicile.

Ça bouge!

Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, même si les vols sont moins nombreux vers certaines destinations soleil, la plupart des complexes hôteliers fonctionnent bon train.

Tous les voyageurs interviewés par le HuffPost assurent que toutes les activités régulières avaient lieu et tous les restaurants étaient ouverts.

Pas plus de bidous

Les gens qui ont des modes de vie dépensiers pourraient aussi bénéficier de vacances en formule tout inclus. Après avoir calculé leurs dépenses en repas, activités et alcool, plusieurs voyageurs se rendraient compte que la facture pour des vacances à la maison est similaire à des billets pour un tout-inclus au soleil, dit Mme Carrière.

«Pour que ça vaille la peine, il faut partir en juin ou août, nuance Kim Villeneuve, conseiller stratégique chez Voyages à rabais. En juillet, et plus particulièrement pendant les vacances de la construction, les prix gonflent à cause de la demande.»

La meilleure façon se sauver de l’argent reste de surveiller les aubaines et souvent de réserver à l’avance.

Les Québécois, ces routiniers

Les destinations favorites des snowbirds et des «rainbirds» (qui fuient la pluie) ne diffèreraient pas. Selon Sunwing et Voyages à rabais, voici celles qui sont les plus populaires en été :

- Cuba (toujours le numéro 1 - sans compter la Floride)

- Mexique, plus particulièrement Cancún

- République dominicaine, plus particulièrement Punta Cana

- Jamaïque

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