NOUVELLES
25/06/2020 12:14 EDT | Actualisé 25/06/2020 14:16 EDT

Vols annulés: Air Canada offre discrètement de rembourser certains clients

(Mais pas pour les voyageurs ayant acheté leur billet au Canada.)

Diane Kuhl via Getty Images

Air Canada a récemment modifié sa politique de remboursement en offrant à certains clients dont les vols ont été annulés en raison de la pandémie de COVID-19 de récupérer leur argent - mais pas pour les voyageurs ayant acheté leur billet au Canada.

Un document récemment mis en ligne sur son site web indique que le changement concerne des vols “au départ de l’Union européenne, de la Suisse et l’Islande”, lorsqu’on refuse le “réacheminement proposé” en cas de retard ou d’annulation d’un vol.

“Cette décision découle des nombreuses discussions qu’ont eues les membres de l’Union européenne sur des mesures appropriées compte tenu de cette crise mondiale sans précédent et de notre propre examen des règlements applicables dans un contexte réglementaire en évolution”, a souligné dans un courriel une porte-parole d’Air Canada, Pascale Déry, jeudi.

Ainsi, par exemple, un voyageur québécois ayant acheté un billet aller-retour entre Montréal et Paris n’est pas admissible à la modification apportée à la politique de la compagnie. Dans ce cas-ci, c’est la loi canadienne qui s’applique - un crédit voyage dans la plupart des cas.

Gabor Lukacs, un ardent défenseur des droits des passagers, a souligné que cela démontrait à quel point les règles européennes avaient plus de mordant que celles du Canada.

“Ce qui me préoccupe profondément et ce que je vois au Canada, c’est cette culture selon laquelle les gens semblent accepter qu’une politique des compagnies aériennes puisse l’emporter sur la loi”, a-t-il déploré au cours d’un entretien téléphonique.

Air Canada est le deuxième transporteur aérien à apporter des assouplissements à sa politique en offrant des remboursements plutôt que des crédits aux passagers dont les vols ont été annulés en raison de la crise sanitaire, qui a plombé les activités de l’industrie à travers le monde.

Plus tôt ce mois-ci, WestJet avait également apporté des changements entourant sa politique de remboursement pour des vols incluant une ville américaine ou britannique comme destination ou origine.

Ce changement de cap fait suite à des mois de critiques de la part des défenseurs des consommateurs et de milliers de passagers qui continuent à demander de pouvoir ravoir l’argent qu’ils ont fourni pour des services qu’ils n’ont jamais obtenus.

Lundi, un haut dirigeant d’Air Canada avait déclaré, devant un comité de la Chambre des communes, que la compagnie avait rendu environ 1 milliard $ aux clients qui avaient opté pour des billets remboursables, mais que les sommes versées dans les coffres de la compagnie pour des voyages à venir totalisaient environ 2,6 milliards $.

Nouvel appel

Parallèlement, Air Canada tenait jeudi son assemblée annuelle des actionnaires, qui, à l’instar de la quasi-totalité des entreprises, se déroulait de manière virtuelle en raison de la pandémie.

Son président et chef de la direction, Calin Rovinescu, qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues, est revenu sur les conséquences des sévères turbulences provoquées par la COVID-19, ce qui a notamment obligé la société à licencier environ 20 000 employés, soit environ la moitié de son effectif.

Celui-ci a profité de son message aux actionnaires pour réitérer son message à l’effet que le gouvernement fédéral devrait assouplir les différentes interdictions, comme des quarantaines obligatoires, qui limitent les voyages internationaux et interprovinciaux et freinent la reprise au sein de l’industrie aérienne canadienne.

“Il (le gouvernement) doit considérer des options qui atteignent les objectifs en matière de santé publique, mais qui minimisent les répercussions économiques”, a dit M. Rovinescu.

Air Canada a récemment levé 1,23 milliard $ pour avoir des réserves suffisantes pour traverser la crise sanitaire, ce qui fait passer à 5,5 milliards $ le total des sommes récoltées par la compagnie depuis la mi-mars.

M. Rovinescu, qui n’a reçu aucune question de la part des actionnaires, n’a pas fait allusion à la transaction de 720 millions $ visant à acquérir le voyagiste Transat A.T. Alors que la décision du gouvernement Trudeau est toujours attendue, la Commission européenne a temporairement suspendu son enquête sur la transaction puisqu’elle attend certaines informations de la part des deux compagnies.