POLITIQUE
28/08/2019 16:52 EDT | Actualisé 31/08/2019 09:20 EDT

Voile: Québec dit non aux parents désirant changer leur enfant de classe

«Cela n’appartient pas aux parents de choisir ou de magasiner leur enseignant», a dit le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge mercredi en mêlée de presse.

Caiaimage/Robert Daly via Getty Images

QUÉBEC — Le gouvernement Legault dit non aux parents qui voudraient changer leur enfant de classe si l’enseignante porte le voile.

Le premier ministre François Legault et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ont ainsi réagi à une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir mercredi.

Les signataires demandent, si l’enseignant porte un signe religieux, de pouvoir changer leur enfant de classe, au nom du «droit à des institutions et des services publics laïques», tel qu’inscrit dans la Loi sur la laïcité de l’État adoptée en juin. 

Ils exigent que le ministère de l’Éducation informe les commissions scolaires sur les droits des parents. «Il n’est pas normal que chaque parent ait à effectuer sa propre démarche, au risque de faire face à des responsables scolaires mal informés», écrivent les signataires, qui réclament une procédure pour garantir aux parents demandeurs des services éducatifs laïques.

«Un simple changement de classe permet de répondre à de telles demandes», expliquent-ils.

En mêlée de presse mercredi après-midi, M. Legault a rappelé que la loi sur la laïcité prévoit un droit acquis pour les enseignants déjà en fonction, mais que les futurs profs, eux, devront s’abstenir de porter des signes religieux. Il y aura donc une période de transition qu’il faut accepter, a tranché le premier ministre.

«Éventuellement, étant donné que tous les nouveaux (enseignants) ne pourront en porter, il y aura un changement, c’est quelque chose qui se fait graduellement, c’est ce qu’on a proposé et les parents doivent accepter cette proposition.»

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du cabinet Legault, le ministre Roberge a également fermé la porte à leur requête.

«Cela n’appartient pas aux parents de choisir ou de magasiner leur enseignant. Ce n’est pas prévu dans la loi sur la laïcité et on n’a pas l’intention d’aller dans cette direction.»

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