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19/12/2019 17:06 EST

Voici ce qui est arrivé lorsque j’ai pris le virage zéro déchet en 2019

Entreprendre un mode de vie zéro déchet n'est pas la partie difficile; la partie difficile est de le maintenir.

Courtoisie/Ellie Pilcher
Ellie Pilcher et ses achats zéro déchet.

À Noël l’an dernier, j’ai réalisé que je ne pouvais pas continuer de vivre comme ça. Mon anxiété était dans le tapis, je ne pouvais pas lire les nouvelles - des microplastiques trouvés dans notre nourriture et notre eau jusqu’au fait qu’il y aurait plus de plastique que de poisson dans la mer d’ici 2050 - sans sentir mon estomac se nouer. J’avais honte. Je produisais trop de déchets.

Le jour de Noël seulement, ma famille et moi avions rempli plus de sept sacs à ordures. Papier d’emballage non recyclable, emballages de plastique en quantité et une montagnes de restes de nourriture.

J’avais expérimenté l’écoanxiété lorsque j’ai pris conscience de la quantité de déchets produits dans le monde. Au cours des 70 dernières années seulement, les humains ont produit plus de 8,3 milliards de tonnes de plastique, dont la majorité s’est retrouvée dans des décharges ou a pollué l’environnement naturel, y compris les océans.

BORIS HORVAT VIA GETTY IMAGES
D'ici 2050, on prévoit qu'il y aura plus de plastique dans la mer que de poisson.

Mais voir l’ensemble de nos déchets m’a choquée. C’était le catalyseur dont j’avais besoin pour opérer un changement radical.

Le 3 janvier 2019, j’ai décidé d’essayer de passer au zéro déchet. Selon sa définition la plus pure, zéro déchet signifie réduire vos déchets au minimum absolu. Les praticiens respectent les «cinq R»: refuser, réduire, réutiliser, composter (NDLR: rot en anglais) et recycler. Vous refusez les produits en plastique tels que les gobelets jetables et les sacs d’épicerie, réutilisez les articles que vous avez déjà à la maison et réduisez votre utilisation de plastique autant que possible. Ceux qui le peuvent devraient composter leur nourriture, et enfin, vous devriez toujours recycler les produits dans la mesure du possible.

Les défenseurs du zéro déchet les plus performants, comme Kathryn Kellogg, peuvent mettre les déchets qu’ils produisent en un an ou plus dans un pot Mason. J’avais des objectifs légèrement plus modestes. J’espérais réduire mes déchets à environ un sac poubelle par mois, au moins au début. 

J’ai commencé mon aventure zéro déchet en pensant aux changements simples que je pouvais apporter pour diminuer ma propre quantité de déchets.

J’ai trouvé les magasins zéro déchet les plus proches de chez moi, dont beaucoup étaient indépendants et à seulement quelques minutes en bus. Les clients apportent leurs propres contenants, comme des bocaux et des sacs à vrac, et les remplissent de produits comme des pâtes, des noix, des céréales, des légumineuses et des grains de café. Le coût de vos achats est calculé au poids, ce qui peut être peu coûteux pour certains produits comme les pâtes et les lentilles, mais plus cher pour les produits comme le chocolat et les raisins secs enrobés de yogourt.

J’ai arrêté d’acheter des articles de commodité en plastique, comme des tasses à café jetables, et j’ai acheté des sacs fourre-tout, une bouteille d’eau et une tasse à café réutilisable à peu de frais dans un magasin de mon quartier. J’ai recherché les commerces et les marques qui s’ouvraient au zéro déchet et j’ai noté tous les articles que je pouvais acheter dans mes supermarchés habituels qui ne produisaient aucun déchet, comme les fruits et légumes non emballés et les produits de nettoyage rechargeables. 

D’abord, me tourner vers le zéro déchet a été très plaisant. J’ai tellement changé de choses en si peu de temps que j’ai rapidement commencé à voir un changement dans ma production de déchets.

Ma pollution plastique a été presque nulle (les emballages de chocolat - je suis accro au chocolat - et les articles que je n’avais pas pris en considération comme ma brosse à dents et mon emballage de maquillage, m’ont empêché de le couper complètement.) Je n’ai produit qu’un seul sac poubelle de déchets en janvier, dont la majorité était du gaspillage alimentaire en raison du manque d’options de compostage dans mon quartier.

Courtoisie/Ellie Pilcher
Commerce zéro déchet

En seulement un mois de zéro déchet, j’ai également ressenti une amélioration de ma santé mentale. Ma culpabilité écologique a commencé à se dissiper. Je me sentais responsabilisée par le fait que j’avais fait un changement et aussi que le zéro déchet me semblait être une philosophie assez facile à vivre pour moi.

Mais entreprendre un mode de vie zéro déchet n’est pas la partie difficile; la partie difficile est de le maintenir.

À mesure que mes déchets diminuaient, mes dépenses augmentaient.

J’ai rapidement remarqué un épuisement de mes finances en achetant des articles durables qui coûtaient plus cher à l’avance, comme des culottes et des coupes menstruelles et des pellicules alimentaires réutilisables. Trouver des versions sans plastique d’articles de toilette de tous les jours comme le déodorant et le dentifrice s’avérait également plus cher en raison du prix supplémentaire des emballages biodégradables et des matériaux organiques.

À mesure que mes déchets diminuaient, mes dépenses augmentaient. Puis un autre changement dans mon style de vie a ajouté un défi supplémentaire. J’ai changé d’emploi.

Un changement d’horaire et un trajet plus long pour aller au travail ont bouleversé mes achats et ma planification alimentaire. Je gagnais plus, mais j’avais moins de temps.

J’ai commencé à revenir à de vieilles habitudes pour des raisons pratiques: acheter un déjeuner sur le pouce au lieu de le faire à l’avance, acheter des lingettes de maquillage, du déodorant et du dentifrice non biodégradables, et finalement ne plus faire d’achats dans les magasins zéro déchet.

Le mode de vie zéro déchet signifie une énorme réduction de la gamme de produits que vous pouvez acheter. Vous ne pouvez pas être fidèle à la marque et vivre le zéro déchet, une chose avec laquelle j’ai eu plus de problèmes que je ne l’aurais pensé, surtout quand j’avais un temps limité pour faire mes achats.

Lorsque j’ai entrepris mon virage zéro déchet, la majorité de mes fins de semaine étaient consacrées à des déplacements dans divers commerces zéro déchet de ma ville pour faire mes courses. Presque tous les magasins zéro déchet sont indépendants, avec une quantité limitée d’espace et de moyens, ce qui signifie qu’ils ne peuvent stocker que certains articles. Certains magasins ne vendent que certains produits secs, d’autres ne vendent que des articles pour la vie de tous les jours. Certains vendent un mélange des deux mais ont une offre limitée. Avec moins de temps dans mon quotidien, c’est devenu trop.

Je me suis rendu compte que bien que le mode de vie zéro déchet est admirable, ce n’est pas entièrement possible pour moi. Même si j’essayais de contenir tous mes déchets pendant un an dans un bocal en verre «instagrammable», je finirais par acheter des produits plus commodes ou parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives disponibles.

Courtoisie/Ellie Pilcher
Ellie Pilcher et ses achats zéro déchet.

Il y a des achats zéro déchet pour lesquels je suis certaine de ne pas revenir en arrière, comme mon utilisation de culottes menstruelles plutôt que des serviettes hygiéniques, la fabrication de mes propres solutions de nettoyage à partir de vinaigre, d’eau et d’huiles essentielles, et l’achat de tous mes fruits et légumes non emballés.

Mais en raison des contraintes de temps et des coûts, d’autres achats ne sont pas toujours possibles pour moi, comme préparer des déjeuners à l’avance pour éviter d’acheter de la nourriture sur le pouce, faire mon propre dentifrice, ou trouver des alternatives au plastique à usage unique que nous oublions souvent, comme les médicaments dans des contenants en plastique ou comme les soins pour la peau prescrits dans des tubes en plastique.

Avant d’essayer le zéro déchet, je me sentais constamment anxieuse et coupable de ma contribution à la pollution. Ça a motivé ma décision à rechercher des produits durables plutôt que des produits inutiles. Mais essayer de maintenir une vie zéro déchet à long terme a aussi entraîné une augmentation de mon anxiété à l’idée de devoir m’en tenir à ces normes et un grand sentiment de culpabilité lorsque j’ai moins bien fait.

Il est impossible d’être parfait, mais ça ne devrait pas vous empêcher d’essayer de faire quelque chose.

La principale leçon que j’ai apprise en essayant le zéro déchet au cours de la dernière année est que je ne dois pas me battre. Vivre une régression est naturel, il faut du temps pour se réadapter à ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire. Il est impossible d’être parfait, mais ça ne devrait pas vous empêcher d’essayer de faire quelque chose.

Jusqu’à ce que les grands magasins et les grandes marques prennent en compte le mode de vie zéro déchet, il sera toujours difficile de vivre complètement zéro déchet. Mais ça ne devrait pas nous empêcher de faire ce que nous pouvons et de promouvoir ces changements pour inciter les autres à se joindre au mouvement. Ça a changé ma vie et ça pourrait changer la vôtre.

Ce texte, initialement publié sur le site du HuffPost États-Unis, a été traduit de l’anglais.