POLITIQUE
10/12/2019 20:17 EST

Legault chez Google: pas de taxe du Québec en vue à court terme

Le Québec attendra de voir ce que le Canada fera avant de se positionner, a réaffirmé M. Legault, qui préférait parler d’éventuels investissements attendus de Google au Québec.

TARIK KIZILKAYA via Getty Images

Ce n’est pas demain la veille que le Québec imposera une taxe à Google et aux autres géants américains du numérique que sont Amazon, Facebook et Apple, connus sous l’acronyme GAFA.

En mêlée de presse, après une rencontre avec cinq dirigeants de Google, dont le vice-président principal aux affaires mondiales de Google, Kent Walker, mardi au siège social du géant du numérique dans la Silicon Valley, le premier ministre François Legault s’est montré fort prudent quand le sujet d’une taxe, qui revient périodiquement dans l’actualité, a été abordé.

Le Québec attendra donc de voir ce que le Canada fera avant de se positionner, a réaffirmé M. Legault, qui préférait parler d’éventuels investissements attendus de Google au Québec.

«Il faut être prudent et il faut le faire ensemble», a réaffirmé M. Legault, qui n’a pas l’intention de faire cavalier seul dans ce dossier. Pas question, donc, «de prendre des risques inutiles».

Il entend donc «faire ça correctement avec le Canada et les autres pays de l’OCDE», organisme qui doit produire un rapport sur le sujet en 2020.

Le premier ministre met en garde tous ceux qui voudraient précipiter les choses, car «on aurait beaucoup à perdre s’il y avait des représailles contre le Québec ou contre le Canada».

En juillet dernier, la France a légiféré pour imposer à hauteur de 3 pour cent le chiffre d’affaires réalisé sur son territoire par des firmes comme Google et Amazon.

Les pays du G7 ont récemment convenu qu’ils tenteront de s’entendre en 2020 sur une taxe internationale. Une fois qu’elle entrera en vigueur, la France supprimera sa taxe et remboursera aux entreprises leurs versements sous forme de déduction.

Google a déjà un bureau à Montréal, qui emploie 150 personnes.

Les profits de Google sont imposés seulement aux États-Unis et «Google ne veut pas payer deux fois les impôts sur les profits», a-t-il expliqué.

Pour le Québec, l’objectif, a rappelé M. Legault, demeure de trouver moyen de taxer la partie des activités de Google reliées au Québec.

Peu de choses ont filtré, par ailleurs, de sa rencontre avec la direction de Google, sauf que le premier ministre s’est montré confiant de voir le géant américain investir au Québec et assurer une présence accrue, en créant des emplois.

Les deux parties ont convenu de garder confidentiels les projets d’investissement au Québec qui sont sur la table.

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