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26/06/2019 16:21 EDT

Virus du Nil: le Québec a connu un nombre record de cas d'infections en 2018

La Montérégie ainsi que les villes de Montréal et de Laval sont les trois régions les plus à risque.

Joao Paulo Burini via Getty Images

Le nombre de cas d’infections au virus du Nil occidental (VNO) au Québec a fait un bond spectaculaire en 2018 pour atteindre un sommet jusque-là inédit.

Le ministère de la Santé a répertorié en tout 201 cas et 15 décès attribuables à ce virus l’an dernier, comparativement à 27 cas et un décès en 2017. Il faut remonter à 2012 pour trouver la pointe précédente et, encore là, les données étaient beaucoup plus modestes avec 134 cas répertoriés et cinq décès.

La Montérégie est de loin la région la plus affectée, regroupant à elle seule 76 cas et 11 décès, mais la maladie n’est pas plus répandue en nature qu’en milieu urbain, puisque ce sont les régions de Montréal et de Laval qui occupent les deuxième et troisième rangs respectivement.

C’est d’ailleurs la direction de la santé publique de la Montérégie qui a fait le point sur ce dossier, mercredi à Longueuil, invitant la population a se prémunir contre l’infection en se protégeant contre les moustiques avec des vêtements longs de couleur claire et, bien sûr, du chasse-moustiques à base d’icaridine ou de DEET.

Conséquences graves

Le virus du Nil occidental est une maladie portée par les oiseaux et transmise par le culex pipiens, mieux connu sous le nom de moustique et de maringouin.

Les cas répertoriés ne sont par ailleurs que la pointe de l’iceberg. Les études démontrent que 80 pour cent des personnes infectées ne montreront aucun symptôme et, donc, ne seront jamais identifiées par les autorités de santé publique. Près de 20 pour cent des cas se traduiront par des symptômes s’apparentant à la grippe et les cas les plus graves, soit moins de 1 pour cent, auront des atteintes au système nerveux qui peuvent se traduire par une encéphalite, une méningite ou des paralysies partielles.

Or, les données de la Montérégie illustrent parfaitement ce phénomène: 70 pour cent des cas répertoriés (51 personnes) présentaient ces atteintes sérieuses au système nerveux, près d’une vingtaine avaient des symptômes grippaux et seulement six personnes infectées ne présentaient aucun symptôme, leur infection ayant été identifiée par la présence d’anticorps lors de tests sanguins. En d’autres termes, l’écrasante majorité des cas ne seront jamais identifiés puisque les personnes touchées ne rapporteront aucun problème de santé.

Aucun traitement

La totalité des décès survenus en Montérégie étaient des personnes de plus de 60 ans et 80 pour cent d’elles souffraient d’une maladie chronique. Ces deux variables — l’âge avancé et la présence de maladies chroniques — sont d’ailleurs les facteurs de risque les plus importants pour les atteintes au système nerveux.

La direction de la santé publique de la Montérégie est incapable d’expliquer cette soudaine poussée de la maladie en 2018, pas plus qu’elle ne s’avance sur des prévisions pour 2019, faisant valoir qu’il y a encore trop d’impondérables et de variables dans la propagation de la maladie, tant du côté des populations d’oiseaux, leurs déplacements, le moment de l’éclosion des moustiques et ainsi de suite.

Il n’y a ni traitement ni vaccin contre le virus du Nil occidental, sauf pour les chevaux, curieusement. Ces derniers sont vulnérables à la maladie, mais des vaccins sont disponibles dans la pharmacologie vétérinaire depuis 2003.

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