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01/06/2019 15:36 EDT

Femmes autochtones: le rapport d'enquête évoque un génocide

La société canadienne montre une «apathie effroyable» face au problème, dit-on également.

andrei_md via Getty Images

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) recommande de profondes réformes juridiques. Elle demande notamment que les services de police établissent des protocoles normalisés pour garantir que tous les cas rapportés fassent l’objet d’une enquête approfondie.

Les commissaires demandent aussi la création de délais d’intervention normalisés en cas de disparition de personnes autochtones et pour les actes de violence contre des femmes et des filles autochtones.

Le rapport d’enquête, qui doit être rendu public lundi au cours d’une cérémonie à Gatineau, au Québec, est le résultat d’un examen mené pendant plusieurs années par des commissaires à qui il était demandé de rechercher les causes systémiques de la violence à l’égard des femmes et des filles autochtones et de formuler des recommandations en vue de régler ce problème.

Les autorités policières ont reconnu les «torts historiques» qui continuent de toucher les familles des Premières nations, métisses et inuites, ainsi que la nécessité de modifier le mode de fonctionnement des polices tant autochtones que non autochtones pour protéger la sécurité des peuples autochtones.

Le rapport conclut que la violence coloniale, le racisme, le sexisme, l’homophobie et la transphobie contre les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones sont désormais ancrés dans la vie de tous les jours, ce qui a entraîné la normalisation de la violence au sein des peuples autochtones.

La société canadienne, en revanche, montre une «apathie effroyable» face au problème, ce qui, selon le rapport, équivaut à un «génocide».

La ministre des Relations entre la Couronne et les peuples autochtones, Carolyn Bennett, a déclaré qu’elle ne pouvait pas parler des détails du rapport avant sa publication officielle. Elle a toutefois mentionné que le gouvernement a toujours voulu s’assurer que les familles et les survivants ne sont pas laissés pour compte.

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