POLITIQUE
03/12/2020 15:22 EST

Violence conjugale: Québec songe à implanter le bracelet électronique

Québec a dévoilé son plan d’action de lutte à la violence conjugale.

ALAIN JOCARD via Getty Images
Une étude de faisabilité sur l'implantation du bracelet anti-rapprochement sera réalisée. (photo d'archives)

QUÉBEC — Le plan d’action de lutte à la violence conjugale présenté jeudi par le gouvernement Legault ne comporte aucune nouvelle somme d’argent destinée à développer le réseau des maisons d’hébergement qui accueillent les femmes cherchant à éviter les coups portés par leur conjoint.

Pour éviter les homicides conjugaux, Québec va par ailleurs se questionner à savoir s’il est souhaitable et réaliste, en tenant compte des chartes des droits, d’implanter le bracelet électronique anti-rapprochement, déjà imposé aux conjoints violents dans certains pays. 

En conférence de presse, les ministres Isabelle Charest et Geneviève Guilbault ont confirmé les sommes déjà annoncées en mars dans le budget déposé par le ministre des Finances et destinées aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

D’ici cinq ans, Québec prévoit donc verser 120 millions $ à ce réseau, dont 24 millions $ dès cette année. Mais pas un sou promis en mars n’a été versé à ce jour.  

Selon la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, les montants consentis par Québec ne couvriront que le tiers des besoins.

Les montants vont permettre de consolider le réseau, par de l’embauche d’intervenants essentiellement, mais ne suffiront pas à développer de nouvelles places sur tout le territoire, au moment où la demande est en hausse constante, la centaine de maisons disponibles fonctionnant déjà à pleine capacité. Par milliers, des femmes violentées se font refuser l’accès à un refuge temporaire, faute de place.  

L’an dernier, à la suite d’une série d’homicides conjugaux, le premier ministre François Legault avait demandé à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, de renforcer le filet de sécurité autour des femmes victimes de violence conjugale.