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07/11/2019 14:50 EST

Vidéotron n'a pas l'intention d'imiter ses rivaux avec des forfaits de données illimitées

«Lorsque vous consommez d’importantes quantités de données, une fois que l’on réduit votre vitesse, l’expérience devient si mauvaise que vous ne l’appréciez pas» - Jean-François Pruneau, pdg de Vidéotron

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En dépit d’une concurrence qui s’accentue continuellement dans la téléphonie mobile, Québecor n’a pas l’intention d’emboîter le pas à ses principaux rivaux en proposant à sa clientèle des forfaits de données illimitées.

Pour le président et chef de la direction de la filiale Vidéotron, Jean-François Pruneau, les modalités entourant les forfaits prévoyant des quantités illimitées de données à un prix mensuel fixe offerts notamment par Bell, Rogers et Telus ne constituent pas la meilleure option en matière d’expérience client.

Généralement, on offre un plafond mensuel avec une utilisation de données à pleine vitesse. Passé ce plafond, les données ne coûtent rien de plus, mais la vitesse est réduite.

«Lorsque vous consommez d’importantes quantités de données, une fois que l’on réduit votre vitesse, l’expérience devient si mauvaise que vous ne l’appréciez pas», a expliqué M. Pruneau, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre de Québecor.

Vidéotron a connu un bon trimestre en accueillant 56 800 nouveaux abonnés, ce qui a surpassé la prévision de plusieurs analystes, qui tablaient sur un ajout d’environ 43 000 clients. En date du 30 septembre, l’entreprise comptait 1,28 million de clients dans le secteur de la téléphonie mobile.

Toutefois, la facture moyenne par abonnée a été de 53,28 $, en recul de 1,8 pour cent, notamment en raison de la popularité des forfaits de type «apportez vos appareils» qui sont offerts aux consommateurs.

M. Pruneau a expliqué que Vidéotron préférait opter pour des forfaits mensuels accompagnés d’une «assurance» de 100 gigaoctets pour le reste de l’année.

«Une fois que vous avez atteint votre limite avant la fin du mois, vous pouvez piger dans ce panier, a-t-il dit. C’est une façon différente d’approcher le marché, mais le service est toujours à pleine vitesse et offre toujours la meilleure expérience client.»

Au troisième trimestre, Québecor a affiché un bénéfice net de 178,5 millions $, ou 70 cents par action, en recul par rapport à 187,1 millions $, ou 80 cents par action, à la même période lors de l’exercice précédent.

L’entreprise a notamment attribué ce recul à une augmentation de sa charge d’impôt sur le bénéfice et un amortissement d’instruments financiers.

De leur côté, les revenus ont été de 1,07 milliard $, en hausse de 1,9 pour cent. Dans le secteur des télécommunications, la locomotive du conglomérat, le chiffre d’affaires a été de 876,7 millions $, en progression de 2,6 pour cent.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté lié aux activités poursuivies a été de 173,8 millions $, ou 68 cents par action, comparativement à 141,5 millions $, ou 61 cents par action, il y a un an.

Cette performance trimestrielle a surpassé les attentes des analystes, qui tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 60 cents, d’après la firme de données financières Refinitiv.

«Le nombre d’abonnés est élevé dans la téléphonie mobile alors que la société demeure concurrentielle malgré les plans de données illimitées offerts par (les autres fournisseurs)», a observé l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Quelques attaques au CRTC

Au cours de la conférence téléphonique, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, ainsi que M. Pruneau, ont également décoché des flèches au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour le dirigeant de Vidéotron, les orientations des autorités réglementaires canadiennes «l’empêchent de dormir la nuit».

«Parce que je ne peux pas contrôler cela, a dit M. Pruneau. Évidemment, ce que nous voyons de la part des autorités réglementaires, y compris le CRTC, nous n’aimons pas cela.»

Vidéotron fait partie du groupe des entreprises de télécommunications qui se sont tournées vers les tribunaux dans l’espoir de faire invalider une décision de l’organisme réglementaire d’abaisser les prix que les plus petits fournisseurs internet doivent payer pour utiliser leurs réseaux.

À la Bourse de Toronto, l’action de catégorie B de Québecor prenait 92 cents, ou 3,03 pour cent, jeudi après-midi, pour se négocier à 31,19 $.