Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Vous devriez vous faire vacciner même si vous avez eu la COVID-19, selon des experts

Et une infection antérieure ne devrait pas déterminer votre place dans la longue file d'attente de la vaccination, selon eux,

TORONTO — Des études semblent suggérer qu’une infection antérieure au SRAS-CoV-2 pourrait entraîner des niveaux d’immunité prometteurs contre le coronavirus qui cause la COVID-19. Pourrait-on alors différer la vaccination chez ceux qui se sont déjà rétablis de la maladie?

Les experts affirment qu’un vaccin offrira probablement l’arme la plus sûre pour une protection à long terme, ce qui signifie que ceux qui ont déjà été infectés devraient toujours être vaccinés. Et qu’une infection antérieure ne devrait pas déterminer sa place dans la longue file d’attente de la vaccination.

Le niveau exact d’immunité acquise à partir d’une infection naturelle n’a pas encore été entièrement déterminé, rappelle le docteur André Veillette, professeur de médecine à l’Université McGill, qui fait également partie du Groupe de travail canadien sur les vaccins contre la COVID-19.

Il se peut que la protection immunitaire se mette à diminuer plus rapidement chez certaines personnes, ou que les personnes qui ont souffert de symptômes moins importants ne soient pas aussi bien protégées que celles qui ont eu des symptômes plus graves, soumet le professeur Veillette. D’autres encore peuvent croire qu’elles ont été infectées, mais ne peuvent en être absolument certaines parce qu’elles n’ont pas été testées à ce moment-là.

«Je dirais que la règle simple serait de vacciner les personnes qui ont déjà été infectées comme le reste de la population», estime le docteur Veillette. «Si vous avez été infecté, oui, vous pouvez avoir une certaine protection, mais cela peut ne pas durer longtemps et ce n’est peut-être pas aussi bon que le vaccin.»

Lors des essais cliniques, les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ont démontré une efficacité de 95 % pour se protéger contre les maladies graves de la COVID-19. Mais on ne sait pas encore avec précision si les vaccins peuvent réellement empêcher quelqu’un de contracter le virus et de le transmettre à d’autres. Moderna dispose de certaines données qui démontrent que son vaccin peut protéger contre l’acquisition du virus, mais ce résultat n’est toujours pas clairement établi.

Un amplificateur, comme la deuxième dose

Les anticorps d’infections naturelles suggèrent la même chose: ils peuvent nous aider à réduire les symptômes lors d’une deuxième infection, mais pas nécessairement d’être réinfectés.

Bien qu’il y ait eu quelques cas de réinfection dans le monde, l’expert en immunologie Steven Kerfoot estime que le fait que nous n’en voyons pas plus suggère que la réponse immunitaire naturelle au SRAS-CoV-2 serait probablement «assez forte».

Professeur agrégé à l’Université Western, en Ontario, il affirme que les vaccins sont conçus de manière à produire une réponse immunitaire «au moins aussi bonne ou meilleure» que celle que nous obtenons après une infection naturelle. «Cela peut donc contribuer à combler les lacunes si les gens n’ont pas développé eux-mêmes une réponse immunitaire efficace contre le virus», explique le professeur Kerfoot. «De toute façon, le vaccin pourrait agir comme un amplificateur de l’immunité naturelle.»

Alors que certaines études ont suggéré que les anticorps peuvent disparaître assez rapidement après des infections au SRAS-CoV-2, d’autres ont conclu à une réponse immunitaire plus persistante. Une étude américaine publiée ce mois-ci montre que ces anticorps peuvent être présents pendant au moins huit mois, voire plus.

Mais même les études qui suggèrent une baisse précoce des niveaux d’anticorps ne sont pas préoccupantes, croit le professeur Kerfoot. Les infections poussent le corps à produire d’autres cellules immunitaires et cellules mémoires, qui se réduisent assez lentement au fil des années et contribuent à lutter contre de futures invasions du même virus.

Si la réponse immunitaire chez les personnes infectées au SRAS-CoV-2 est effectivement plutôt longue, pourrait-on alors reporter leurs vaccinations, en particulier si l’offre de vaccins est faible? Ce sera aux provinces de décider de la priorité de vaccination, à chaque étape de l’opération — et ce sera une décision délicate, admet Jason Kindrachuk, virologue à l’Université du Manitoba.

«Je ne pense pas que nous puissions utiliser une infection antérieure comme indicateur de priorité (dans la file de vaccination), car nous ne savons tout simplement pas quelle est la réponse immunitaire de ces personnes (déjà infectées)», explique-t-il. «Nous ne savons pas à quoi ressemble leur immunité à long terme.»

Le professeur Veillette ajoute que de nombreuses personnes qui ont déjà été infectées évoluent peut-être dans des environnements à haut risque — en raison de leur emploi ou de leur milieu de vie —, ce qui les exposerait en théorie à une nouvelle infection. Et si ces personnes devaient à nouveau contracter le virus sans présenter de symptômes, elles pourraient quand même le transmettre à d’autres.

«Il y a probablement tout un éventail de situations et quand il y a tant de variables, il vaut mieux adopter une règle simple: vacciner tout le monde», croit le docteur Veillette.

VRAI OU FAUX? Ce qu’il faut savoir de la COVID-19:

VRAI OU FAUX? Ce qu'il faut savoir de la COVID-19
Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.