Des vacances dans sa propre région de préférence: les Montréalais plus limités

«La Direction de la santé publique ne recommande pas les déplacements entre les régions, mais il n’y a pas interdiction», a expliqué la ministre du Tourisme.
Le Vieux-Port de Montréal au coucher du soleil, avec la tour de l'horloge et le pont Jacques-Cartier en arrière-plan.
Le Vieux-Port de Montréal au coucher du soleil, avec la tour de l'horloge et le pont Jacques-Cartier en arrière-plan.

QUÉBEC — Les Montréalais seront beaucoup plus limités dans leurs choix de vacances que les autres Québécois s’ils respectent scrupuleusement les consignes de la santé publique.

L’industrie touristique sera déconfinée à compter de lundi prochain, mais dans ses nouvelles règles, le gouvernement recommande aux vacanciers qui veulent louer un chalet ou faire du camping de le faire de préférence dans leur propre région, pour limiter les risques de propagation du coronavirus. Or Montréal n’est pas réputée pour ses chalets et ses campings.

«La Direction de la santé publique ne recommande pas les déplacements entre les régions, mais il n’y a pas interdiction», a expliqué la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, en conférence de presse mercredi au parlement.

Si les villégiateurs veulent séjourner dans une autre région, ils doivent prévoir d’apporter avec eux leurs vivres et leur matériel, pour éviter de faire des courses dans le secteur qu’ils visitent.

«Zone plus fragile»

Au côté de la ministre, le conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, le Dr Richard Massé, a rappelé que Montréal est encore une «zone plus fragile», où la transmission de la COVID-19 est encore la plus élevée au Québec.

«On sait que (le tourisme) va provoquer des déplacements, mais qu’on veut contrôler. Il y a encore une limitation (pour le touriste): ne pas magasiner, ne pas se promener à gauche et à droite, ne pas se retrouver dans un grand groupe (...). Si on ne respecte pas ces choses, ça va provoquer une transmission (du virus) et une re-fermeture.»

Louer à Montréal

À compter de lundi, il sera possible d’aller faire du camping, louer une maison de campagne, réserver un chalet de la SÉPAQ, d’une ZEC ou encore ailleurs, avec une exception de taille: il demeure impossible de louer par exemple une chambre dans un Bed and Breakfast, un gîte, un motel, dans la communauté métropolitaine de Montréal et la MRC de Joliette. Toutefois, les hôtels peuvent demeurer ouverts depuis le début de la crise à titre de service essentiel.

En outre, une unité d’habitation doit toutefois être entièrement louée à un seul ménage à la fois, donc des personnes vivant à la même adresse.

Les règles pour les locateurs sont également différentes. Si une famille de quatre ou moins loue l’unité, au terme de la location l’unité pourra être louée de nouveau le même jour après nettoyage; mais s’il s’agit d’une famille de cinq et plus, il devra s’écouler un minimum de 24 heures avant de louer de nouveau, à la recommandation de la Santé publique, pour s’assurer de bien nettoyer cette unité généralement plus grande et s’assurer de l’extinction du virus.

SÉPAQ

À la SÉPAQ, on a laissé entendre qu’il sera toléré que deux personnes ne vivant pas à la même adresse louent une unité d’hébergement. Cependant, il ne sera plus possible, par exemple, pour un groupe d’amis pêcheurs de séjourner dans un même chalet.

Par ailleurs, le ministre de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a appelé les visiteurs à faire preuve de patience si certains établissements ne sont pas prêts à accueillir le public dès le 1er juin, rappelant que des travaux sont nécessaires dans plusieurs endroits afin de respecter diverses consignes de santé publique.

Îles-de-la-Madeleine

Et pour ceux qui veulent s’aventurer jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine par la route et le traversier, ce n’est pas si simple: rappelons que le Nouveau-Brunswick ne souhaite pas que les Québécois transitent par son territoire pour se rendre à l’archipel. Le gouvernement poursuit ses pourparlers avec la province
Atlantique, a précisé Mme Proulx.

Toutefois, les liaisons aériennes avec les Îles seront accrues, a-t-elle ajouté.

Enfin, des inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) seront chargés de veiller au respect des règles dans les lieux d’hébergement touristiques.

Des policiers de la Sûreté du Québec pourront émettre des constats d’infraction après des avertissements. Et si le responsable d’un lieu touristique contrevient régulièrement aux règles, la Direction de la santé publique a le pouvoir de faire fermer les lieux.

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