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08/11/2019 10:53 EST | Actualisé 08/11/2019 13:03 EST

L'UPAC met fin à son enquête sur la Société immobilière du Québec

Frédérick Gaudreau explique que les conditions ne sont pas réunies pour aller plus loin.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Photo d'archives de Frédérick Gaudreau, commissaire de l’UPAC.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a décidé de mettre un terme, sans déposer d’accusations, à son enquête ayant débuté en 2010 à propos d’allégations de malversations à la Société immobilière du Québec (SIQ).

Dans un communiqué de quelques paragraphes publié vendredi, le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, qui vient d’être nommé à la tête de l’UPAC, souligne que les conditions n’étaient “pas réunies” pour aller plus loin avec le projet “Justesse”.

Le commissaire insiste sur le fait que sa décision a été prise en toute objectivité et dans un souci de saine gestion.Extrait du communiqué

Ainsi, on ne peut pas “aller plus loin et soumettre une demande d’intenter des procédures au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)”.

“Le commissaire insiste sur le fait que sa décision a été prise en toute objectivité et dans un souci de saine gestion”, fait valoir le communiqué, dans lequel on précise qu’il n’y aura pas d’autres explications.

L’enquête se penchait sur des transactions douteuses à la SIQ.

Son contenu avait été révélé par un reportage de l’émission Enquête. Elle visait William Bartlet, Franco Fava et Charles Rondeau, trois collecteurs de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ), ainsi que l’ancien président-directeur général de cette société d’État, Marc-André Fortier.

Ceux-ci se seraient notamment partagé 2 millions $ grâce à des transactions effectuées avec la SIQ.

Par l’entremise d’un message relayé sur son compte Twitter, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, s’est dite “surprise” de la décision de l’UPAC, ajoutant qu’il ne s’agissait pas du “dénouement souhaité”.

“Cela étant dit, il s’agit d’une décision prise en toute indépendance et les raisons leur appartiennent, a-t-elle écrit. Avec la SQI, nous évaluerons les options, dont un recours au civil.”

De son côté, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, n’a pas caché sa déception, estimant que l’on venait de mettre fin à une enquête sur ce qui était “potentiellement le plus grand scandale immobilier de l’histoire du Canada”.

“Moi je ne doute pas que nous nous sommes fait voler, a-t-il dit au cours d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Ce que l’on apprend aujourd’hui, c’est qu’il n’y aura pas d’accusations.”

Pour le député du PLQ Saul Polo, qui a été président de la formation politique de 2012 à 2014, l’annonce de l’UPAC constitue une “bonne nouvelle” dans l’optique où “c’est (parce que) le système de justice suit son cours”.

“Ce que l’on souhaite, au bout du compte, c’est que ces enquêtes-là se concluent, d’une façon ou d’une autre, a-t-il expliqué. Comme citoyen, je fais confiance aux institutions.”

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